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03/08/2010

Patrimoine mondial de l'UNESCO : les fortifications de Vauban.

L'UNESCO vient de classer l'Ile de la Réunion et la cité épiscopale d'Albi au patrimoine mondial. Ces deux sites rejoignent ainsi les 33 autres sites français ayant obtenu ce classement auparavant.

Mais les connaissons-nous vraiment ?

Un petit tour de France du patrimoine, ça vous tente ?

1. Les fortifications Vauban.

Je commence par elles car, dans les Hautes Alpes, ce classement concerne deux sites : la Ville Haute de Briançon et ses forts ainsi que la place forte de Montdauphin. Mais les 12 fortifications Vauban inscrites au Patrimoine Mondial sont implantées sur tout le pourtour du pays, comme on le constate à jetant un oeil sur la carte...

Qui était Vauban ?

Sébastien Le Prestre de Vauban est né le 4 mai 1633 dans le Morvan, à Saint-Léger-de-Foucherets. Agé de dix-huit ans, il est cadet au régiment de Condé. C'est l'époque de la Fronde des Princes animée par Louis de Bourbon dit le Grand Condé,  en rébellion contre la reine régente Anne d'Autriche et son premier ministre, le cardinal Mazarin.

Vauban se rallie à Mazarin et au jeune roi Louis XIV après l'arrestation de Condé en 1650. Il peut diriger son premier siège de ville en Argonne puis il obtient d'être nommé, grâce aux études qu'il mène, ingénieur du roi en 1655.

Joignant théorie et pratique, il s'attèle aux problèmes de défense sur les pas des ingénieurs des fortifications d'Henri IV, les Errard, Chastillon, de Beins, de Bonnefons. Il améliore, invente, met en place ; écrit aussi son traité sur l'attaques des forteresses en 1705.

Nommé lieutenant-général en 1688, il reçoit la dignité de maréchal de France le 14 janvier 1703. Sa carrière tout entière est consacrée au roi et au royaume : il construit ou réaménage plus de 300 forteresses, dirige plus de 50 sièges ; ses prises de places sont célèbres : Tournai, Douai, Lille, Maastricht, Mons, Besançon, Namur, Luxembourg, etc.

Dès 1673, il fortifia le royaume qu'il nomma " le pré carré " en Flandres et dans le Nord, en Ardennes, Alsace, Rhénanie, en Franche-Comté, Alpes, Bretagne, Roussillon, sans omettre la façade maritime. Il créée des places-fortes avec des échelonnements de défense à Lille, Besançon, Belfort, etc.
Vauban à Cambrai
Vauban à Cambrai Photo SHAT
Il fut bâtisseur, urbaniste ainsi qu'ingénieur de l'armement, stratège et tacticien, gestionnaire et économiste, comme ingénieur civil. Il écrit et fait publier son Projet de dîme royale, en 1707, préconisant l'impôt unique. Il a écrit aussi un mémoire en 1689 où il désapprouve la révocation de l'Edit de Nantes, au nom de la liberté de conscience.

Epuisé par sa vie de labeurs immenses, il décède le 30 mars 1707 à Paris.

Son corps repose en l'église de Bazoches ( Nièvre ), près de son château acquis en 1675, tandis que son coeur se trouve déposé en l'église du Dôme, aux Invalides, à Paris, par décision de l'Empereur Napoléon, depuis le 28 mai 1808.

Arras

Passée définitivement sous l’autorité du roi de France en 1659, la ville d’Arras est intégrée par Vauban dans son « pré carré », une double ligne de villes fortifiées destinées à protéger la frontière nord-est du royaume. L’une des premières réalisations de Vauban, la citadelle d’Arras est construite en deux ans (1668-1670), et implantée à la convergence de deux ruisseaux permettant l’inondation des environs en cas d’attaque. Pentagone entourant une cour rectangulaire, elle est le plus bel exemple d’une citadelle de plaine selon le premier système de Vauban. Ses bâtiments, inscrits dans un plan orthogonal, témoignent de la rencontre entre l’architecture classique du Grand Siècle et le jeu de la décoration brique et pierre de tradition locale. Rapidement, la position peu stratégique de la citadelle, car située trop en retrait de la frontière, lui valut le surnom de « Belle inutile 

Longwy

Sitôt devenue française par le Traité de Nimègue en 1679, Louis XIV décide la destruction de l’ancien Longwy-Haut médiéval et la construction d’une « ville neuve », afin de constituer un maillon défensif important sur la frontière nord-est. Tout le talent de Vauban consiste alors à adapter le tracé de cette place forte aux contraintes d’un terrain en pente, posé au bord d’un escarpement, dominant la vallée de la Chiers et la ville basse.
La forteresse est construite selon un plan hexagonal, enveloppe de 6 bastions, et équipée de toutes les commodités d’une place de guerre (église, arsenal, puits, casernes). Au-delà de ces caractéristiques militaires, elle traduit également la conception qu’avait Vauban de la ville idéale.
Une porte monumentale ainsi que 4 bastions ont été conservés, deux d’entre eux renferment des magasins en forme de croix, exceptionnels chez l’ingénieur, et les deux autres des poudrières modifiées. Au centre de la ville, la place d’armes carrée, avec son grand puits public, est entourée des services dont subsistent l’hôtel de ville et l’Eglise Saint Dagobert.

