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01/11/2008

Faits divers... il y a 181 ans !

En cette période de la Toussaint, où il est de tradition d'honorer les morts à grands coups de chrysanthèmes et autres bruyères, évoquons la mémoire de trois Veynois, victimes d'un fait divers comme nos bois et nos villages pouvaient en vivre, en ces temps reculés.

En ce beau samedi du mois de mai 1827 - nous sommes le 12 - le garde champêtre de Veynes, un certain Jean Brochier, alors âgé de 37 ans, ancien militaire ( 11 ans de services aux armées) effectue sa tournée dans les bois de la montagne d'Oule, au dessus des Chaussières, dans le quartier de Courbelon, le fusil à l'épaule.

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C'est alors qu'il tombe nez à nez avec deux jeunes de la commune occupés à une activité totalement illégale, couper sans autorisation de jeunes chênes. Le plus jeune, Pierre Claret a seulement 20 ans. Surnommé "le Blisc", c'est le fils du maître perruquier de Veynes. Quant à son comparse, Antoine Pons, dit "Grand Para", il a 23 ans. Notre Garde-Champêtre veut faire son travail. Il sort son carnet pour leur dresser procès-verbal et leur faire payer une amende.

Grand mal lui en prend car les deux jeunes ne s'en laissent pas compter. Très vite le ton monte et le pauvre garde-champêtre, n'a pas le temps d'utiliser son fusil. Il est assailli à grands coups de hâche. Les deux meurtriers abandonnent le corps au milieu des bois et rentrent à Veynes sans oublier, auparavant, de récupérer sa montre et son fusil.

Les lieux du crime....

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C'est ce larçin qui les perdra. Confondus en possession des deux objets volés, ils avouent leur crime et la dépouille est retrouvée 8 jours plus tard sur leurs indications. Les meurtriers sont emprisonnés puis conduits un mois plus tard devant la Chambre de Mise en Accusation de la Cour Royale de Grenoble qui les renvoie devant la Cour d'Assises de Gap. Le 3 juillet suivant, le Procureur Général de Gap reprend l’acte d’accusation : “Premièrement, ont le 12 mai, dans une forêt communale, volontairement, et avec préméditation et guet-apens, commis un homicide à coups de hâche, sur la personne de Jean Brochier qui était dans l’exercice légal de ses fonctions. Deuxièmement, ont le même jour coupé du bois en délit. Délit qui aurait accompagné ou suivi l’homicide du garde.”

Jugés le 22 août, le jury les déclare, à l'unanimité, "coupables avec circonstances aggravantes"

“Vu l’article 233 du Code Pénal ( Tout meurtrier sera condamné à mort ), vu l’article 12 ( Tout condamné à mort aura la tête tranchée ) et vu l’article 26 ( L’exécution d’assassins de fonctionnaires ministériels dans l’excercice de leurs fonctions, aura lieu dans la commune de l’assassinat, pour l’exemple. ), en présence des accusés, la Chambre du Conseil du Jury de Gap condamne lesdits Pons et Claret à la peine de mort et ordonne que l’exécution se fera sur la place du Marchevil du bourg de Veynes et elle les condamne enfin, solidairement, au remboursement des frais envers l’Etat pour le déplacement de la guillotine.” .

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La guillotine est déplacée de Gap à Veynes et le vendredi 3 septembre, Corréard, greffier de la Justice de Paix de Veynes, rend compte de l’exécution : "Je certifie que ce jour d’hui, à l’heure de midi, lesdits Pons et Claret ont été successivement décapités, sur la place du Marchevil, en face de la maison Dupuy et de la Croix, par le nommé Roche et son aide, exécuteurs pour le département des Hautes-Alpes."

Nul doute que la foule se pressait pour assister à un tel spectacle qui, à Veynes, devait être assez rare...

Le crime est puni ; trois hommes, victimes et coupables, sont morts... L'histoire ne dit pas si leur cerceuil était en chêne

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