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11/10/2008

Lire en Fête - J'ai aimé : "Une mémoire pour l'oubli" de Mahmoud DARWICH

Voilà, j'avais promis de vous faire partager mes goûts littéraires. C'est fait à travers sept ouvrages que j'ai découverts cette année et qui m'ont particulièrement intéressé, touché, ému, plu... Un petit tour du monde des Etats-Unis à la Pologne, de l'Espagne au Pérou, du Sénégal à la Palestine où nous terminons notre voyage littéraire.

En effet, le dernier ouvrage que je propose aujourd'hui est le récit du grand écrivain Palestinien, Mahmoud DARWICH( محمود درويش ) qui nous a quitté il y a peu : "Une mémoire pour l'oubli". L'ouvrage fut publié à Beyrouth en 1987. Il est disponible en poche, aux Editions Actes Sud, dans la collection "Babel".

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L'histoire

On est en août 1982.
Les troupes israéliennes envahissent le Liban et s'acharnent à prendre Beyrouth qu'elles assiègent. La résistance palestinienne qui a fait de la ville son quartier général. Dans cette ambiance de folie meurtrière, et au-dessous d'un ciel saturé de missiles, un poète, exilé de la Palestine et habitant le huitième étage, écrit la chronique d'une ville livrée aux jeux de l'amour et de la mort.

Tandis que le monde s'écroule autour de lui, et que le fer hurle sa haine, solitaire, il parcourt les rues de cette ville et laisse son verbe s'imbiber de cette fièvre des métaux qui vide l'homme de sa chair et la mêle aux débris de verre et de béton.

Il décrit le destin de ce "reliquat d'humains" qui croît et se multiplie dans l'angoisse et au milieu des décombres. Et la mémoire s'adosse à la feuille blanche, et les pensées se précipitent cherchant une explication, une raison à cet inéluctable exil forcené.

Mais aux tiraillements du coeur ne répondent que l'écho des canons, et la voix des canons annonçant le départ imminent des résistants palestiniens vers un nouvel exil.
Partir.

L'auteur

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Mahmoud Darwich est né le 13 mars 1941 à Al-Birwah en Galilée (Palestine sous mandat britannique) et mort le 9 août 2008 à Houston (Texas, États-Unis). C'est une des figures de proue de la poésie palestinienne.

Profondément engagé dans la lutte de son peuple, il n'a pour autant jamais cessé d'espérer la paix et sa renommée dépasse largement les frontières de son pays. Il est le président de l'Union des écrivains palestiniens. Il a publié plus de vingt volumes de poésie, sept livres en prose et a été rédacteur de plusieurs publications, comme Al-jadid - (Le nouveau), Al-fajr (اLaube), Shu'un filistiniyya (Affaires palestiniennes) et Al-Karmel . Il est reconnu internationalement pour sa poésie qui se concentre sur sa nostalgie de la patrie perdue. Ses œuvres lui ont valu de multiples récompenses et il a été publié dans au moins vingt-deux langues.

Dans les années 1960, Darwish a rejoint le Parti Communiste d'Israël, la Rakah, mais il est plus connu pour son engagement au sein de l'Organisation de Libération de la Palestine (OLP). Élu membre du comité exécutif de l'OLP en 1987, il quitte l'organisation en 1993 pour protester contre les accords d'Oslo. Après plus de 30 ans de vie en exil, il peut rentrer sous conditions en Palestine, où il s'installe à Ramallah.

Les osèques de Mahmoud Darwich
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Les premières lignes

"Du rêve naît un autre rêve :
- Tu vas bien ? Je veux dire : tu es vivant ?
- Comment sais-tu qu'à l'instant je dormais, la tête sur tes genoux ?
- Parce que tu m'as réveilée en bougeant dans mon ventre. j'ai compris que j'étais ton cercueil. Es-tu vivant ? m'entends-tu bien ?
- Est-ce que cela arrive souvent que je sois tiré d'un rêve par un autre rêve, qui explique le premier ?
- C'est ce qui nous arrive, à toi et à moi. Es-tu vivant ?
- A peu près.
- les démons t'ont fait mal ?
- Je ne sais pas, mais il reste du temps pour mourir.
- Ne meurs pas tout à fait !
- J'essaierai.
- Ne meurs jamais !
- J'essaierai.
- Dis-moi : quand est-ce arrivé ? Je veux dire : quand nous sommes-nous rencontrés ? Quand nous sommes-nous séparés ?
- Il y a treize ans.
- Et nous nous sommes revus souvent ?
- Deux fois. Une fois sous la pluie, et encore une fois sous la pluie. La troisième fois nous ne nous sommes pas rencontrés. J'ai voyagé, je t'ai oubliée. Je viens de m'en souvenir, je viens de me souvenir que je t'ai oubliée. Je rêvais."


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Après l'intro musicale, Mahmoud Darwich nous livre un de ses poèmes "Heureux sans savoir pourquoi", en arabe, traduit ensuite par Didier Sandre.



Salut Mahmoud, notre frère d'humanité...

Commentaires

bien belle note sur Mahmoud Darwich;

j'ai eu la chance de le voire et l'entendre surtout, au théatre de la Commune à aubervilliers, il y a 7-8 ans, réciter ses poèmes : il les disait en arabe, Daniel Mesguich les récitait ensuite en français, avec un accompagnement discrêt de luths. superbe.
Son attachement à la terre palestinienne, il l'a si bien écrit.

amicalement
béatrice

Écrit par : beatrice | 11/10/2008

BRAVO pour ta note ! on a les frissons sélectifs je trouve et ça me fait mal... Il y a bien des mauvaises raisons à cela...
j'avais fait une note sur ce grand poète palestinien, pour réparer une injustice. Tu me donnes envie de lire. Bises de miche

Écrit par : miche | 21/10/2008

Les commentaires sont fermés.

 
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