Neuf Brisach

 

 

Après la perte de Brisach au-delà du Rhin en 1697, la construction d’une nouvelle place forte dans la plaine d’Alsace s’impose. Vauban est dépêché sur place afin de soumettre au roi différents projets, lequel choisira le plus onéreux et le plus complet. La construction commence dès 1699 et nécessite le creusement d’un canal jusqu’aux Vosges afin d’acheminer le grès rose nécessaire. A partir de 1703 et la reprise de Brisach, les travaux s’enlisent, la nouvelle place forte ayant perdu de son importance stratégique.
Neuf-Brisach offre à voir le seul exemple du troisième système à la Vauban et son projet urbain le plus abouti. A partir d’un plan urbanistique octogonal des principes simples régissent l’organisation interne : offrir des circulations pratiques pour que lieux de commandement, lieux de combat et lieux d’activité civile s’intègrent harmonieusement sans se gêner.
Autour d’une place d’armes regroupant tous les bâtiments du pouvoir, l’espace de la ville est partagé en 48 îlots, dont 34 étaient réservés aux 4000 habitants. Les casernes sont placées contre les remparts, afin d’optimiser la protection des civils.

Étoile parfaite posée dans la plaine d’Alsace, Neuf-Brisach fait figure de synthèse de toute l’œuvre fortifiée de Vauban.

Besançon

 

 

Besançon possède une position stratégique exceptionnelle, déjà remarquée par Jules César : une rivière, le Doubs, enserre la cité dans une boucle fermée par une colline.
Vauban trouve ainsi une ville fortifiée depuis l’Antiquité. Dans un souci permanent d’adaptation au terrain, il perfectionne certains édifices et en conçoit de nouveaux remodelant ainsi entièrement Besançon.
Sur l’éperon rocheux qu’il fait rehausser, afin de le protéger des collines de Chaudanne et Brégille, Vauban construit la citadelle, entourée d’énormes murailles. Il conçoit l’enceinte de Battant, avec bastions, courtines et demi-lunes dominés par le fort Griffon, seconde citadelle faisant face à la première. Vauban optimise la défense du cœur de Besançon en inventant un nouveau modèle de tours à canons : la tour bastionnée. Il en construit 6, bien ancrées dans la rivière et faisant face aux collines qui dominent la ville.
Les fortifications bisontines sont achevées en 1693, après presque 20 ans de travaux. Elles avaient coûté si cher au trésor royal que Louis XIV aurait demandé si la citadelle n’avait pas été construite en or.

Briançon

Occupant une position stratégique à l’intersection de 5 vallées, la ville haute de Briançon, juchée sur un piton rocheux à 1326 mètres d’altitude, s’impose comme un site unique.
Le projet de Vauban pour ce site est d’enserrer la ville dans un échelonnement vertical de remparts et de la couronner de forts, la rendant ainsi imprenable. Partant du principe que l’assaillant sera obligatoirement chrétien, Vauban place sa majestueuse collégiale sur le bastion le plus exposé, assuré ainsi que son ennemi n’osera la bombarder.

De 1713 à 1734, les prescriptions laissées par le célèbre ingénieur sont appliquées à la lettre : l’enceinte de la ville se déploie sur près de 3 kilomètres, et ses hauteurs se couvrent de forts, et d’ouvrages de protection (fort du Randouillet, fort des Trois-Têtes, fort Dauphin, redoute des Salettes). La circulation des hommes est également pensée, avec la construction du pont d’Asfeld et de la communication Y.

Ce site majestueux et imposant permet de comprendre une part du génie d’adaptation dont à fait preuve Vauban, rompant ainsi totalement avec tout système de fortification jamais réalisé.

Montdauphin

A partir de 1693, afin de prévenir toute invasion venue d’Italie, Vauban décide de faire construire ex-nihilo une extraordinaire place forte sur un plateau dénudé à 1050 mètres, dominant le confluent du Guil et de la Durance. Mont-Dauphin, alors conçue comme une ville de garnison moderne, était destinée à accueillir 2000 soldats et autant d’habitants. Ensemble remarquable et entièrement préservé, Mont-Dauphin constitue l’archétype de la place forte de montagne, avec son arsenal, ses deux magasins à poudre, ses casernes au rempart et son église, restée inachevée.

