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27/06/2009

Mon dictionnaire curieux : "ABACA"

Un des bons moyens de voyager pas cher, c'est d'ouvrir le dictionnaire et de le feuilleter au hasard des mots. S'offre alors à nous un voyage dans l'espace et le temps qui nous mène en des contrées inconnues et en des époques lointaines.  Dépaysement garanti. Je vous propose d'entamer aujourd'hui ce voyage à travers mon dictionnaire curieux.

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Première destination, les Philippines avec le mot :

ABACA

L'origine de ce mot est, en effet, à rechercher du côté des Philippines aux temps où les Espagnols fréquentaient ces contrées. La première trace du mot remonte à 1664 sous la forme espagnole Abacà.

Cet Abaca est plus conu sous l'appelation de Chanvre de Manille. Il s'agit d'une matière textile tirée des pétioles des feuilles d'un bananier.

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Fibre naturelle d'Abaca

Cette variété de bananier de la famille des musacées( Musa textilis), a pris elle même , au fil du temps, le nom d'Abaca. Elle est originaire des Philippines mais on la trouve aussi à Bornéo ou Sumatra.

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Le bananier Abaca

En moyenne, cette plante croît jusqu'à environ 6 m de hauteur. La fibre est utilisée pour fabriquer des ficelles et des cordes. Dans les années 1800 aux Philippines, on retrouve des utilisations de l'abaca dans la fabrication de cordage.

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Panier en fibre d'Abaca

Le nom de la plante est parfois écrit « abaka ». Elle fut cultivée initialement à grande échelle à Sumatra en 1925 par les Hollandais, qui en avaient observé la culture aux Philippines. Elle fut suivi par des plantations en Amérique centrale parrainé par le ministère de l'Agriculture des U.S. La plantation dans un objectif de commercialisation a commencé en 1930 à Bornéo. La fibre est utilisée pour faire des ficelles et des cordes; elle est très recherchée pour la fabrication de cordages légers et insubmersibles, et aussi de rabanes, nappes, stores, vêtements.

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La corde d'Abacá est très robuste, souple et résistante aux dommages causés par l'eau salée. C'est une des  raisons pour laquelle elle est souvent utilisée sur les navires et comme les filets de pêche.
Elle peut également être utilisée pour créer des produits artisanaux tels que des sacs, des tapis, des vêtements et des meubles.
Les fibres peuvent également être utilisé dans la fabrication de pulpe, puis transformé en papiers spécialisés tels que les sachets de thé, sacs d'aspirateur, la feuille de monnaie, papiers spéciaux, et plus ...

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Le travail de la fibe d'Abaca
La plante est cultivée dans des sols limoneux et bien drainés.
On la multiplie en utilisant des morceaux de racine matures plantés au début de la saison des pluies.
Après une première période de croissance de 18 à 25 mois, on récolte la plante tous les trois à huit mois sur près de 10 ans
L'Abaca, nous emporte dans le Sud-Est asiatique mais aussi sur les voiliers espagnols et hollandais qui sillonaient les mers du globe avec leurs cordages en fibre d'Abaca. Mais les montagnards, avant d'utiliser les cordes synthétiques modernes, avaient également recours aux cordes en Abaca. Avec, parfois quelques désagréments... Comme le relate la revue "Les Alpes" :

"Le chanvre a l'exclusivité des systèmes d'attache jusqu'à la Deuxième Guerre mondiale. On utilise en priorité des cordes tressées, mais aussi de simples cordes torsadées faites de fibres de chanvre ou d'abaca (chanvre de Manille) pour des ascensions faciles ou des traversées de glacier. Le sisal est moins employé. Les cordes de chanvre s'imbibent moins, d'où leur usage dans la marine aussi. On peut les imprégner pour les maintenir un tant soit peu souples à l'état humide. Elles raidissent pourtant rapidement par températures négatives, et ne coulissent qu'avec difficulté dans les mousquetons.

