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18/04/2010

"LA REVOLTE DES PENDUS" de B. Traven

Editions La Découverte Poche - 2010

 

Dans les années 20 du XXeme siècle, les Indiens Tsotsil du Chiapas se révoltent contre leurs oppresseurs espagnols, les Ladinos. Les indiens , main d'oeuvre servile utilisée pour l'exploitation de la forêt au seul profit des maîtres espagnols tout-puissants, endurent les pires conditions de vie et de travail, pendus par les quatre membres lorsqu'ils ne produisent pas assez, seule la mort est au bout de leur exploitation.

Conduits par une minorité lasse de tout endurer, ils vont se révolter, renverser les oppresseurs et partir à la conquête du pouvoir à travers la forêt, les marécages et sous les trombes de pluie. Mais tout est suportable dans l'espoir de vivre libre.

Ce roman, publié en 1936, vrai chef d'oeuvre de la littérature engagée, sans concession, est une ode à la liberté.

 

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L'auteur : B. Traven.

 

B. Traven est un écrivain de langue allemande, surtout connu pour son roman Le Trésor de la Sierra Madre (Der Schatz der Sierra Madre).

Ce livre a été porté à l'écran par John Huston, dans un film du même nom, avec comme acteur principal Humphrey Bogart. On sait que B. Traven aurait participé au tournage de ce film sous le nom de Hal Crove, représentant artistique de Traven.

Parmi ses différents pseudonymes, on relève : Traven Torsvan, Berick Torsvan, Richard Feige, Kraus Linger, Otto Wienecke, Hugo Kronthal... Mais Traven a toujours souhaité brouiller les pistes de son parcours souvent par nécessité (il a longtemps été recherché), par malice (le désir amusé de brouiller les pistes) et surtout par conviction (car pour lui seule l'œuvre compte).

 En fait, celui qui signait B.Traven, est l'acteur Ret Marut. Lorsque la guerre éclate, il n'est pas enrôlé, mais devient journaliste et écrivain. Secondé par Irene Mermet, son amie et collaboratrice, Marut va publier des nouvelles pacifistes et surtout, à partir de 1917 diriger, malgré la  censure, une revue anarchiste, Le Fondeur de Brique (Der Ziegelbrenner) vendu sur abonnement. Le 7 novembre 1917 se crée la République des Conseils de Bavière, à laquelle Marut va participer activement avec Irene. Responsable de la Presse, il est arrêté le 2 mai 1919, mais réussit à s'évader, puis en compagnie d'Irene, il va errer pendant trois ans et demi à travers l'Europe, sous divers pseudonymes. Finalement,  il réussit en avril 1923 à embarquer sur un cargo pour Tampico, port mexicain.

Il arrive au Méxique peu après la mort du dictatuer Porfirio Diaz, en pleine révolution mexicaine.

Sa découverte du Mexique et de l'exploitation des indiens va devenir le moteur premier de ses écrits et de sa vie pendant ces dix annnées prolifiques. Ses ouvrages seront écrits en allemand et publiés par le journal socio démocrate Vorwarth en feuilletons. Inauguré par Les Cueilleurs de Cotton, suivront Le Vaisseau des Morts et Le Trésor de la Sierra Madre. Parallèlement, Traven participe à des expéditions archéologiques et ethnologiques au Chiapas comme photographe, sous le nom de Torsvan, tout en suivant des cours de civilisation et d'histoire indianiste à l'Université de Mexico.

A partir de 1928, il entame le cycle dit de la Jungle, avec des nouvelles et récits comme L'arbuste et Le pays de printemps (illustrés de ses photos) et des romans comme Un Pont dans la Jungle et Rosa Blanca. À partir de 1931, il obtient un permis de séjour et part s'installer près d'Acapulco,  à Parque Cachu. Puis, c'est le cycle de la caboa (caoutchouc), le plus prolifique avec notamment La Charette, Gouvernement, Le général de la Jungle et La révolte des Pendus.

Son dernier livre Le Général de la Jungle ne fut publié qu'en 1939 en Suède. Mais il avait pratiquement cessé d'écrire. En 1951, il s'installe à Mexico. Désormais, il se consacre à la diffusion de ses livres et aux adaptations de ses films (9 de son vivant). Lors de l'épisode du Trésor de la Sierra Madre, le journaliste Louis Spota révèle que Torsvan n'est autre que le célèbre écrivain B Traven. Commence alors la chasse au Traven dont il s'amusera à déjouer tous les pièges avec habileté et amusement, jusqu'à sa mort le 16 mars 1969. Ces cendres furent transportées au Chiapas et dispersées au-dessus du Rio Jataté.

 

 

Extrait

La nouvelle équipe arriva au campo Sur en pleine nuit. Les hommes étaient littéralement rompus par leur longue et pénible marche à travers la brousse. Ils avaient pataugé pendant des heures dans les marécages épais et gluants. Ils se laissèrent tomber à terre en même temps que leurs bagages. Ce n'est qu'au bout d'une demi-heure qu'ils se décidèrent à se mettre en quête de nourriture, mais le cuisinier leur dit qu'il n'avait rien pour eux, et qu'à moins d'avoir apporté leurs vivres, ils seraient obligés d'attendre jusqu'au lendemain avant de pouvoir manger. Il ajouta qu'il était d'ailleurs lui-même fatigué, qu'il n'avait pas la moindre envie de travailler à cette heure et réclama la cuisinière qu'on lui avait promise en renfort. Le catapaz La Tumba qui avait amené la colonne répondit que la cuisinière serait mise à sa disposition le lendemain, mais que, pour l'instant, elle était avec son frère.

Les arrivants se virent donc forcés d'allumer un feu et de faire réchauffer le peu de haricots qui leur restaient.

Quelques bûcherons qui travaillaient depuis un certain temps dans le camp at qui se tenaient aux alentours de la cuisine s'approchèrent pour voir les nouveaux venus, avec l'espoir de retrouver des figures de connaissance. Ils s'assirent auprès du feu, allumèrent leurs cigarettes et regardèrent les autres préparer leur frugal repas.

- Ce n'est pas avec cela que vous engraisserez, dit l'un des muchachos.

- Nous n'avons rien d'autre, et l'on ne mange que ce que l'on a, fut la réponse.

- Est-ce que don Felix est venu avec vous ?

- Non, il est resté au grand camp, pour vérifier le matériel et préparer les approvisionnements.

- L'un de vous a-t-il jamais été dans une monteria ? demanda un autre.

- Pas moi, répondit un des Indiens d'une voix épuisée de fatigue. Je crois d'ailleurs qu'aucun de notre colonne n'a fait encore connaissance avec une moteria.

Santiago, un des boyeros, s'exclaffa :

- Fait connaissance ! Tu en as de bonnes ! Jeunot, va ! Ici tu feras surtout connaissance avec l'enfer et tous ses diables !

18:09 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : b. traven, roman, mexique, chiapas, indiens | |  Facebook | |

Commentaires

Tu nous invites à lire de très beaux livres... Je reviendrai noter. Bises de miche

Écrit par : miche | 18/06/2010

Les commentaires sont fermés.

 
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