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29/01/2011

Guy Naccio : "crimes et Mystères en Drôme"

Editons Cheminements - 1997

Débusqué au hasard des vides-greniers estivaux, cet ouvrage m'a d'abord attiré le regard grace au dessin de la couverture. Il s'agit d'une aquarelle de Gilbert Morandi qui représente un homme de dos laissant une trace ensanglantée dans la neige. Il marche en tirant derrière lui un corps sans vie. C'est une nuit de pleine lune, il neige. En contrebas fume la cheminée d'une ferme, quelques arbres et ceps de vigne parsèment la campagne nue de l'hiver ...

Une illustration aussi évocatrice ne peut que retenir l'attention. Et, pour quelqu'un qui apprécie les romans et autres romans policiers, pour 1 euro, on ne résite pas.

En fait, cet ouvrage relate 9 faits divers survenus dans le département de la Drôme des dernières années du XIXeme siècle jusqu'en 1975. Elucidées ou non, connues ou totalement oubliées, ces affaires criminelles nous conduisent des villes ( Valence, Montélimar, Bourg de Péage, Romans, etc...) jusqu'aux villages les plus reculés de la Drôme. Du Dauphiné à la Provence, de crimes en crimes, nous parcourons l'âme humaine dans ses profondeurs les plus reculées...

 L'auteur

Guy Naccio est né à Digne les Bains ( Alpes de haute Provence) en 1962. Après des études à la faculté de droit d'Aix en Provence et à l'école des inspecteurs de la Police nationale de Toulouse, il exerce successivement au sein de la Police Judiciaire de paris puis de Bastia, en haute Corse.

Amoureux des cultures et littératures du Grand Sud,  il signe, en 1997, avec  "Crimes et Mystères en Drôme" son premier livre. Guy Naccio est alors Lieutenant de Police ans la Drôme.

 

Deux affaires largement développée dans l'ouvrage du Guy Naccio...

A la fin des années 50, l'affaire Muravig ...

 

 

 

 

                                                                                                                               Au début du XXeme siècle, les chauffeurs de la Drôme

Extrait

"Romans, 27 février 1948. Dans la quartier du Croton, de sinistre mémoire - c'est là que les "chauffeurs" au début du siècle montaient leurs coups de main - au 6 bis exactement, vit un couple à la dérive. Lui, Charles Deroussin, né ici le 3 mai 1904, est employé à la fabrique de chaussures de M. Urpin, rue Portefer. Elle, Marie-Anne née Bouglenan, cinquante-six ans, est une ancienne fille publique qui, comme son mari, n'aime rien tant que la boisson.

 Ce vendredi soir, les voici donc réunis comme à l'accoutumée à l'épicerie-comptoir Ginay, rue Pêcherie ( encore l'ombre des Hommes Rouges). L'alcool coule à flots. "On a même plus que bu" dira l'empoisonneuse en racontant cette triste soirée. Mais l'heure tourne et elle s'en va finalement préparer le souper. Son époux reste à boire. Elle piétine à l'attendre et ne le voyant toujours pas rentrer, la femme part le chercher. Il est "imbibé", le Charles, et se tient à son verre ! Il refuse de la suivre et la renvoie à ses casseroles. Dépitée, elle dîne seule dans le taudis qui leur sert de logement.

Enfin le mari revient, on devine en quel état. Il trouve la soupe trop chaude. Il n'en faut pas plus : la cuillère tombe, éclabousse partout. Une bourrade d'agacement et il se met à battre sa compagne, d'abord à coups de pieds, puis il avise un candélabre posé sur le buffet. Ce n'est pas la première fois que la femme déguste ; elle prend une "bonne tournée" toutes les semaines. Mais ce soir-là, c'en est trop. "Et ma purge alors ?" éructe-t-il. Alors ? Puisque monsieur veut se purger, elle va la lui donner, sa purge ! Car Deroussin sacrifie, en effet, à l'hygiène hebdomadaire traditionnelle à l'aide de sulfate de soude : c'est le rituel du vendredi. Or nous sommes vendredi et la purge a été préparée, elle n'attend plus qu'à être consommée. Le dos meurtri, l'esprit chauffé par l'alcool et la colère, mais docile, Marie-Anne se lève et son regard tombe sur la bouteille de potassium. Ce n'est pas une idée, mais un réflexe : elle l'attrape et en verse une "rasade" dans la préparation de son époux. Ce sera la dernière purge que le malheureux prendra. Fidèle à son habitude, il boit "cul-sec", sans sourciller."

23/01/2011

Daniel Appriou : "Ruses et stratagèmes de l'histoire"

Editions Le Pré aux clercs - 2000

"Ruse et imagination font plus que force ni que rage", aurait pu dire La Fontaine, et l'histoire militaire lui aurait souvent donné raison. Car ici, il s'agit avant tout de guerres, d'histoires de combats, de sièges, de conquête, ...

Au-delà des anecdotes multiples contenues dans cet ouvrage, il s'agit bien de mettre l'inventivité et l'intelligence humaine au service de ses pires instincts, ses instincts guerriers. Depuis les ruses d'Ulysse, l'histoire du Cheval de Troie ou la fuite victorieuse des Horace devant les Curiace jusqu'aux stratagèmes utilisés durant la Seconde Guerre Mondiale, l'histoire des conflits fourmille de tromperies et de duperies qui ne furent pas toutes couronnées de succès.

Des faux moines, des Empereurs déguisés en maçon, des futurs papes feignant l'agonie pour être élus, des généraux doublés par des acteurs de cinéma, des villes en carton, des cadavres espions, etc... L'imagination humaine semble sans limite. Mais pour quelles causes ? Quels intérêts, sinon ceux de la domination.

Cet ouvrage offre une visions très anecdotique de l'histoire. Une suite de petites "nouvelles" historiques sans analyse ni recul, sans que les évènements soient non plus situés dans leur constexte.

L'auteur

Ecrivain et expert judiciaire, Daniel Appriou est l'auteur de plusieurs ouvrages, tels "Petite histoire des grands mots historiques", " Les destins tragiques de l'histoire de France", etc... . L'histoire vu par le "petit bout de la lorgnette" à hauteur d'anecdotes.

 

Extrait

"Hirsute, l'homme semblait épuisé. Il s'appuyait sur un long bâton qui, à chaque pas, frappait pesamment le sol, comme s'il s'agissait d'un effort extrême. La longue robe de bure sombre avait piètre allure et, sous le large capuchon, le moine dissimulait un visage à la barbe foisonnante.

Il faisait déjà nuit depuis des heures en ce 8 janvier 1297 lorsque le franciscain commença à gravir la côte raide qui menait à la citadelle. Il dépassa l'église deSainte-marie-au-Port et, en levant les yeux, le saint homme put apercevoir les tours noires et crénelées de la forteresse se détachant à peine sur le ciel sombre. Sa progression était lente, son pied glissait souvent sur les cailloux qu'il envoyait rouler vers le bas.

Sans doute les gardes en faction au-dessus de l'unique poterne avaient-ils entendu les éboulis venus rompre le silence de cette nuit d'hiver. D'ailleurs, l'homme d'Eglise ne faisait rien pour passer inaperçu et, après maints efforts et signes d'essoufflement, il parvint enfin au pied de l'imposante muraille qui l'écrasait de sa masse. La porte de bois renforcé d'épaisses ferrures aux clous énormes était l'unique accès à la forteresse fichée sur son éperon rocheux."

 

 
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