Villefranche de Conflent

Dominée de toutes parts au creux de la vallée encaissée de la Têt, la « petite vilotte », dont les murailles médiévales s’étirent le long du torrent, est transformée par Vauban en 1679.
L’ensemble du site, revu par l’ingénieur pour en assurer une meilleure défense, est constitué de 3 entités se couvrant réciproquement.
L’enceinte urbaine avec ses tours médiévales est renforcée sur les points faibles et entièrement couronnée d’une toiture de lauzes épaisses pour se protéger des tirs ennemis. Le front d’aval est renforcé par une grotte casematée, la Cova Bastera, reliée au village par un escalier souterrain. Enfin, en 1681, sur le seul point haut que l’attaquant pouvait occuper avec des canons, Vauban construit un fort, le fort Libéria, conçu pour abriter une garnison de 96 soldats.
A la fois par la qualité des matériaux utilisés et par l’adaptation au bâti existant et à la géographie du site, la cité de Villefranche-de-Conflent constitue un véritable chef-d’œuvre de la fortification

Mont Louis

Située dans les Pyrénées orientales, la place forte de Mont-Louis est édifiée ex-nihilo à partir de 1679 par Vauban. Cet ensemble fortifié venait ainsi en complément de Villefranche-de-Conflent, afin de verrouiller le passage des Pyrénées.
Construite en deux ans, à plus de 1600 mètres d’altitude sur un terrain granitique, la place forte s’adapte parfaitement à la géographie du site. Cet ensemble est formé de deux entités carrées, étagées dans la pente : une citadelle à bastions à orillon et demi-lunes et une ville neuve enveloppée dans une enceinte.
Cas rare, l’ensemble des échauguettes, toutes les portes à pont-levis, les deux églises et les deux puits ont été conservés intacts depuis le XVIIe siècle

Blaye - Cussac /Fort Medoc

Gironde, Médoc

Formidable triptyque barrant la Gironde, le verrou de l’estuaire est mis en place par Vauban et son ingénieur Ferry entre 1685 et 1692.
A Blaye, Vauban trace le plan d’une nouvelle enceinte à quatre bastions, trois demi-lunes et deux portes. Il transforme ainsi l’enceinte médiévale en réutilisant systématiquement les ouvrages préexistants sans que cela soit visible. De l’autre côté de la rive, l’ingénieur fait construire ex nihilo un fort carré, le Fort Médoc, sur un terrain marécageux l’obligeant à ne dresser que des défenses de terre palissadée.
Enfin pour verrouiller complètement l’estuaire, Vauban érige le fort Paté sur un banc de sable non stabilisé au milieu du fleuve, prototype du fort à la mer compact. Véritable prouesse technique cette tour à canon ovale permettait de croiser ses feux avec les deux rives, situées chacune à 1600 mètres de l’île.

Saint Martin de Ré

 A partir de 1681, Vauban projette de construire un réduit central à Saint-Martin, capable de servir d’abri à toute la population de l’île en cas de débarquement ennemi sur un autre point.
L’enceinte urbaine, unique par ses dimensions, un demi-cercle d’1,5 kilomètres de rayon et de 14 kilomètres de rempart, est réalisée d’un seul jet sans contraintes géographiques liées au site.
La citadelle, carré parfait, n’est accessible que par une seule porte d’entrée monumentale, ouvrant sur un petit port retranché. Des bâtiments intérieurs, prévus pour 1200 hommes, subsiste une caserne, la chapelle, l’unique arsenal, les souterrains des bastions et le pavillon d’officier.
Conservée intacte dans son écrin de glacis non urbanisé, Saint-Martin-de-Ré est la plus belle application conservée du premier système de Vauban et sûrement le plus bel exemple d’un réduit insulaire.

Camaret sur Mer

Située à l’extrémité d’un sillon sableux, aujourd’hui au cœur du Parc marin d’Iroise et du Parc naturel régional d’Armorique, la tour de Camaret a été construite de 1693 à 1696 afin d’empêcher l’attaquant de prendre à revers le port de Brest et sa flotte.
Celle-ci n’était pas encore achevée lorsqu’elle subit en 1694 son baptême du feu, dont elle porte encore les traces, en présence même de Vauban qui repoussa victorieusement l’ennemi.
Modèle du fort à la mer, la tour dorée doit son nom à la couleur de son enduit fait de brique pilée.
L’ensemble est constitué d’une tour hexagonale équipée de meurtrières, imbriquées dans une batterie basse semi-circulaire que cerne un fossé maçonné dans lequel l’eau pénètre par infiltration à marée haute.