Combien d'alpinistes ont vécu l'impossibilité de défaire les noeuds de leur encordage à la fin d'une excursion, condamnés à prendre le train du retour attachés à leurs compagnons ?"

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Le coup de gueule d'Eva JOLY contre la suppression du juge d'instruction.

Eva JOLY, députée européenne, ancienne magistrate pousse son coup de gueule contre le projet de suppression des juges d'instruction dans une lettre ouverte au Président de la République

 

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Monsieur le président,


 

Supprimer le juge d'instruction ne constitue pas une simple réforme de notre système pénal, mais porte atteinte au plus haut de nos principes, celui de la séparation des pouvoirs et de l'indépendance de la justice à l'égard du pouvoir politique. 

Votre discours ne mentionne aucune garantie d'indépendance pour les  enquêtes.

Ce silence, dans un domaine qui constitutionnellement vous échoie,  porte la marque du stratagème politique.  

Mais le verbe haut et toute la rhétorique du monde ne suffiront pas pour convaincre les Français qu'un parquet soumis aux instructions du ministre constitue une meilleure garantie pour le justiciable qu'un juge indépendant.  

Vous affirmez que notre pays est marqué par une tradition de "rivalité" entre le politique et le judiciaire.

La rivalité n'est pas du côté des juges, elle est le fruit de la peur des politiques.

Vous pensez que la légitimité politique prime sur tous les pouvoirs. Or c'est précisément pour contenir le désir de toute-puissance qui s'empare naturellement des gouvernants que les Lumières ont forgé le concept de séparation des pouvoirs.

John Locke l'a observé justement : "C'est une expérience éternelle, que tout homme qui a du pouvoir est porté à en abuser ; il va jusqu'à ce qu'il  trouve des limites."

Il ne fait pas bon en France incarner une de ces limites. Plus d'un magistrat en France peut en témoigner. 

Qui peut encore croire que le juge d'instruction est "l'homme le plus puissant de France" ?

Certainement pas vous, Monsieur le président. L'homme le plus  puissant de France, c'est vous.

Vous avez le pouvoir de faire saisir un tribunal arbitral qui attribue 285 millions d'euros à un de vos soutiens. 

Vous avez le pouvoir de déguiser une grâce individuelle à un préfet dévoyé en grâce collective.


LE SPECTACLE DE L'IMPUNITÉ 

A de rares exceptions, en matière financière, il n'y a plus que des enquêtes  préliminaires, et des dossiers bouclés dorment dans les tiroirs.

La liste des  enquêtes non effectuées est impressionnante : les soupçons de corruption à  l'encontre de Christian Poncelet, ex-président du Sénat ; les flux financiers allégués de Jacques Chirac au Japon ; les fortunes apparemment mal acquises des présidents africains placées en France ; le rôle supposé de la BNP Paribas dans  les montages corrupteurs au Congo-Brazzaville et Congo-Kinshasa. 

La justice aurait dû enquêter pour crever l'abcès.

Elle ne l'a pas fait,  laissant se répandre le poison du soupçon et le spectacle de l'impunité.

Une justice dépendante, c'est une justice qui n'ouvre pas d'enquête lorsque les faits déplaisent au pouvoir.

Rappelez-vous du massacre des Algériens à Paris le 17 octobre 1961. Il n'y eut jamais aucune enquête ! Aucune condamnation ! Parce que le parquet ne le jugea pas opportun. Est-ce cette face-là de la justice qu'il faut faire ressortir au XXIe siècle ?  

Le juge d'instruction est le fruit de notre histoire. Il n'existe pas ou a disparu en dehors de nos frontières. Il peut évidemment être supprimé, mais à condition que sa disparition entraîne davantage de démocratie et non davantage d'arbitraire.

Peu importe qui mène les enquêtes pourvu que les magistrats soient préservés des pressions ; pourvu que les investigations puissent être conduites, ne soient pas étouffées dans l'œuf. 

Vous voulez confier les enquêtes au parquet ?

Cela se peut, mais il faut alors  rendre le parquet indépendant de votre pouvoir, ce qui, vous en conviendrez, n'a guère été votre choix.

