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21/05/2009

Gabriel GARCIA MARQUEZ : Le général dans son labyrinthe

Ce roman de Gabriel GARCIA MARQUEZ a été publié en 1990 au éditions Grasset.

Il retrace les dernières semaines de Simon José Antonio de la Santisima Trinidad Bolivar y Palacios. Plus simplement du Général Simon Bolivar. Celui ci vient de renoncer au pouvoir. Nous sommes le 8 mai 1830 et il quitte Bogota pour une errance mortuaire et mortelle à travers la Colombie, escorté de sa suite.

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Dans ce roman, Garcia Marquez mélange fiction et histoire pour nous conduire sur les trace de Bolivar, descendant le fleuve Magdalena et remontant les méandres de sa mémoire. De villes en villages, de souffrances en rémissions, le général revoit ses succès militaires et ses échecs politiques, les trahisons de ses proches et ses amours libertins pour nous tracer un pan de l'histoire du continent Américain. Histoire qu'il a contribué à écrire.

Chronique et chanson de geste à la fois, roman épique et intime, "Le Général dans son labyrinthe" relève des grands romans sud-américains au souffle puissant.

Qui est Bolivar ?

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Simón Bolívar est né le 24 juillet 1783 à Caracas au Venezuela, et est mort le 17 décembre 1830 à Santa Marta en Colombie.

Général et homme politique sud-américain, il est une figure emblématique de l'émancipation des colonies espagnoles d'Amérique du Sud dès 1813. Il participe de manière décisive à l'indépendance des actuels Bolivie, Colombie, Équateur, Panamá, Pérou et Venezuela. Il a participé à la création de la Grande-Colombie, dont il souhaitait qu'elle devienne une grande confédération politique et militaire regroupant l'ensemble de l'Amérique latine.

Bolívar est aujourd'hui une icône politique et militaire dans de nombreux pays d'Amérique latine et dans le monde.

Après avoir étudié en Espagne et visité la France, l'Italie et les États-Unis, il retourna au Venezuela prendre part à la guerre d'indépendance contre les royalistes espagnols. Il servit d'abord sous les ordres de Francisco de Miranda qu'il fit prisonnier en 1812 pour le livrer aux Espagnols. Sa brillante campagne militaire lui valut le surnom d'« El Libertador » (le Libérateur), mais les Espagnols le contraignirent à l'exil. Il revint en 1817 et s'empara de la Nouvelle-Grenade en 1819 (la Colombie actuelle), et du Venezuela en 1821. La Colombie, le Panamá et le Venezuela formèrent alors la Fédération de Grande Colombie à laquelle se joignit l'Équateur en 1822.

Avec son lieutenant, le général Antonio José de Sucre, il contribua à la libération du Pérou, déjà engagée par l'armée de José de San Martín. Il devint président de la Bolivie, pays nouvellement formé sur le territoire de l'ancienne vice-royauté du Pérou et qui prit le nom de son libérateur, le 11 août 1825 (jusqu'au 1er janvier 1826) alors qu'il était déjà le président de la Grande Colombie depuis 1819. De ce dernier pays, il conserverait la présidence jusqu'à son départ en exil en 1830. On peut considérer que jusqu'en 1826 il ne l'occupait plus que symboliquement étant donné ses campagnes dans les Andes centrales.

Il fut cependant impuissant à unifier les anciennes colonies espagnoles d'Amérique latine. L'idée de Bolívar est qu'un pays indépendant mais seul n'a aucune chance de conserver son autonomie, tandis qu'un continent entier, souverain et solidaire, pourrait devenir une puissance mondiale.
Sa vision politique était trop en avance sur son temps, et il fut accusé de vouloir tout dominer, c'est à dire d'aspirer à l'empire. On tenta même plusieurs fois de l'assassiner. Ainsi, le 30 septembre 1828, il ne dut sa survie qu'à l'intervention décidée de la seconde femme de sa vie, Manuela Saenz, qui y gagna ses galons de « Libératrice du Libérateur » (Libertadora del Libertador). Déçu et malade, il se retira définitivement en 1830 et s'éteignit sur le chemin de l'exil, peu après avoir appris l'assassinat de celui qu'il considérait comme son successeur, le Maréchal de Sucre.

L'auteur : Gabriel Garcia Marquez.

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Gabriel García Márquez est né le 6 Mars 1928 à Aracataca, village de Colombie.
En 1947, étudiant en droit à l’université de Bogota. il publie dans El Espectador sa nouvelle: La troisième résignation, première d’une série écrite de 1947 à 1952. Après l’assassinat du leader politique Jorge Eliécer Gaitan, l’université étant fermée, il rejoint sa famille à Cartagena, où il collabore à El Universal, nouvellement fondé.

