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19/07/2009

Paul GADENNE : "BALEINE"

Cet ouvrage a été pubilé aux Editions Actes Sud en 1982.

Montpellier, fin juin 2009, une petite place ombragée, quelques bouquinistes installés pour la journée sous une chaleur harassante. Et comme toujours dès qu'il y a des livres, l'envie d'y plonger le nez. Et mon nez, plutôt mon regard, est tombé sur ce petit ouvrage d'un auteur qui m'était totalement inconnu, Paul GADENNE. Ouvrage publié pour la première fois en 1949, dans la revue d'Albert CAMUS,"Empédocle"...

Sur la quatrième de couverture, un mot de l'éditeur, Hubert Nyssen qui se termine ainsi : "Le signe du chef-d'oeuvre, c'est le sens que lui confère le temps. Trente année ont fait de ce récit un miroir ardent, un témoignage éperdu et l'un de ces textes où l'essentiel, en quelques pages, se trouve cristallisé pour jamais". Ce n'est pas un hasard, si ce texte fut le premier texte de littérature française publié par les Editions Actes Sud...

 

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C'est l'histoire improbable d'une baleine échouée sur une côte française et qui se décompose lentement sous le regard d'abord curieux puis indifférent des riverains. Le narrateur, accompagné de son amie, part à sa découverte. Que faire d'elle ? Que faire pour elle ? En 36 pages cette baleine nous conduit à nous interroger sur notre monde, son destin et son devenir, sur la place et le rôle de l'homme dans tout cela... Son engagement. Ecrit, quatre années seulement après le fin du cataclysme que fut la Seconde Guerre Mondiale, ces quelques pages posent la question du sens de la présence de l'Homme dans son monde.

L'auteur : Paul GADENNE.

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 Paul Gadenne est né à Armentière le 4 avril 1907. Licencié es  lettres, il entame une carrière d'enseignant qu'il doit  interrompre très rapidement à cause de la tuvberculose. Il passe alors de longs mois en sanatorium . Sa réclusion le pousse à la réflexion puis à l'écriture. Son œuvre a un remarquable pouvoir de suggestion. Gadenne parvient en effet à créer une atmosphère lourde, tout en utilisant des moyens narratifs très simples, où s'expriment la solitude de l'Homme et la difficulté même de son existence.

Son premier roman, Siloé (1941), traite de ses séjours en sanatorium et de la réflexion qu'ils lui inspirent. Puis il tente de saisir, dans La Rue profonde (1948) et L'Avenue (1949), le mystère de la création artistique à travers un personnage de poète. La rencontre, la séparation et la culpabilité, dans le contexte de la guerre et de la collaboration, sont des thèmes également très importants et récurrents dans son œuvre ; La Plage de Scheveningen (1952) en fournit une parfaite illustration. Avec Les Hauts Quartiers, œuvre posthume publiée seulement en 1973, son talent est enfin reconnu. . Il y décrit  un lent acheminement, dans l'enfer de la ville, vers les ténèbres, et une perte de soi à laquelle l'on ne peut échapper que par la médiation de l'écriture, qui permet d'atteindre un au-delà de la littérature qui est la vie même. Gadenne a écrit des nouvelles, désormais rassemblées sous le titre de Scènes dans le château (posthume, 1986), un recueil de Poèmes posthumes, et des réflexions sur l'art d'écrire et le métier de romancier : À propos du roman.

 Lorsqu'il écrit "Baleine", en 1949, Gadenne vit dans de misérables appartements au pays Basque, tentant de soigner sa maladie au milieu d'une bourgeoise basque qui le regarde plutôt comme un objet curieux sans toutefois en faire l'un des siens.

La maladie l'emporte après une longue agonie à l'âge de 49 ans en 1956.

 

Extrait de "Baleine"

"Nous étions plusieurs à nous être réfugiés là, dans ce petit coin où nous pensions pouvoir être oubliés, et nous restions écroulés sur le velours, dans un luxe bizarre de cristaux et d'appliques, nous protégeant, derrière une tenture à emblèmes, - elle-même détachée de ses embrasses et à peu près effondrée, - d'un excès de fumée et de mauvais disques, espérant l'incident qui nous donnerait la force de nous éloigner, ou attendant, peut-être, qu'on nous annonçât une lueur sur la mer. Car les plus courageux avaient gagné la terrasse, où ils demeuraient étendus, la joue presque couchée contre la pierre, tandis que nous continuions à nous épier mutuellement, entre ces parois feutrées, dans cet état de soumission animale et un peu sournoise d'où l'on descend si volontiers vers le sommeil.

Soudain, comme nous disparaissions de plus en plus dans nos coussins, une personne, que nous avions à peine remarquée jusque-là se rapprocha de notre petit cercle d'endormis, et, imaginant de nous étonner, nous demanda si nous avions entendu parler de la baleine."

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