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27/03/2011

Hampaté Bâ : "L'étrange destin de Wangrin"

Editions 10/18 - 1973

 

Amadou Hampaté Bâ raconte ici l'histoire d'un homme qui fut son ami. Cet homme, voué dès sa jeunesse au dieu "Gongoloma Soké", dieu des contraires et de la ruse, en portait lui-même les contradictions. Bravant impunément la chance, il nous entraîne dans une suite d'aventures cocasses où nous le voyons, avec pour seules armes son intelligence et sa connaissance des hommes, se hisser au sommet de la puissance et de la fortune, dépouiller les riches au bénéfice des pauvres et, suprême exploit pour l'époque, rouler les "Dieux de la Brousse" d'alors : Messieurs-les-Administrateurs-Coloniaux !

Wangrin est né vers 1888 dans la région de Nougibou ( Bougouni, au Mali). Il fait partie de l’ethnie des Bambaras et est à ce titre initié au Komo (une initiation spirituelle et religieuse très longue dont chaque étape dure 7 ans et qui est composée d’un grand nombre d’interdits et d’obligations sacrificielles).

À 17 ans, il est réquisitionné pour « l’école des otages » (« école créée par les colons français qui réquisitionne de force les fils de notables et de chefs pour les intégrer dans le système administratif français afin qu’ils servent aux autorités française et ne se rebellent pas »). A la sortie de cette école, Wangrin, qui est très doué, est nommé moniteur de l’enseignement et envoyé pour diriger une école à Diagaramba (Bandiagara
).

Avant de partir il est circoncis et choisit son dieu patron Gongoloma-Sooké qui est le dieu des contraires et de la malice, à la fois bon et mauvais. Car Wangrin a déjà prévu de monter « des affaires carabinées » pour lesquelles il aura bien besoin de l’aide d’un dieu pervers. Cette
initiation est complétée d’une prophétie qui lui promet une vie réussie mais le condamne à une fin très sombre.

 

 Hampaté Bâ est un grand défenseur de la tradition orale africaine. Cette tradition transpire à travers cette histoire de Wangrin sous-titrée : "Les roueries d'un interprète africain". Le rythme répétitif nous renvoie aux contes de la brousse. Les références à la culture, aux religions, africaines traverses l'ouvrage et en font sa grande richesse. Chaque étape de la vie de Wangrin nous est contée  avec beaucoup d'humour et de cocasserie. On sent que l'auteur a pris plaisir à nous raconter le épisodes tumultueux de la vie de son vieil ami à qui il donne le nom de Wangrin. Ce Robin des Bois de la savane africaine, qui vole aux riches pour donner aux pauvres, n'oublie tout de même pas de se servir au passage et aime la vie facile entouré d'une multitude de courtisans et de complices.

On prend nous aussi plaisir à le voir "rouler" les officiels coloniaux, les prendre à leur propre jeu de la vanité et échapper aux pièges qu'ils essaient vainement de lui tendre. Mais les histoires d'argent, comme les histoires d'amour , finissent mal... en général !

Cet ouvrage a reçu en 1974 le Grand Prix Littéraire d'Afrique Noire. 

 

L'auteur

Né avec ce siècle à Bandiagara, au pied des falaises du pays Dogon, mort en 1991 à Abidjan,  écrivain, historien, philosophe, ethnologue, poète et conteur, frère des hommes, Amadou Hampâté Bâ est une haute figure de la culture et de la sagesse africaines. Issu d'une famille peule influente, il reçut dans sa jeunesse, outre sa formation scolaire, une éducation religieuse et morale traditionnelle, et fut initié aux voies ésotériques de l'islam par un maître spirituel dont il décrira l'enseignement dans Tierno Bokar, le sage de Bandiagara (1957). Commis de l'administration française, il entra à l'IFAN (Institut français d'Afrique noire), grâce au soutien de Théodore Monod, puis assuma de nombreuses responsabilités officielles : fondateur et directeur de l'Institut des sciences humaines du Mali, ambassadeur du Mali en Côte-d'Ivoire, membre du conseil exécutif de l'Unesco. Il est surtout connu en France pour la lutte qu'il mena à l'UNESCO, de 1962 à 1970, en faveur de la réhabilitation des traditions orales africaines en tant que source authentique de connaissances et partie intégrante du patrimoine culturel de l'humanité

