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16/03/2009

Douce France ... Beau pays de mon enfance... Bercé de tendre insouciance ...

Philippe Lioret est le réalisateur d'un film, interprété par Vincent Lindon, qui fait actuellement polémique car il dérange la classe dirigeante et les tenants de la pensée unique. Ce film s'intitule "Welcome" ( bienvenue) par dérision et traite de la question des sans-papiers qui se retrouvent à Calais en attendant un hypothétique passage vers l'Angleterre.

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Seuls, en pays inconnu, sans repères, ils ont fait ce choix de l'immigration vers un ailleurs inconnu car ils n'en pouvaient plus de la pauvreté et étaient attirés par les néons de nos sociétés développées. Quelques personnes tentent sur place de leur apporter un peu de soutien. Mais ces personnes risquent gros. Ainsi, celui ou celle qui fait monter un clandestin dans sa voiture risque jusqu'à 5 ans de prison, le retrait du permis de conduire, etc...

Voilà la situation que dénonce le film. Histoire d'un maître-nageur qui aide un adolescent Irakien qui veut aller rejoindre sa petite amie de l'autre côté de la Manche, à la nage !



Ce film a le don d'énerver notre ministre de l'Immigration, Eric Besson. Philippe Lioret a déclaré lors d'une interview : "Les clandestins de Calais sont l'équivalent des juifs en 43". Eric Besson répond : "Suggérer que la police française c'est la police de Vichy, que les Afghans sont traqués, qu'ils sont l'objet de rafles, etc., c'est insupportable" et de rajouter : "Le vocabulaire qui est issu de la Deuxième Guerre Mondiale, traque, rafle, assimilation aux Juifs en 43, est un vocabulaire grave inacceptable et, selon moi, on ne devrait jamais l'utiliser dans le débat politique".

Ces propos ministériels sont extrêmement inquiétants. Un ministre s'arroge le droit de vouloir régenter le vocabulaire utilisé dans le débat politique. Ainsi, il y aurait des mots trop marqués par l'histoire qu'il serait impossible de les utiliser. Pourtant ces mots appartiennent à la langue française, ont un sens bien précis et n'ont pas été bannis du dictionnaire. Pourtant, quand on fait appel aux témoignages pour dénoncer les sans-paiers, qu'est-ce sinon de la délation ? Pourtant, quand on boucle un quartier ou un immeuble pour se saisir d'un sans -papier, qu'est-ce sinon une rafle ? Pourtant quand on fait une descente dans un centre Emmaüs, comme à Marseille, pour arrêter un sans-paier, quest-ce, sinon une traque ? Comment, dans ces conditions ne pas utiliser le rapprochement avec les périodes les plus noires de notre histoire ? Si cela gêne autant notre ministre de l'ouverture ( oui, il fut socialiste !), il n'a qu'à changer de politique.

La politique des quotas, la séparation de familles entières en dépit de tout humanisme ( pardon, c'est un gros mot), la peur qui s'installe et qui conduit certains à des gestes extrêmes pour échapper à la police ( souvenons-nous des suicides), est-ce digne d'une pays qui se dit civilisé ? Est-ce digne du pays qui ose encore se dire des "droits de l'homme".

Alors oui, Philippe Lioret à raison de faire le rapprochement car le rejet de l'autre, du pauvre, du déclassé, du laissé pour compte, c'est du racisme pur et simple. Allons voir "Welcome" et soutenons les associations qui luttent pied à pied pour les droits de ces femmes et de ces hommes dont le seul crime est d'aspirer à un peu des richesses de nos sociétés.
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