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30/11/2010

Philip KERR : "Un requiem Allemand"

Troisième et dernier roman de "La trilogie Berlinoise" de Philip KERR, "Un requiem allemand", marque la mort de l'Allemagne nazie. Les troupes des armées de libération ont envahi l'Allemagne et occupent le pays. Berlin, administré par les alliés qui ont découpé la ville en plusieurs zones, est anéantie. Les berlinois vivent de rien au milieu des ruines de la guerre dans un Berlin de cauchemar, écrasé sous les bombes, en proie au marché noir, à la prostitution, aux exactions de la soldatesque ...
Américains et Soviétiques se partagent le pouvoir et intriguent sur les dépouilles du nazisme dont certains survivants vendent leurs services aux uns et aux autres.

C'est dans cette ambiance de 1947 que nous retrouvons Bernie Gunther, le détective berlinois dont l'enquête va nous mener de Berlin à Vienne. Contacté par un colonel de renseignement soviétique, dans le but de sauver de la potence un nommé Becker, accusé du meurtre d'un officier américain. Mais quel rôle jouait au juste ce Becker — que Bernie Gunther a connu quelques années plus tôt ? Trafiquant ? espion ? coupable idéal ?
À Berlin, puis à Vienne, tandis que la dénazification entraîne une valse des identités et des faux certificats, Bernie enquête. Mais qui manipule qui ? Les Soviétiques ou les Américains ?

 

 L'auteur

Philip Kerr, né à Edimbourg, en Ecosse, en 1956 a étudié à l'université de Birmingham et a travaillé en tant que rédacteur pour divers journaux avant de devenir écrivain. Auteur d'une dizaine de romans traduits en 25 langues, il vit maintenant à Londres avec sa femme, Jane Thynne, auteure également, et leurs trois enfants.

En 1989, à 32 ans, il envoie son manuscrit de l'Eté de cristal à quelques éditeurs londoniens. Accepté sans coup férir ! Très vite viendront un deuxième tome, puis un troisième et le succès, bientôt mondial (sa Trilogie a été vendue dans plus de 40 pays). Le petit Gallois au teint mat qui se faisait moqué par ses copains d'école prend sa revanche. "Je me suis fait par moi-même, aime à répéter ce fils de la working class.

 

 

Extrait

 "J'étais à demi tourné lorsque son arme s'abattit sur moi. En tombant, j'eus le temps de distinguer un gros type chauve à la mâchoire tordue. Il me saisit par la peau du cou pour me remettre sur pied et je me demandai pourquoi je n'avais pas piégé tout le pourtour de mon col avec des lames de rasoir. Il me poussa dans un petit sentier menant à une clairière où se trouvaient plusieurs grandes poubelles. Une petite fumée et une odeur écoeurante s'élevaient du toit d'une petite cabane en brique où l'on brûlait des ordures. A côté de quelques sacs de ciment, une plaque de tôle rouillée était posée sur un soubassement de brique. L'homme m'ordonna de la soulever.

Cela me vint tout d'un coup. C'était un Letton. Un gros lard de Letton. S'il travaillait pour Arthur Nebe, il avait dû appartenir à une division SS lettone ayant sévi dans un cmp de la mort polonais. Les endroits comme Auschwitz comportaient de nombreux gardiens lettons. Les lettons étaient déjà des antisémites fervents alors que Moses Mendelssohn était encore l'enfant chéri de l'Allemagne.

Tirant de côté la plaque de tôle, je découvris une sorte de puits de vidange ou de fosse à fumier. En tout cas, ça en avait l'odeur. le chat de tout à l'heure surgit entre deux sacs marqués "oxyde de calcium" posés près de la fosse. Il miaula d'un air méprisant, comme pour me dire : " Je t'avais prévenu qu'il y avait quelqu'un dans la cour, mais tu ne m'as pas écouté." L'âcre odeur de chaux qui s'élevait de la fosse me donna la chair de poule. " Eh oui, miaula le chat comme dans une nouvelle d'Egar Poe, l'oxyde de calcium est un alcali bon marché qui sert à traiter les sols acides. Un produit qu'on s'attend à trouver dans un vignoble. Mais on l'appelle aussi chaux vive, et la chaux vive est très efficace pour accélérer la décomposition des cadavres."

Je compris avec horreur que le Letton avait la ferme intention de me tuer. Et moi, tel un philologue, je m'évertuais à définir son accent et à me remémorer des formules chimiques apprises à l'école."

 

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