Parallèlement à cette carrière, l'auteur de la désormais célèbre phrase : «En Afrique, un vieillard qui meurt, c'est une bibliothèque qui brûle» a joué un rôle fondamental dans la sauvegarde et la promotion des trésors de la tradition orale peule en menant une série de recherches à caractère religieux, ethnologique et littéraire. Il a notamment recueilli et transcrit plusieurs récits initiatiques, marqués par un ésotérisme riche en symboles difficiles à décrypter pour un non-initié, qui véhiculent tout un enseignement sur les mythes, la morale et la conception du monde du peuple peul (Koumen, 1961 ; Kaïdara, 1969; L'éclat de la grande étoile, 1969; La poignée de poussière, 1987).


Il est l'auteur d'un ouvrage historique (L'Empire peul du Macina, 1955), d'un important essai ethnologique dans lequel il s'élève contre la désagrégation des cultures africaines (Aspects de la civilisation africaine, 1972), d'un roman sur la corruption causée par l'européanisation (L'étrange destin de Wangrin 1973, grand prix littéraire d'Afrique noire), ainsi que d'une oeuvre poétique en langue peule qui compte plusieurs milliers de vers, essentiellement sur des thèmes mystiques.

Vers la fin de sa vie, il a rédigé ses mémoires (Amkoullel, l'enfant peul, 1991, suivi de Oui mon commandant, posthume,1994), nous laissant ainsi un magnifique témoignage de l'Afrique coloniale du début du siècle.

 

Extrait

"Le temps passa.

La vie du cercle allait son train, de la plus agréable des manières. La maison de Wangrin était devenue un véritable club. Ceux qui s'y rendaient chaque samedi soir pour y passer la nuit constituaient la crème de la ville. Leur seule préoccupation consistait à se gaver de mets délicieux et variés agrémentés de thé préparé à la manière maure, à boire de l'alcool à profusion, à écouter langoureusement une musique dispensée par une dizaine de guitaristes et ensuite, ma foi - sauf le respect que je dois à vos oreilles, cher lecteur -, ces débauches de table et de musique se terminaient, pour les uns dans un sommeil de plomb et, pour d'autres, dans les bras de quelques beautés venues là pour prodiguer leurs faveurs au plus offrant et dernier enchérisseur.

Par le truchement de son club, Wangrin organisa un réseau de renseignement si puissant que rien ne pouvait se passer dans le cercle sans qu'il en fût le premier et le mieux informé.

De son côté, et sans s'en rendre compte, Rammaye Bira le renseignait sur tout ce qui se passait chez le commandant. Wangrin put ainsi identifier les agents privés dont se servait le commandant pour se renseigner à l'insu de son interprète. Ils étaient environ douze. Tous tombèrent dans les filets de Wangrin, se retrouvèrent en prison ou perdirent la confiance du commandant."

 

Mosquée en pays Bambara au début du XXeme siècle.

20/03/2011

SNCF : Comme aux pires moments de l'Histoire ... Un train réquisitionné.


Les forces de l’ordre ont, mardi 15 mars 2011, réquisitionné une partie du TER 86023 au départ de Cannes pour reconduire 39 personnes sans papiers à la frontière italienne. Au-delà du nombre de personnes concernées, puisque la préfecture conteste ce chiffre, c’est la méthode qui est condamnable !


La réquisition d’un train par les forces de police obéit à des règles précises et ne peut se faire oralement comme se fut le cas à Cannes.

De plus, le périmètre d’intervention des forces de l’ordre françaises a comme limite Menton-Garavan. Elles ont donc indiqué aux agents SNCF présents sur le train qu’ils devraient prendre leur relai jusqu’à Vintimille !