Les contempteurs des juges d'instruction affirment qu'il  est impossible d'instruire à charge et à décharge. Si le parquet enquête, il héritera du même dilemme. A moins que vous n'ayez l'intention d'accorder aux  avocats un pouvoir d'enquête. Non seulement la justice sera aux ordres, mais elle deviendra inégalitaire, à l'image de la justice américaine. 

En somme, vous aurez pris le pire des deux systèmes : l'arbitraire et  l'inégalité.

Face à un projet qui foule aux pieds l'idéal de 1789 d'égalité des citoyens devant la loi, face à une réforme qui risque de transformer notre pays en République oligarchique, à la solde de quelques-uns, j'appelle les Françaises et les Français épris de justice à la mobilisation contre votre projet.

Eva Joly, ancienne magistrate  

24/06/2009

Virée vers l'Ouest (5)

Quelques jours de congés début mai. L'occasion d'une petite escapade vers l'Ouest, des bords de la Loire au Limousin en passant par la côte Atlantique


Etape n°5 : La Rochelle

Cité millénaire, La Rochelle est une ville qui a su préserver son patrimoine naturel et architectural exceptionnel. Aute atout, et pas des moindres, sa position géographique en plein centre de la façade atlantique.
Capitale de la Charente-Maritime, avec ses 76 711 habitants, c'est certainement une des villes les plus attractives et les plus dynamiques de France.

 Bien entendu, La Rochelle, c'est d'abord, la mer, le port, les bateaux. Incontournable...

Le Vieux-Port  est le port historique de la ville. C'est grâce à ce port que La Rochelle prit de l'importance durant la Guerre de Cent Ans puis avec la découverte de l'Amérique.

Aux XVIIeme et XVIIIeme siècles, le Vieux-Port de La Rochelle a drainé plus de la moitié du trafic colonial vers la Nouvelle France. Il constitue aujourd'hui l'un des attraits touristiques de la Rochelle.

 

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Le vieux port est aussi connu grace à ses célèbres tours qui en gardent l'entrée depuis les XIIe et XVe siècles. Elles sont les vestiges des fortifications de la ville de La Rochelle. 

La tour de la Chaîne ( à droite sur la photo) doit son nom à la chaîne qui était tendue de celle-ci à la tour Saint-Nicolas pour condamner l'entrée du port. La tour Saint-Nicolas a basculé vers l'Est en cours de construction. Redressée, elle servit de prison et de logis royal.

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La Tour de la lanterne. On sait qu'elle fut commencée en 1445 et achevée, après une longue interruption, en 1476. Elle mesure environ 70 mètres de haut, de sa base au sommet de la flèche. Elle tire son nom du fait que sur la tourelle de l'escalier se trouvait une lanterne de pierre percée à jour à six pans et vitrée pour empêcher que le vent n'éteignit le gros cierge au massif flambeau que l'on mettait dedans la nuit, en mauvais temps pour servir de phare et de lumière aux vaisseaux. La Tour comporte de vastes caves, l'ancien corps de garde et quatre étages, elle servit de lieu de concentration ou de prison.

On la nommait encore : Tour de Prêtres, parce que treize prêtres, qui y étaient emprisonnés pendant les luttes religieuses, y furent égorgés et précipités dans la mer.

La Tour a servi tout au long de son histoire de prison, elle a reçu au XVIIIe siècle des corsaires anglais, écossais, irlandais, hollandais et espagnols ; certains d'entre eux furent condamnés à mort et pendus dans la salle la plus haute, où l'on voit encore la trappe.

