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31/10/2009

Toni Morrison : L'oeil le plus bleu

Christian Bougois Editeur, 1994.

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Premier roman de Toni Morrison, publié en 1970 aux Etats-Unis, L'oeil le plus bleu ( The bluest eye), contient déjà tous les thèmes chers à l'auteur ; le monde noir, la servitude des femmes, l'enfance, etc...

L'histoire est terrible : À Lorain, dans l'Ohio des années 40, Claudia et Frieda, deux fillettes noires, grandissent côte à côte. La première déteste les poupées blondes, modèles imposés de perfection qui lui rappellent combien sa haine est légitime.

L'autre idolâtre Shirley Temple . Mais face à la dure réalité d'une Amérique Blanche, le rêve de beauté d'une petite fille est un leurre qui ne cède le pas qu'au fantasme et à la folie.

Et il y a Pecola, petite fille noire, pas très belle, qui prie toutes les nuits pour avoir des yeux bleus. Elle a onze ans et passe inaperçue. Personne ne la remarque. Selon elle, avec des yeux bleus tout serait différent... Ses parents arrêteraient de se battre, son père ne boirait plus, son frère ne ferait plus de fugues.

Mais quand quelqu'un la regarda vraiment, se fut son père, ivre. Elle faisait la vaisselle et il la viola sur le sol de la cuisine, partagé entre haine et tendresse....

L'auteur

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Fille de fermiers qui émigrèrent de Géorgie et de l'Alabama pour vivre dans l'Ohio, Toni Morrison, de son vrai nom Chloe Anthony Wofford,est née dans une ville sédérurgique de cet état, Lorain.
Editrice chez Random House, elle publie son premier roman en 1970, à l'âge de 39 ans : L'oeil le plus bleu. Elle poursuit son oeuvre romanesque avec La Chanson de Salomon, Tar baby, Sula et Beloved qui reçoit le prix Pulitzer en 1988. Toni Morrison, qui enseigne la littérature à l'université de Princeton, publiera ensuite Playing in the Dark, un essai, et un autre roman Jazz. Elle recevra le Prix Nobel de Littérature en 1993.
Extrait
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"Un samedi après-midi, dans la pauvre lumière du printemps, il est rentré chez lui en titubant et il a vu sa fille dans la cuisine.
Elle faisait la vaisselle. Son dos étroit était penché sur l'évier. Cholly l'a aperçue indistinctement et il était incapable de dire ce qu'il voyait ou ce qu'il sentait. Puis il a eu conscience de son malaise; et ensuite cela s'est dissous en plaisir. Ses émotions se sont enchaînées en passant de la répulsion à la culpabilité, à la pitié puis à l'amour. Sa répulsion a été une réaction devant sa jeunesse, sa faiblesse, son impuissance. Son dos était voûté d'un côté; sa tête penchait de l'autre comme si elle protégeait d'une gifle permanente. Pourquoi avait-elle cet air de chien battu ? C'était une enfant sans problèmes - pourquoi est-ce qu'elle n'était pas heureuse ? L'affirmation claire de ses souffrances était une accusation. Il voulait lui briser le cou - mais tendrement. Le remors et l'impuissance sont montés en lui comme une bile. Que pourrait-il jamais faire pour elle ? Que lui donner ? Que lui dire ? Que peut dire un Noir liquidé au dos voûté de sa fille de onze ans ? S'il regardait son visage il verrait ses yeux hagards et pleins d'amour. Le côté hagard l'irriterait - l'amour le mettrait en fureur. Comment osait-elle l'aimer ?"
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La pensée du jour

 


 "Le budget devrait être équilibré, les finances publiques devraient être comblées, la dette publique devrait être réduite, l'arrogance de l'administration devrait être abolie et contrôlée, et l'aide aux pays étrangers devrait être diminuée de peur que Rome ne tombe en faillite.
 Les gens doivent encore apprendre à travailler, au lieu de vivre sur l'aide publique. " -

 Cicéron - 55 AVANT JESUS CHRIST

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Et certains osent nous dire que leurs idées sont modernes !!!! Elles sont vieilles comme le monde ....

30/10/2009

P'tit Louis

Lorsqu'on sait que le petit Louis (dernier de Sarkozy) est scolarisé depuis septembre à Dubaï, l'article s'éclaire d'un jour nouveau ! 
C'est intéressant.