Saint Vaast la Hougue

 Lors de chacune de ses visites, Vauban définit la rade de Saint-Vaast comme « la meilleure et la plus seure du royaume », protégée naturellement par l’Ile Tatihou. Cependant, position avancée face à l’Angleterre, la côte du Cotentin demeure vulnérable. La nécessité de sa protection se révèle cruciale après la bataille de la Hougue en juin 1692 qui voit la défaite des vaisseaux de Louis XIV face à la flotte anglo-hollandaise.
Ainsi, en 1694, Vauban réclame en urgence la construction de deux tours qui protégeront, en croisant leurs feux, le mouillage des bateaux.
Les travaux sont menés sous les ordres de l’ingénieur de Combes. Ces tours tronconiques, de 20 mètres de haut se caractérisent par leurs multiples fonctions : l’observation, le tir à la mer et la communication par signaux et sont un bel exemple du génie militaire de Vauban.
Prévues pour 40 à 80 hommes, avec citernes et magasins, elles sont conçues de façon autonome, de manière à supporter un siège.

 

Pour en savoir plus sur les fortifications Vauban classées au Patrimoine Mondial de l'UNESCO : http://www.sites-vauban.org

 En préparant cette note, je suis tombé sur le Blog d'un internaute catalan, Enric Balaguer, qui conteste ce classement de sites militaires au patrimoine de l'UNESCO, jugeant que cela est contraire aux valeurs défendues par cet organisme. Ces arguments me paraissent recevables. En voici le résumé :

"Les fortifications de Vauban en territoire catalan ont été durant l’occupation française après l’annexion à la France des comtés du Roussillon et de Cerdagne l’outil de contrôle de soumission et d’une répression sanglante : villages entiers brulés et détruits, opposants exécutés et écartelés dont on exposa les tètes tranchées dans les rues de Villefranche de Conflent… Les forteresses de Vauban ont été construites bel et bien pour soumettre les populations au nouveau pouvoir.

Bien sûr l’œuvre de Vauban mérite d’être inscrite,  protégée et valorisée mais à mon sens pas dans le cadre de l’UNESCO.

Voici ci-dessous extrait du site de l’UNESCO les missions de cet organisme international, vous conviendrez  je l’espère qu’il y a une certaine incohérence, les forteresses de Vauban n’ont en rien contribué à « promouvoir la diversité culturelle, le dialogue interculturel et une culture de la paix »  bien au contraire. C’est donc faire offense à la mémoire de ceux qui ce sont battus pour leur liberté de classer ces sites à l’UNESCO."  

 «  La mission de l’UNESCO est de contribuer à l’édification de la paix, à l’élimination de la pauvreté, au développement durable et au dialogue interculturel par l’éducation, les sciences, la culture, la communication et l’information. L’Organisation se concentre, en particulier, sur deux priorités globales :

l’Afrique

l’égalité entre les sexes.

Et plusieurs objectifs primordiaux :

• assurer une éducation de qualité pour tous et l’apprentissage tout au long de la vie

• mobiliser le savoir et la politique scientifiques au service du développement durable

• faire face aux nouveaux défis sociaux et éthiques

• promouvoir la diversité culturelle, le dialogue interculturel et une culture de la paix

• édifier des sociétés du savoir inclusives grâce à l’information et à la communication".


 

Commentaires

sympa cete revue de sites Vauban
moi le + proche c'est st vaast la hougue
La réunion et Albi recemment c'est un plus aussi
des devoirs et du tourisme !
amitiès

Écrit par : ventdamont | 03/08/2010

Bonjour,

la photo du fort Médoc présentée sur votre site et page accessible sur http://icidansmesmontagnes.blog50.com/archive/2010/08/02/patrooine-mondial-de-l-unesco-35-sites-francais-classes.html provient du site Visoterra.com et plus précisément de la page http://www.visoterra.com/voyage-premier-voyage-de-catou331/gironde-medoc-7.html . Or, aucun accord n'a été donné pour cette utilisation qui va à l'encontre des droits de son auteur.

Merci donc de bien vouloir faire un lien vers la source de cette photo http://www.visoterra.com/voyage-premier-voyage-de-catou331/gironde-medoc-7.html à côté de celle-ci le plus rapidement possible et comme reconnaissance du travail de l'auteur.

Merci d'avance
Sébastien de Visoterra.com

Écrit par : Sebastien | 17/08/2010

Merci pour cette très érudite leçon d'histoire !

Écrit par : Besançon | 22/12/2011

Les commentaires sont fermés.

 
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