Au-delà du fait que cela ne fait pas partie de leurs missions, les agents SNCF ont refusé de se prêter à cette pratique digne des heures les plus sombres de l’Histoire de France. La CGT a interpellé la direction SNCF régionale PACA pour que des réponses précises et réglementaires soient apportées aux agents SNCF sur leurs droits et devoirs en de telles circonstances. Le silence de la direction de l’entreprise, les tentatives de justifications, explications de la préfecture des Alpes Maritimes, par voie de presse, témoignent du malaise provoqué par cette affaire.

 C'est tout à l'honneur des cheminots d'avoir refusé de préter la main à cette action des forces de l'ordre. Ils ne sont pas les supplétifs de la police de Sarko !

Pour plus de détails : le site "gendarmes en colère".... http://gendarmes-en-colere.forum2discussion.net/t22922-de...

Lybie : La guerre des dupes ?

La France de Sarkozy libératrice du peuple Lybien ? Il faut se pincer pour croire qu'on ne rêve pas ! Après avoir osé proposer d'aider Ben Ali à mater la révolution tunisienne, après avoir gardé un silence assourdissant lors de la révolution égyptienne, voilà que le gouvernement français se trouve soudain des élans de solidarité avec le peuple Lybien. Mais qu'est-ce qui a bien pu piquer Sarkozy pour en arriver là et enfourcher le cheval blanc de la démocratie et du droit des peuples ?

Première question : Pourquoi ceux  qui condamnent « la violation flagrante et systématique des droits de l'homme, y compris les détentions arbitraires, disparitions forcées, tortures et exécutions sommaires » perpétrés par Kadhafi et exigent qu'il y mette fin, n'ont pas jugé utile d'en faire de même avec le dictateur Ali Abdallah Saleh du Yemen qui a fait tirer ses nervis sur des milliers de manifestants à Sanaa, ce vendredi, tuant au moins 41 personnes ? Ce dernier fait partie de la Ligue arabe signataire de la résolution de l'ONU contre Kadhafi, comme ses comparses de Barhein et d'Arabie Saoudite, ce royaume moyenâgeux où l'on décapite les condamnés à mort sur la place publique et où l'on ampute les voleurs au couteau... Alors vraiment, s'agit-il de droits de l'homme, de liberté et de démocratie ?

Deuxième question : Quel est le positionnement des occidentaux et de leurs alliés Arabes ? Les Etats-Unis, dit-on, étaient « réticents » tandis que Sarkozy et le Britannique Cameron auraient fait des pieds et des mains pour obtenir une résolution autorisant la force armée contre Kadhafi.  La manoeuvre a été menée de main de maître : en réalité la Maison Blanche est en faveur d'une intervention armée sans limitation de forme. Et comme vient de l'avouer Mme Clinton l'« objectif final » de la résolution 1973 de l'ONU doit être le départ de Moummar Kadhafi et l'instauration d'une d 'exclusion aérienne dans le ciel libyen n'est "qu'une étape importante". Autrement dit, un changement de régime, ce que n'évoque en aucune manière la résolution 1973.

Troisième question : Que cherche réellement Sarkozy ? Washington ne peut se permettre – avec les guerres d'Irak et d'Afghanistan – de prendre en charge un troisième conflit ouvert. Aux « alliés » donc, de faire le « sale boulot ». Pour Sarkozy et Cameron cette exigence est du « pain béni » : un moyen exceptionnel, pensent-ils, pour se refaire une santé politique face à leurs opinions publiques en jouant les va-t-en-guerre, quel qu'en soit le gâchis!

Quatrième question : Quel est l'objectif inavoué des occidentaux ? C'est en premier lieu la reprise en main des révolutions populaires arabes par la puissance hégémonique états-unienne. Pour Washington, mais aussi pour Paris, Londres ou encore Berlin, ces soulèvements doivent rester dans le carcan de la souveraineté limitée des peuples face aux puissances occidentales. Ils ne doivent donc pas induire un changement de régime allant jusqu'à mettre en cause les diktats du capitalisme de la « concurrence libre et sans entraves ».

