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24/10/2009

Slava Liszek : "Marie Guillot, de l'émancipation des femmes à celle du syndicalisme"

Cet ouvrage, a été publié par les Editions L'Harmattan, dans la collection "Chemins de la Mémoire", en 1994.

 

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En 1906, une modeste institutrice de Saône-et-Loire, Marie Guillot, met en place une association de lutte pour le droit de vote des femmes. La même année, elle s'abonne à L'École émancipée, la revue de la Fédération nationale des syndicats d'instituteurs (FNSI), qui est en train d'adhérer à la CGT. En cette époque de bourrage de crâne nationaliste dans les écoles, les institutrices et instituteurs dissidents ne sont pas légion, et la FNSI est une oasis syndicaliste révolutionnaire dans un désert de conformisme. Aussi Marie Guillot met-elle cinq ans avant de réussir, en 1911, à fonder une section syndicale dans le département. Elle anime bientôt une rubrique régulière dans L'École émancipée, la " tribune féministe ", où elle défend avec patience, méthode et pédagogie les revendications du mouvement féministe : le droit de vote des femmes, la réforme du code civil, le droit au travail, l'éducation mixte, le partage des tâches domestiques, l'éducation sexuelle... Elle prend aussi la défense des associations féministes que la CGT regarde avec circonspection car elles sont généralement dirigées par des femmes bourgeoises. Elle veut montrer que, si les bourgeoises s'organisent, les ouvrières doivent le faire aussi parce que l'émancipation des femmes a une portée révolutionnaire.

L'ouvrage retrace le parcours de Marie Guillot, première femme à accéder aux fonctions de secrétaire confédérale d'une grande organisation syndicale, la CGTU, en 1922. Insttutrice, elle avait alors 41 ans.

Cette figure du mouvement ouvrier et féministe est bien oubliée aujourd'hui. Pourtant, "la grande Marie", comme on la surnomait fut une militante de premier plan qui amena la CGT à prendre en considération dès avant 1914, le droit des femmes au travail et à l'organisation syndicale. Pionnière du syndicalisme enseignant, pédagogue d'avant-garde, pacifiste, elle fut, au lendemain de la Première Guerre mondiale, une des chefs de file de la minorité révolutionnaire au sein de la CGT.

Dirigeante de la CGTU, elle se heurta aux nouvelles pratiques militantes et aux orientations introduite à partir de 1923 dans la CGTU, alors sobordonnée au Parti communiste naissant. Elle tenta en vain de s'y opposer. Vaincue par l'épuisement d'une vie militante à une époque où cela représentait bien des sacrifices, victime d'une maladie lui faisant perdre la raison, elle mourut en février 1934, à l'aube de la réunification syndicale.

 

L'auteur.

Slava Liszek, journaliste, déplomée de Lettres, est spécialisée dans les questions sociales et syndicales. Elle fut une collaboratrice du mensuel de la CGT, en direction des femmes, "Antoinette". Auteur de nombreuses enquêtes sur le travail des femmes, elle a également publié plusieurs chroniques historiques regroupées dans l'ouvrage "Femmes, égalité de 1789 à nos jours", aux Editions Messidor, en 1989.

 

Extrait

" Quelques minutes de suspension de séance ... et la CE trouve la solution. Le quatrième secrétaire confédéral sera la camarade Marie Guillot.

"J"accepte, puisqu'il faut accepter", a simplement déclaré Marie. Modestie convenue ? Peut-être pas. Son élection est certes une vistoire. Pour la cause des femmes. Et pour elle-même. Il n'empêche qu'elle signifie surtour de lourdes responsabilités, dans un contexte difficile.

Sans parler du déracinement.

La voila à nouveau obligée de quitter, pour ce Paris qu'elle déteste, ses belles collines de Saône-et-Loire. Et de quitter aussi la chaleureuse ambiance d'un bureau fédéral où régnaient l'harmonie et la ferveur militante.

La congrès de la Fédération qui se tient du 17 au 19 août est comme un témoignage de l'oeuvre accomplie par Marie en un an. Malgré la répression, quarante-sept groupements sont toujours debout. L'action du bureau est approuvée par la plupart d'entre eux. Et si quelques uns la contestent, ils le font calmement, sans animosité, sans violence. Même la presse est impressionnée par "la tenue, la dignité, l'attention sérieuse et passionnée de l'assemblée".

(...)

Au milieu de l'assistance, vue par un tout jeune délégué, voici la secrétaire fédérale : "Marie Guillot, calme, tenace, inébranlable au gouvernail, tel un impassible loup de mer qui a fait ses preuves".

Ses preuves, elle les a faites. c'est une organisation en bon état matériel et moral qu'elle transmet à son successeur. Ou, plus exactement , à son secrétaire adjoint, car ele reste secrétaire fédérale en titre.

Et voilà. il ne lui reste plus qu'à s'atteler à sa nouvelle tâche. A ses deux tâches, l'une plus lourde que l'autre : la trésorerie confédérale et la propagande féminine."

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