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Pendant que le gouvernement ratiboise les effectifs des profs, Sarkozy veut imposer une réforme géniale. Il a décidé d'offrir aux expatriés la gratuité des écoles et lycées français de l'étranger. Un cadeau sympa, non ? Sauf qu'il va surtout profiter aux plus aisés, et que l'addition, pour l'Etat, s'annonce carabinée. Ces écoles, très cotées étaient jusqu'à présent payantes. Certains lycées sont des établissements publics, d'autres, privés sous contrat. En tout 160 000 élèves y sont scolarisés, dont 80 000 français. Sous la tutelle du Quai d'Orsay, chaque établissement fixe assez librement ses tarifs et ça atteint des sommets: 5 500 euros l'année à Tokyo, 6 500 à Londres, 15 000 à New York  et 17 000 euros -le record- à San Francisco.

Au diable l'avarice !

Pour les expatriés modestes, un système de bourses plutôt généreux est déjà en place. A N ew York, par exemple, il faut gagner moins de 65 000 euros par an - pas vraiment le smic - pour décrocher 4 500 euros d'aide. Environ un quart des élèves français bénéficient d'une bourse. Mais pour Sarko, ce n'était pas assez....... Depuis l'an dernier et à la demande expresse de l'Elysée, l'Etat prend en charge l'intégralité des frais de scolarité des élèves français de terminale..... quels que soient les revenus des parents. Plus besoin de bourse ! A la rentrée de septembre, ce sera le tour des premières, puis des secondes l'an prochain, et ainsi de suite.
J'aurais pu commencer la gratuité par la maternelle, a expliqué Sarko, le 20 juin dernier, devant la communauté française d'Athènes, mais j'ai voulu commencer par l'année la plus chère pour que vous puissiez constater la générosité des pouvoirs publics français."

 

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Encore merci !

Mais générosité pour qui ? A Londres, l'une des familles concernées par ce généreux cadeau déclare plus de 2 millions d'euros de revenus annuels. Et deux autres gagnent plus d'un million. Jusqu'alors, une partie du financement était assurée par des grandes entreprises françaises désireuses d'attirer leurs cadres vers l'étranger. Ces boites, comme Darty ou Auchan, rentrent déjà leur chéquier : pourquoi payer les frais de leurs expat' si l'Etat régale ? Un coût qui fait boum!!!.  Au Quai d'Orsay, l'Agence Française de l'Enseignement à l'Etranger a simulé le coût de cette plaisanterie mais s'est bien gardé d'en publier le résultat. Lequel est tout de même tombé dans les palmes du "Canard". D'ici dix ans, appliquée du lycée jusqu'au CP (sans parler de la maternelle), la gratuité coûterait à l'Etat la bagatelle de 713 millions d'euros par an !!!

Intenable !

La vraie priorité, c'est l'ouverture de nouveaux établissements, pas la gratuité. Mais pourquoi Nicolas Sarkozy s'est lancé la dedans ? Peut-être parce qu'il se sent personnellement concerné par la question : après avoir été annoncé à New York puis à Londres, petit Louis est finalement inscrit au lycée français de Doha....... Et il va falloir payer !!!!!  Auditionné par le Sénat à la fin juin, Bernard Kouchner n'a pas nié ces menus "inconvénients". Son cabinet songe d'ailleurs à couper la poire en deux : une gratuité partielle... mais toujours sans conditions de revenus. Sauf que, pour le moment, Sarko n'en veut pas. "Je tiens beaucoup à la gratuité", s'entête-t-il à chaque déclaration à l'étranger.. Sans prendre le temps de préciser comment sera financée cette très généreuse gratuité ! 

Tout va bien. Surtout pour certains.

Il n'y a plus d'argent ???

 

24/10/2009

Secteur optionnel : halte à l'hypocrisie !

Communiqué de presse du 20 octobre 2009 du Syndicat de la Médecine Générale

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Au moment où le gouvernement mène campagne contre les soi-disant abus d'arrêts de travail, il légalise les abus de dépassements d'honoraires en les généralisant !

Un protocole d´accord sur la création d'un nouveau secteur conventionnel appelé « secteur optionnel » est intervenu le 15 octobre 2009 entre l'Assurance maladie, les organismes complémentaires et deux syndicats de médecins (CSMF, SML) (1).