Les insurgés lybiens réclament la liberté et la démocratie et la prise en main de leurs affaires face à un régime ossifié où le clanisme clientéliste est devenu la règle de survie. L'exigence de démocratie des citoyens lybiens doit aboutir et la condition en est l'abolition de la dictature. Une aventure militaire de puissances intéressées avant tout par le pétrole ne peut répondre à cette aspiration fondamentale de liberté.

Cinquième question : Quelles seront les conséquences d'une telle intervention ? Ne nous y trompons pas, Kadhafi aura beau jeu de se présenter comme « une victime de l'impérialisme » et, dans le même temps on aura frustré les peuples arabes de leur victoire sur le despotisme des féaux des puissances « occidentales ». Le désespoir n'engendrera-t-il pas, plus tragiquement que jamais, un replis sur la folie du fanatisme identitaire?

Toutes ces questions méritent d'être posées. Ne nous laissons pas aveugler par les sirènes médiatiques qui nous abreuvent de bonne conscience. Le réveil risque d'être difficile. Les peuples ont besoin de soutien pour abattre leurs dictateurs, pas de l'interventionnisme néo-colonial tel que les puissances occidentales le pratiquent à travers le monde dès que l'occasion leur en est donnée....

Ce billet est construit en partie à partir de l'article de Michel Muller publié dans "L'Humanité" du 18 mars 2011: "Après l'Irak et l'Afghanisatn, la Lybie ?"

19/03/2011

Eric FAYE : "NAGASAKI"

 

Editions Stock, 2010

En déplacement sur Aix en Provence en cette semaine pluvieuse de mars. Une bonne heure à tuer à la terrasse d'un bar sur le Cour Mirabeau. La perspective d'une bonne lecture accompagnée d'une boisson chaude en ces temps de frimas... Me voici arpentant les rayons des quelques belles librairies d'Aix à la recherche d'un roman assez court, sans avoir vraiment d'idée préconçue sur l'auteur et le genre. Après une bonne demi-heure sans qu'aucun titre n'attire réellement mon attention, alors que j'allais partir bredouille, mon regrd est finalement attiré par le titre en bleu  sur la couvertue noire : "Nagasaki". Est-ce le contexte de l'actualité et les malheurs du temps dont est actuellement victime le Japon ? Est-ce la caution du Grand Prix du roman de l'Académie Française portée sur le bandeau entourant le livre ? Est-ce la curiosité de découvrir un auteur inconnu de moi ? Est-ce la quatrième de couverture laissant présager quelques mystères ? En tout cas, j'avais trouvé l'ouvrage, il ne restait plus qu'à trouver la terrasse ...

Dans son  roman Nagasaki, Éric Faye s’inspire d’un fait divers japonais et nous raconte l’histoire d’un homme qui a vécu pendant un an avec une femme sans le savoir.

Nagasaki - Eric Faye

Shimura-san vit seul dans une petite maison à Nagasaki. Cinquantenaire, il correspond à «l’homme des masses», mène une vie ordinaire et sans extravagance, réglée sur une routine à laquelle il déroge peu. Il part travailler tous les matins à 8 heures dans la station météorologique de la ville, dîne souvent seul à son bureau et rentre à la maison avec sa solitude pour rejoindre son intérieur bien ordonné.

Mais depuis quelque temps, Shimura-san a remarqué des disparitions chez lui. D’abord un yogourt, puis un deuxième et du poisson. Au début, il doute de lui et se dit que c’est impossible, qu’il les a sûrement mangés et ne s’en rappelle pas. Pour confirmer ou infirmer, il décide de répertorier les niveaux et les quantités de nourriture de son frigo et de son garde-manger.

Il n’y a plus doute, quelqu’un s’est bel et bien servi, le niveau du jus de fruit a baissé de sept centimètres... Qui est donc cette personne qui est entrée chez lui pendant son absence? Grâce à une webcam installée dans sa cuisine, Shimura-san découvre alors en direct l’intruse sur son écran d’ordinateur du bureau.