Devenu journaliste à El Heraldo de Barranquilla, il écrit Des feuilles dans la bourrasque qui sera publié en 1955. Reporter à Bogotá pour El Espectador (à partir de février 1954), il relate en particulier avec humour les tribulations du marin Luis Alejandro Velasco (1955, réédité en 1970 sous le titre Récit d’un naufragé).

Envoyé en Europe en juillet 1955, il se rend à Genève, puis à Rome, où il s’inscrit au Centre expérimental de cinéma. Quelques mois plus tard la fermeture du journal par le dictateur Rojas Pinilla, le surprend à Paris. Bientôt sans argent, réfugié au dernier étage d’un hôtel du quartier Latin, il travaille à La Mala hora (publié en 1962),
En 1958, il visite l’Allemagne de l’Est, l’Union soviétique, la Hongrie, séjourne de nouveau à Paris puis à Londres et à Caracas, avant de gagner la Colombie.

Peu après le triomphe de la révolution cubaine, il ouvre à Bogota, avec Plinio Mendoza, un bureau de l’agence d’informations Prensa latina, pour laquelle il travaille ensuite à La Havane et à New York. Démissionnaire en juin 1961, il s’installe à Mexico, écrit des scénarii et les nouvelles de Les funérailles de la Grande Mémé (1962). En 1965, il commence la rédaction de Cent ans de solitude dont la publication à Buenos Aires, en avril 1967, lui vaudra aussitôt la célébrité dans toute l’Amérique latine et bientôt en Europe.

À Barcelone où il vit de 1968 à 1974. paraît en 1972 l’Incroyable et Triste Histoire de la candide Erendira et de sa grand-mère diabolique . Sympathisant actif des mouvements révolutionnaires latino-américains, il finance avec un grand prix littéraire (Romulo Gallos 1972) la campagne Électorale du M.A.S. au Venezuela, collabore en Colombie à la fondation de l’hebdomadaire Alternativa (1974) et écrit le roman baroque politique : L‘Automne du Patriarche (1975). En 1978, il crée la fondation Habeas pour la défense des droits de l’homme et des prisonniers politiques en Amérique latine et rencontre dans cette intention le pape et le roi d’Espagne (1979).

Devenu universel et populaire pour l’originalité et la fécondité de son imagination créatrice, il voit, en avril 1981, son roman , Chronique d’une mort annoncée , publié simultanément à Bogota, Barcelone et Buenos Aires, atteindre un premier tirage de deux millions d’exemplaires. Lauréat du prix Nobel 1982, il est aussi l’auteur de L’Amour au temps du choléra (1986) et d’une fiction sur les derniers jours de Bolivar: Le Général dans son labyrinthe (1989).

Un extrait du roman.

"Peu après, une bourrasque de pluie et de coups de tonnerre s'abattit, qui laissa la ville en situation de naufrage. Le général en profita pour se remettre de la réception, savourant l'odeur des goyaves tandis que, tout habillé, il feignait de dormir sur le dos dans la pénombre de la pièce, puis il s'endormit pour de bon dans le silence réparateur d'après le déluge. José Palacios le sut parce qu'il l'entendit parler avec la bonne diction et le timbre net de sa jeunesse qu'il ne retrouvait plus qu'en rêve. Il parla de caracas, une ville en ruine qui n'était plus la sienne, avec ses murs recouverts d'affiches injurieuses à son endroit et ses rues débordantes d'un torrent de merde humaine. José Palacios veilla dans un coin de la chambre, presque invisible dans la bergère, afin de s'assurer que personne d'autre que la suite ne pût entendre les confidences de ses rêves. Par la porte entrebâillée il adressa un signe au colonel Wilson, et celui-ci éloigna le garde qui faisait les cent pas dans le jardin.
"Ici, personne ne nous aime, et à caracas, personne ne nous obéit, dit le général endormi. Nous ommes quittes."
Il poursuivit par un chapelet de lamentations amères, résidus d'une gloire démantelée que le vent de la mort emportait en lambeaux. Au bout d'une heure de délire, il fut réveillé par un bruit de troupe dans le couloir et par une voix métallique et altière. Il émit un ronflement abrupt et dit sans ouvrir les yeux, d'une voix décolorée par le réveil :
"Que se passe-t-il, nom de Dieu ?""


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