Le SMG dénonce cet accord et l'habillage mensonger qui l'enveloppe.

Ce protocole d´accord concerne actuellement les chirurgiens, les anesthésistes-réanimateurs et les gynécologues-obstétriciens : ceux d´entre eux qui exercent encore en secteur 1 à tarifs opposables et qui possèdent un titre hospitalier (2) vont pouvoir choisir ce secteur et faire des dépassements d'honoraires «maîtrisés », c'est-à-dire dépasser de 50 % le tarif opposable pour 70 % de leurs actes. La conséquence immédiate en sera l´augmentation du nombre de praticiens effectuant des dépassements d´honoraires. Les praticiens qui exercent en secteur 2 pourront continuer leurs dépassements « sauvages » ou les « maîtriser ». En échange, l'ensemble des praticiens en « secteur optionnel » bénéficieront d´une prise en charge par l'Assurance maladie de leurs cotisations sociales, assise sur la partie opposable de leurs actes, donc du même niveau que ceux qui ne font pas de dépassements d´honoraires.

Au bout de trois ans, l´accord prévoit que la pérennisation et l´extension de ce secteur pourra se faire à d´autres spécialités si l´ensemble de l´offre à tarifs opposables et « maîtrisée » est « suffisante » : comme si pour le patient, c´était équivalent d´être remboursé par l´Assurance maladie 70 euros pour le même acte tarifé 100 euros (secteur opposable) et 150 euros (secteur « maîtrisé »), le taux de remboursement passant de 70 % à 46 % !!!

A terme, le risque est grand de voir ce « secteur optionnel » ouvert à l'ensemble des médecins de secteur 1.

Sous prétexte « d'encadrer » donc de moraliser la pratique des dépassements d'honoraires, cet accord l'étend et créé un amalgame entre tarif opposable et tarif « maîtrisé », il est donc immoral.

Cet accord fait croire à une prise en charge des dépassements par les assurances complémentaires, mais en réalité, il pénalise financièrement les patients : le dépassement d'honoraire sera entièrement à la charge de ceux qui n´ont pas de complémentaire (3). Pour les autres, le tarif des complémentaires va augmenter.

Cet accord est un grand pas supplémentaire vers le désengagement de la prise en charge des soins par l´Assurance maladie obligatoire alors que l'accès aux soins s'aggrave dans notre pays (3).

D´autres réponses à la question de la rémunération des médecins, impliquant un débat sur les conditions de la qualité des pratiques professionnelles, sont nécessaires.

Tout accord sur les revenus des professions soignantes se faisant au détriment de la prise en charge socialisée du soin est injuste, car il fait basculer les plus pauvres et les plus malades dans le renoncement aux soins et l'aggravation de leurs pathologies. Est-ce cela que les Français veulent ?


(1) Pour être applicable cet accord doit être intégré dans la future convention médicale .Voir sur le site du SMG : texte du protocole d´accord et analyses
http://www.smg-pratiques.info/-secteur-optionnel-.html

(2) Ce qui est souvent le cas : anciens chefs de clinique par exemple.

(3) En 2006 plus de 7 % des français n´avaient aucune couverture complémentaire, taux variant de 14 % à 3 % selon le revenu des ménages ; 14 % des patients avaient renoncé à se soigner sur les douze derniers mois pour des raisons financières, score monté à 32 % pour les personnes sans couverture complémentaire. Enquête Santé protection sociale de l´IRDES,2006.

 

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OAI STAR

Extrait de l'Album "Manifesta" des Oai Star (Prononcer Oiye, comme "Mettre le Oai" = Mettre le Bordel, le Bazar, faire la fête quoi ! )... On l'écoute et ça ne vous quitte plus !

Slava Liszek : "Marie Guillot, de l'émancipation des femmes à celle du syndicalisme"

Cet ouvrage, a été publié par les Editions L'Harmattan, dans la collection "Chemins de la Mémoire", en 1994.