Shimura-san vit seul dans une petite maison à Nagasaki. Cinquantenaire, il correspond à «l’homme des masses», mène une vie ordinaire et sans extravagance, réglée sur une routine à laquelle il déroge peu. Il part travailler tous les matins à 8 heures dans la station météorologique de la ville, dîne souvent seul à son bureau et rentre à la maison, face aux chantiers navals de Nagasaki, avec sa solitude pour rejoindre son intérieur bien ordonné.

Mais depuis quelque temps, Shimura-san a remarqué des disparitions chez lui. D’abord un yogourt, puis un deuxième et du poisson. Au début, il doute de lui et se dit que c’est impossible, qu’il les a sûrement mangés et ne s’en rappelle pas. Pour confirmer ou infirmer, il décide de répertorier les niveaux et les quantités de nourriture de son frigo et de son garde-manger.

Il n’y a plus doute, quelqu’un s’est bel et bien servi, le niveau du jus de fruit a baissé de sept centimètres... Qui est donc cette personne qui est entrée chez lui pendant son absence? Grâce à une webcam installée dans sa cuisine, Shimura-san découvre alors en direct l’intruse sur son écran d’ordinateur du bureau.

Ce court roman (108 pages) mèle adroitement une approche de la solitude poussée à l'extrême et une réflexion sur la notion de "chez-soi", d'intimité. Qui vit chez qui ? Lequel des deux personnages est le plus intime des lieux qu'il habite ? Commencée devant un frigo hanté, l'histoire se termine dans le désenchantement et la ruine des idéaux... Où l'on découvre que même les sans-abris ont une histoire et des racines ... Ces multiples entrées dans un aussi court roman en font toute sa richesse. L'écriture d'Eric Faye est sobre sans être ennuyeuse et la volonté d'en savoir un peu plus sur l'intruse nous tient en haleine jusqu'à une fin qui ne nous donnera pas toutes les clés !

Ce roman a obtenu le Grand Prix du roman de l'Académie Française en octobre 2010.

 

L'auteur

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Éric Faye, né en  décembre 1963 à Limoges ( Haute Vienne),  est un journaliste de l'agence de presse Reuters. Il publie sa première fiction, Le Général Solitude, une nouvelle, dans la revue Le Serpent à Plumes en 1992. Trois ans plus tard, il a développé cette nouvelle en un premier roman, éponyme. Ses premiers livres, parus tous deux en 1991, sont un essai sur Ismail Kadaré et un recueil d'entretiens avec cet écrivain. En 1998, son recueil de nouvelles fantastiques Je suis le gardien du phare obtient le Prix des deux magots. Son œuvre se partage entre des nouvelles, le plus souvent à caractère absurde ou teintées de fantastique, des romans (dont le roman d'anticipation Croisière en mer des Pluies, en 1999 - prix Unesco-Françoise-Gallimard), des essais et des récits, parmi lesquels Mes trains de nuit, puisés dans des voyages à travers l'Asie et l'Europe de 1982 à 2005. Il a dirigé un numéro sur Kafka (Autrement, 1996) et pris part à l'édition des œuvres d'Ismail Kadaré aux Editions Fayard

Extrait

"Dehors, le passé a commencé de jaunir. Le genre humain se racornit. Quand je parle de passé, j'entends l'époque de son arrestation, au plein de l'été, et le soir où je me suis retrouvé seul chez moi - seul comme si je m'étais fait plaquer. C'était il y a trois mois ; ce temps me paraît déjà lointain. Je crois que j'ai voulu l'oublier, et je dois dire que l'entrée en scène de l'automne, cette année, m'y a aidé. Car l'automne a pénétré jusque dans les âmes, cet automne. Il a ruisselé en nous. Imposé des silences où il n'y en avait pas encore. Certains jours, ceux qui longent à pied les chantiers navals ne perçoivent plus les coups de marteau habituels. Plus d'échos, plus un choc, plus un appel. Dans le port, les grues ne chargent ni ne déchargent guère. Ailleurs, là où dans la ville de gros travaux étaient en cours, les engins de terrassement se sont figés. Ces dinosaures de l'ère industrielle sont atteints d'un mal mystérieux. On l'a dit et répété à la télévision, il a pour nom la Crise et on ignore comment le vaincre. Les banques ne prêtent plus d'argent. Certaines n'en ont plus. Qu'est-il devenu? Nul ne le sait vraiment et cela inquiète. La stupeur gagne. Dans le bac à sable où les enfants jouaient au capitalisme, on vient d'égarer la règle du jeu.

