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23/03/2009

Le poème de minuit ( 1)

Le nombre de commentaires et le plaisir avoué par beaucoup d'entre ceux qui me font l'honneur de jeter un oeuil sur ce blog, m'incitent à poursuivre la proposition régulière de poèmes.

Nous sommes donc nombreux à aimer la poésie, c'est plutôt une bonne nouvelle.

Chaque jour, à minuit un nouveau poème sera mis en ligne : le poème de minuit . Glané au hasard de mes lectures.

Voici le premier....

ODEUR MARINE

J'ai dans l'âme une odeur marine....medium_83458261220081630.jpg



Odeur de large, odeur de plage, odeur de ports,
De vieux ports goudronneux et saurs où la marée
Délaye lentement l'ombre des grands navires

Odeur des goëmons aux capsules dorées,
Chevelures d'ambre, algues que je sens encor
Glisser, vivantes, sur ma bouche et ma mémoire ;medium_varechs-penmarch-france-1045440211-1205893.2.jpg

Coquillages gravés au long des promontoires,
Beau souvenir qui sent la mer et le soleil,
Les grands chemins marins et les syrtes profondes ;
O les chemins qui ne sont pas toujours pareils
Et qui s'en vont vers l'autre bout du monde ! -

J'ai dans lâme, une odeur marine.

Je porte au fond de moi cette odeur de la mer,
Cette odeur de ciel libre et d'eau sur les falaises,
Comme un sachet, comme un secret magique et cher...

Je porte au fond de moi cette odeur de la mer
Comme le souvenir des pays et des rêves
Pour lesquels mon destin n'appareillera plus.

Mon destin, à jamais banal et révolu,
- Ah ! l'amarre d'un seul bateau qui tire et vire
Au long du quai désert, sur son anneau de fer ! -medium_frankc0693_051107.jpg

J'ai dans l'âme une odeur marine.

medium_923109024.jpgPêcheurs aux masques salés et vous, filles
Aux seins pointus et durs sous le caraco bleu,
Mousses qui sommeillez sur le rebord du môle,
Vieux à pipes tassés sous un mur écailleux
Destin contre destin, épaule contre épaule
O voyageurs qui pouvez voir toutes les mers !,medium_barque-mer-barques-port-cap-508410.jpg


Et vous, barques, avec vos mâts et vos cordages,
Qui découpent en carrés d'or
Le ciel, le ciel cruel et divin des voyages,
M'attendez-vous ? et dans quel port ?

Et quelle voile, pour moi seul enfin tendue,
Emportera vers l'aventure et vers la mer
Mon âme à tout jamais contumax et perdue...


Roger Dévigne - Poèmes, Editions de l'Encrier - 1956.

Commentaires

Enfin un poème qui respecte le rythme naturel de la langue française et (ici) de l'alexandrin !
Il nous fait voir, sentir, goûter et rêver.
Merci.
Beau contraste avec un poème "maritime" que j'ai lu hier - mais pas sur Blog50 - où c'est la mer elle-même qui parle : c'est d'un cucu !

Écrit par : Wolfy | 23/03/2009

bien joli poeme, il me plait particulièrement car il parle de cette odeur que l'on ne retrouve qu'au bord de la mer, et j'aime moi aussi me promener le long du rivage et m'emplir les narines de cette senteur particulière.
bonne journée

Écrit par : Anita | 23/03/2009

Cher poète, je t'ai tagué... (tu publies la 6ème photo de ton dernier album, si tu veux bien faire joujou avec nous).. Bises et à plus tard chez toi. miche

Écrit par : miche | 23/03/2009

Les commentaires sont fermés.

 
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