 

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En 1906, une modeste institutrice de Saône-et-Loire, Marie Guillot, met en place une association de lutte pour le droit de vote des femmes. La même année, elle s'abonne à L'École émancipée, la revue de la Fédération nationale des syndicats d'instituteurs (FNSI), qui est en train d'adhérer à la CGT. En cette époque de bourrage de crâne nationaliste dans les écoles, les institutrices et instituteurs dissidents ne sont pas légion, et la FNSI est une oasis syndicaliste révolutionnaire dans un désert de conformisme. Aussi Marie Guillot met-elle cinq ans avant de réussir, en 1911, à fonder une section syndicale dans le département. Elle anime bientôt une rubrique régulière dans L'École émancipée, la " tribune féministe ", où elle défend avec patience, méthode et pédagogie les revendications du mouvement féministe : le droit de vote des femmes, la réforme du code civil, le droit au travail, l'éducation mixte, le partage des tâches domestiques, l'éducation sexuelle... Elle prend aussi la défense des associations féministes que la CGT regarde avec circonspection car elles sont généralement dirigées par des femmes bourgeoises. Elle veut montrer que, si les bourgeoises s'organisent, les ouvrières doivent le faire aussi parce que l'émancipation des femmes a une portée révolutionnaire.

L'ouvrage retrace le parcours de Marie Guillot, première femme à accéder aux fonctions de secrétaire confédérale d'une grande organisation syndicale, la CGTU, en 1922. Insttutrice, elle avait alors 41 ans.

Cette figure du mouvement ouvrier et féministe est bien oubliée aujourd'hui. Pourtant, "la grande Marie", comme on la surnomait fut une militante de premier plan qui amena la CGT à prendre en considération dès avant 1914, le droit des femmes au travail et à l'organisation syndicale. Pionnière du syndicalisme enseignant, pédagogue d'avant-garde, pacifiste, elle fut, au lendemain de la Première Guerre mondiale, une des chefs de file de la minorité révolutionnaire au sein de la CGT.

Dirigeante de la CGTU, elle se heurta aux nouvelles pratiques militantes et aux orientations introduite à partir de 1923 dans la CGTU, alors sobordonnée au Parti communiste naissant. Elle tenta en vain de s'y opposer. Vaincue par l'épuisement d'une vie militante à une époque où cela représentait bien des sacrifices, victime d'une maladie lui faisant perdre la raison, elle mourut en février 1934, à l'aube de la réunification syndicale.

 

L'auteur.

Slava Liszek, journaliste, déplomée de Lettres, est spécialisée dans les questions sociales et syndicales. Elle fut une collaboratrice du mensuel de la CGT, en direction des femmes, "Antoinette". Auteur de nombreuses enquêtes sur le travail des femmes, elle a également publié plusieurs chroniques historiques regroupées dans l'ouvrage "Femmes, égalité de 1789 à nos jours", aux Editions Messidor, en 1989.

 

Extrait

" Quelques minutes de suspension de séance ... et la CE trouve la solution. Le quatrième secrétaire confédéral sera la camarade Marie Guillot.

"J"accepte, puisqu'il faut accepter", a simplement déclaré Marie. Modestie convenue ? Peut-être pas. Son élection est certes une vistoire. Pour la cause des femmes. Et pour elle-même. Il n'empêche qu'elle signifie surtour de lourdes responsabilités, dans un contexte difficile.

Sans parler du déracinement.

La voila à nouveau obligée de quitter, pour ce Paris qu'elle déteste, ses belles collines de Saône-et-Loire. Et de quitter aussi la chaleureuse ambiance d'un bureau fédéral où régnaient l'harmonie et la ferveur militante.

La congrès de la Fédération qui se tient du 17 au 19 août est comme un témoignage de l'oeuvre accomplie par Marie en un an. Malgré la répression, quarante-sept groupements sont toujours debout. L'action du bureau est approuvée par la plupart d'entre eux. Et si quelques uns la contestent, ils le font calmement, sans animosité, sans violence. Même la presse est impressionnée par "la tenue, la dignité, l'attention sérieuse et passionnée de l'assemblée".

(...)

Au milieu de l'assistance, vue par un tout jeune délégué, voici la secrétaire fédérale : "Marie Guillot, calme, tenace, inébranlable au gouvernail, tel un impassible loup de mer qui a fait ses preuves".

Ses preuves, elle les a faites. c'est une organisation en bon état matériel et moral qu'elle transmet à son successeur. Ou, plus exactement , à son secrétaire adjoint, car ele reste secrétaire fédérale en titre.

Et voilà. il ne lui reste plus qu'à s'atteler à sa nouvelle tâche. A ses deux tâches, l'une plus lourde que l'autre : la trésorerie confédérale et la propagande féminine."

 
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