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La Tour Saint Nicolas. La tour Saint-Nicolas se situe sur la rive sud du port de La Rochelle, face à la tour de la Chaîne. Le rôle de la tour Saint-Nicolas, la plus importante des trois tours de la Rochelle, était de protéger le port contre les dangers venant de la mer. Elle servait de point d'attache à la lourde chaîne qui la reliait, le soir, à sa tour soeur, la tour de la Chaîne. Le système de communication fort complexe, à double révolution à l'intérieur de la tour, supporte la comparaison avec le donjon du château royal de Vincennes.
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La Grosse Horloge : Construite au XIVè siècle, la Grosse Horloge était une porte qui séparait le port de la cité. Il s'agissait alors d'un édifice rectangulaire surmonté de deux tourelles et d'un campanile. Sa base massive comporte deux ouvertures, l'une pour les piétons et l'autre pour les attelages. L'arcade unique, telle que nous pouvons la voir aujourd'hui date de 1672. Le campanile et les deux tours sont remplacés par un dôme unique orné de pilastres en 1746. Sa cloche civile (2,2t) est la plus lourde du département.

 

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L'Hôtel de Ville : Entouré de son enceinte gothique datant du XVè siècle, l'Hôtel de Ville demeure un symbole : la ville protège ses libertés communales, octroyées dès 1199 par Aliénor d'Aquitaine.
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Chaque siècle a laissé l'empreinte de son style dans l'architecture de l'Hôtel de ville : Henri II sur l'aile gauche, Henri IV sous le baldaquin de l'escalier, le bâtiment principal, décoré des statues des Vertus Cardinales : Force, Justice, Tempérance, Prudence.

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 Sous le baldaquin de l'escalier de l'Hôtel de Ville, trône la statue d'Henri IV.
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Et, au détour d'une ruelle, derrière le Vieux Port, devant un bar à vin, la bonne surprise du jour. Un orchestre de lascars du jazz, le "Vitamine Jazz Band" nous propose de traverser l'Atlantique vers la Nouvelle Orléans.
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Le swing rechauffe l'atmosphère de cette journée un peu grise sur le port de La Rochelle...
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Avant de partir vers une nouvelle destination, un dernier regard vers les tours à travers les mats des voiliers qui attendent tranquilement, dans leur abri de voguer vers le grand large...
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21/06/2009

Fête des pères ! D'où ça vient ?

 

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Au temps des Romains, on honorait déjà les pères. Une cérémonie avait lieu chaque année en février et on y célébrait les pères décédés.

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Mais, en ce qui concerne l'époque comtemporaine, c'est semble-t-il aux Américains que l'on doit l'idée de rendre hommage aux papas. L'idée de créer une fête pour que les enfants honorent leurs pères est en effet née à Spokane (Etat de Washingthon).

 

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 Sonora Smart Dodd fut la première personne à proposer la fête des pères. En écoutant un sermon le jour de la fête des mères en 1909, Sonora s'interrogea sur cette célébration. Elle avait été élevée par son père, avec ses 4 frères et soeurs, Henry Jackson Smart, après la mort de sa mère et elle voulait lui faire savoir à quel point elle lui était reconnaissante. Comme son père était né en juin, elle choisit ce mois pour organiser la première fête des pères à Spokane le 19 juin 1910.

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L'idée fit son chemin et en 1924, le président Calvin Coolidge soutint l'idée d'une journée nationale de fête des pères. Mais il fallut attendre 1966 et le Président Lyndon Johnson pour que fût signée la proclamation officielle d'un "Father's Day" le troisième dimanche de juin.

En Europe
C'est en 1952 que la France institua la première fête des pères, deux ans après l'officialisation de la fête des mères.
En Belgique, elle a lieu le deuxième dimanche de juin, une semaine avant les autres.
En Italie, c'est le jour de la saint Joseph, le 19 mars, que l'on célèbre les papas.
Au Luxembourg, les papas doivent attendre le 3 octobre.

A l'arrivée, ne l'oublions pas, si cela fait toujours plaisir d'être fêté par ceux qu'on aime, fête des mères, puis fête des pères et enfin fête des grands mères avant peut être la fête des grands pères, des tatas et des tontons, des cousins et des neveux, des belles-soeurs et des beaux-frères, de l'oncle de ma femme et du cousin de mon cheval...tout cela fait marcher le commerce  !

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19/06/2009

Charles Hoareau , Solidarité.

