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08/10/2008

Lire en Fête - j'ai aimé : "Le Pianiste" de Manuel VAZQUEZ MONTALBAN.

Ce roman du célèbre écrivain espagnol fut publié en 1985 en Espagne. Il est disponible en poche aux éditions "Points Seuil".

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L'action se situe dans le Barcelone des années 80 et 50 et le Paris des années 30.

L'auteur

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Lorsque Manuel Vázquez Montalbán nait, en 1939, dans le Barrio Chino (quartier populaire de Barcelone qu’il décrira à de nombreuses reprises dans ses œuvres), son père est emprisonné dans les geôles franquistes pour raison politique. Montalbán fait des études de philosophie et de littérature et sort diplômé de l’Ecole de journalisme. Il devient activiste anti-franquiste, et en 1962, se voit condamné à trois ans de prison par la dictature en place. Il met à profit cette période pour se lancer pleinement dans le métier d’écrivain, et compose romans, nouvelles et poésies. S’il fait une première apparition dans J’ai tué Kennedy, c’est véritablement en 1972, dans Tatouage, que Pepe Carvalho, le personnage récurrent de Montalbán, est mis sur le devant de la scène. Les aventures de cet anti-héros, détective privé et fin gastronome, feront la popularité de l’écrivain : au total, une vingtaine de romans, traduit dans plus de vingt-deux langues, souvent sans véritable dénouement au sens traditionnel, et émaillés de recettes aussi appétissantes qu’intelligemment écrites. L’engagement politique de Montalbán ne se limita évidemment pas à la période franquiste. Il est également l’auteur de plusieurs essais sur la société espagnole contemporaine, et collaborait fréquemment à des journaux tels que El Pais.
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L'histoire

Dans une boîte de travestis de Barcelone, une bande de copains un peu paumés cotoient une série de personnages qui passent leur temps à regretter le temps de leur jeunesse et leur passé pseudo-révolutionnaire. C'est au milieu de ce public hétéroclyte qu'apparaît Luis Doria, entouré de sa cour. Musicien mondialement connu, vieil homme plein de superbe et d'arrogance. Mais Doria ignore son entourage et semble fasciné par la silhouette chétive du pianiste de la boîte, Don Alberto, qui joue dans un coin sombre de la scène. Quel lien mystérieux uni ces deux hommes si différents ?

C'est par flash-back que le narrateur, en remontant le temps, éclaicira l'énigme. Il faudra remonter dans le Paris de 1936, rencontrer deux jeunes musiciens catalans promis à un brillant avenir, Luis et Alberto. Le premier débordant d'audace et de certitudes, l'autre timide et effacé. Lorsque la guerre d'Espagne éclate les deux jeunes gens choisissent des voies opposées. Luis choisit la gloire alors que l'autre préfère opter pour ce qu'il pense être son devoir.

Ces choix détermineront leur avenir.

Les premières lignes

"Si la lampe avait eu une ampoule, il l'aurait sans doute allumée. Il ne l'allume pas, parce qu'elle n'en a pas.
- En plus, je ne vois pas pourquoi je l'allumerais.
Dit-il. Et la voix remonte le drap sur ses lèvres. Le couchant prend des tons de pourriture pourpre dans le coin droit de la chambre, là où la poutre exhibe ses chairs rongées. Il sort une jambe de sous le drap, la tend à demi et la contemple comme s'il allait l'acheter. Jambe en mauvais état, couleur blafarde, morbidité de la mort annoncée. Il la cache précipitamment, fait semblant de ne pas le voler, lorsque la clef arrache à la serrure un éclat de métal bruyant, et même si ce ne peut être personne d'autre que Luisa, il demande :
"Luisa ?
- Oui. c'est moi. Qui d'autre peut venir à cette heure-ci ?
Soupire Louisa. Lourde de fatigue et de paquets. C'est une silhouette compacte, écrasée, qui s'avance dans le couloir et n'a de cesse d'arriver à la cuisine où les sacs se révoltent contre tout le soin mis à les remplir, s'effondrent, éclatent irrémédiablement.
"Merde !"
.

medium_49.jpgPour VAZQUEZ MONTALBAN, la reconquête de la mémoire est la clef pour comprendre le présent et l'unique arme pour les combats à venir. "Le Pianiste" se révèle être une critique féroce de la gauche intellectuelle espagnole, pleurnichant sur ses combats ratés et ses rêves avortés. Barcelone devient l'ultime radeau dans un monde qui part à vau-l'eau.

Un grand livre, grinçant et douloureux.

Commentaires

Un blog bien rempli qui fourmille de choses interéssantes.
A voir et à Revoir...
Une voisine
ghys05

Écrit par : ghyslaine | 09/10/2008

Dis donc Phil, j'ai fait le tour de tes lectures... ça décoiffe, comme tes commentaires... Merci. Je repasse tout à l'heure... oui un blog qui parle... bises de miche

J'adore tes musiques...

Écrit par : miche | 11/10/2008

Et le dernier livre dont je vais parler ce soir devrait plaire à Miche.... Si j'en crois une des notes sur son site...

Écrit par : phil | 11/10/2008

Les commentaires sont fermés.

 
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