 

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Le 29 juin 2009, Charles Hoareau, responsable CGT des Bouches du Rhône, est convoqué au tribunal correctionnel de Marseille, dans le cadre d'un conflit du travail qui oppose la société ADOMA et 39 de ses salariés depuis novembre 2007, pour répondre des accusations de "menaces répétées" lancées contre lui par l'un des représentants d'ADOMA.

Il y a quelques semaines, Charles Hoareau a même été placé plus de 24 heures en garde à vue dans ce cadre.

Il voit ainsi son nom inscrit à la suite de la longue liste des nombreux militants poursuivis judiciairement de façon systématique, et parfois avec acharnement, notamment depuis quelques années :

- les travailleurs en lutte des chantiers navals de Saint-Nazaire, Roberto Ferrario et Bellaciao, Elie Domota (LKP), Gérard Jodar et les militants de l'USTKE (Kanaky), les manifestants et syndicalistes inculpés à Saint Nazaire le 29 janvier, Gérard Filoche, inspecteur du travail poursuivi pour délit d'entrave, Clément Onimus, doctorant à l'EPHE accusé de violence envers un CRS au moment du conflit des universités, mais aussi, les 49 inculpés de la place de la Nation le 19 mars, les 74 agents d'EDF-GDF, et bien d'autres.

Cette pétition vise à le soutenir, mais au-delà, à soutenir tous les syndicalistes et salariés en lutte pour leur dignité, leurs salaires et leurs emplois, et pour s'opposer à la criminalisation du mouvement social.

TEXTE DE LA PÉTITION :

Depuis quelques mois se multiplient les actes d'intimidation en direction de celles et ceux qui se battent pour le progrès social ou la défense des droits des salarié-e-s et citoyen-nes de ce pays. Dans cette entreprise, pouvoir et grand patronat font de plus en plus souvent appel aux services de police et à l'appareil judiciaire.

Ainsi, dans cette logique, se retrouvent entrainé-e-s dans des procédures pénales des hommes et des femmes dont le seul tort est d'avoir défendu une autre conception de la société que celle d'une logique de profit et d'écrasement de l'homme, d'avoir participé à des luttes pour l'emploi, les salaires, le service public, la démocratie, les libertés, la défense des sans papiers.

Victimes de cette répression sans précédent, solidaires de ces militant-e-s du bonheur, nous voulons dire avec force aux tenants du pouvoir que l'on ne nous fera pas taire !

Héritiers et héritières d'un mouvement ouvrier qui a connu dans son histoire la répression, la clandestinité, la lutte antifasciste et les guerres coloniales et n'a jamais reculé, nous ne reculerons pas nous non plus devant les menaces.

L'avenir des droits et libertés de ce pays en dépend.

Jamais dans l'histoire la répression n'est venue à bout durablement de la lutte pour la justice.

Nous continuerons !

Pour signer la pétition : http://www.udcgt13.fr

 Un rassemblement est prévu ce 29 juin au Vieux Port de Marseille à 13h30.

18/06/2009

Faux arrêts maladie : ce qui se cache derrière les chiffres

Un article fort instructif  de François Krug publié sur le site "Rue 89".

Polémique en vue : de nombreux salariés abuseraient de la Sécu. Selon des chiffres révélés par La Tribune et repris un peu partout, 13% des arrêts maladie de courte durée et 11% des arrêts de longue durée seraient injustifiés.

Le problème, c'est que ces statistiques ne disent pas vraiment ce qu'on veut leur faire dire. Et qu'elles cachent une réalité aggravée par la crise économique.

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L'art d'interpréter les chiffres

La Tribune s'est procurée un bilan des opérations de la Cnam en 2008 (l'article n'est disponible qu'en accès payant), et résume à la une : « Plus de 10% des arrêts maladie sont abusifs. » Pas si vite.

Comme le précise d'ailleurs l'article, les chiffres ne portent que sur une partie des arrêts maladie : ceux qui ont été effectivement contrôlés par les médecins de la Sécu. Qui s'intéressent en priorité aux arrêts répétés ou longs, plus susceptibles de masquer des abus. Il faut en effet distinguer deux catégories, les arrêts inférieurs ou supérieurs à 45 jours :

  • Arrêts courts : 285 000 contrôlés, 37 000 jugés injustifiés, soit 13%
  • Arrêts longs : 1,2 million contrôlés, 130 000 injustifiés, soit 11%

Conséquences de ces contrôles : les salariés concernés ont vu leurs indemnités journalières suspendues, et ils ont été renvoyés au travail.

Pourquoi le mal de dos est très surveillé

Pourquoi la Cnam contrôle-t-elle certains arrêts maladie et pas d'autres ? Un porte-parole résume la stratégie :

« Les arrêts maladie sont systématiquement contrôlés lorsqu'ils dépassent 45 jours. Pour les autres, nous avons une politique de contrôle sur les arrêts répétés ou fréquents. 

La Cnam ne s'étend pas sur cette « politique de contrôle ». Selon La Tribune, l'assurance maladie s'intéresse aux salariés tombant souvent malades, « par exemple au moins trois arrêts de moins de 15 jours sur un an », mais aussi à certaines pathologies, comme les lombalgies.

Le mal de dos ? « On l'utilise de manière un peu hypocrite », explique Didier Ménard, généraliste dans la cité des Francs Moisins en Seine-Saint-Denis et vice-président du Syndicat de la médecine générale :

« C'est une justification fréquente et pas trop vérifiable : à partir de 30 ans, une radio montrera forcément qu'il y a quelque chose qui ne va pas. On est parfois obligé de l'utiliser pour masquer d'autres pathologies moins acceptées par l'assurance maladie, comme les états dépressifs liés à la souffrance au travail. »

Les médecins se contrôlent

 

Le docteur Ménard explique que, comme ses confrères, il est « obligé de s'auto-contrôler » pour limiter la durée des arrêts :

« Avant de prescrire un arrêt, je dois réfléchir à l'argumentaire du courrier que je devrai envoyer à l'assurance maladie. Car, en face, la philosophie est de moins en moins médicale et de plus en plus assurantielle. Un jour, l'assurance maladie a décidé que c'était un poste qui coûtait cher et que, si ça coûtait cher, c'est qu'il y avait des abus. »

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La souffrance au travail mal reconnue

Pour Didier Ménard, le débat n'est pas économique mais médical. « La question, c'est de savoir si l'arrêt maladie est une thérapeutique », résume-t-il. Il raconte :

« Hier soir, j'ai donné 15 jours à un patient très dépressif en lui disant : "Tu te fais plaisir." D'accord, je vais augmenter le budget des indemnités journalières, mais j'évite une hospitalisation et des médicaments (...). Il y a de plus en plus d'arrêts liés à la souffrance au travail, à la crise, aux nouvelles règles de management. Est-ce qu'il faut mieux que j'endorme cette douleur avec des anxiolytiques et des antidépresseurs ? »

 

Les salariés hésitent à s'arrêter

Fin mai, un amendement de Frédéric Lefebvre avait vite été enterré par le gouvernement : le député UMP voulait autoriser les salariés volontaires à travailler à domicile pendant leurs arrêts maladie ou leurs congés maternité.

La polémique avait occulté un autre problème : les salariés ne sont pas toujours prêts à s'arrêter. Même lorsque leur médecin le leur suggère, selon le docteur Ménard.

« Moi, j'ai plutôt des problèmes avec les gens qui refusent de s'arrêter. D'abord, parce qu'ils ne toucheront que la moitié de leur salaire. Et la deuxième raison, c'est la peur de perdre son emploi : celui qui s'arrête, c'est celui qui pénalise l'entreprise et il sera le premier sur la liste en cas de licenciements. L'arrêt maladie, ça devient un luxe. »

 

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22:46 Publié dans Actu | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : rue 89, sécu, arrêt maladie, abus, chiffres | |  Facebook | |

 
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