- Putain, où l'as-tu mise ? C'est toi qui l'avais tout à l'heure !

- Jamais de la vie ! C'est toi, à l'instant encore ...

Parce que le système éternue, nous redevenons tremblants et veules, tous petits. Du silence ambiant se détachent des rumeurs, comme si le silence était un mur lépreux qui perdait de lui-même. Et ces rumeurs colportent les mots de "restructuration", "remise en question". Même chez nous, dans les services météorologiques, on évoque des compressions d'effectifs, à croire qu'il y a moins de phénomènes climatiques ou que l'on va fermer des mers, ce qui ne serait au fond que justice puisque certaines sont vides. En trois mois, cette crise a failli me faire oublier qu'une femme avait mordu la poussière bien avant nous autres et que, sans abri, elle avait "trouvé" un abri forcé à la prison de la ville. Or, son procès va s'ouvrir. J'ai reçu hier une convocation du tribunal. Cette nui, ce n'est pas la pluie qui m'empêche de fermer l'oeil mais tout autre chose ; peut-être le peur de devoir soutenir le regard de ma clandestine. A moins que son absence n'ait accentué le sentiment d'incomplétude qui empoisonne mes jours ?"

17/03/2011

En notre beau pays de Sarkoland ...

Téoignage d'un élu local.

Vendredi 21/01/2011, une manifestation pacifique de citoyens et d'élus venus soutenir leur communauté de communes (CdC Autour d'Anduze) menacée d'éclatement par la volonté d'expansion de l'agglomération d'Alès, a été réprimée avec une violence inouïe par les forces de l'ordre. Gazage et matraquage sans aucune sommation alors qu'il n'y ait aucune violence ni dégradation. Une vidéo amateur montre clairement les faits : des manifestants pacifiques, des élus (en écharpe) gazés, des personnes âgées gazées et matraquées, des manifestants blessés et des enfants qui courent.

Si c'est ainsi que les préfets entendent mener la réforme territoriale, ça promet.

Tout cela est lamentable. Nous avons besoin de tous les citoyens pour dénoncer ce qui s'est passé ce jour là à Anduze.  N'hésitez pas à diffuser largement ce message à l'ensemble de vos contacts.

Lien vidéo :

http://www.dailymotion.com/video/xgp1ko_violences-des-for...


violences des forces de l'ordre gratuites par zimprod

A votre disposition pour toutes informations sur cet évènement.  

Alain BEAUD

 

Maire de Saint Sébastien d’Aigrefeuille

Président de la Communauté de Communes Autour d’Anduze

12/03/2011

Un tunnel ferroviaire sous le Montgenèvre : une nécessité pour les Alpes du Sud et la région PACA

Le Schéma National des Infrastructures de Transports qui doit être adopté en mars 2011 ne prévoit pas la percée ferroviaire sous le Montgenèvre. Ce tunnel est pourtant demandé par tous les acteurs, économiques, sociaux, politiques du départementdes Hautes Alpes comme de celui des Alpes de Haute Provence et par ceux de la région PACA, de plus en plus nombreux. le Conseil régional a débloqué un budget pour permettre d'avancer le projet en terme d'études préalables. Ce projet est une nécessité économique et écologique. Faire traverser les territoires de montagne par des camions, comme c'est le cas actuellement, est un non sens. C'est une source d'insécurité pour les populations locales et les usagers des routes nationales et départemenatales qui ne sont pas adaptées à ce trafic.

la route du col du Montgenèvre - Photo : Blog "Des photos et des jours".

La percée sour le Montgenèvre permettra de relier le port de Fos-Marseille avec Turin, Milan et l'Europe centrale. C'est un axe de développement incontournable; Il permettra de désenclaver les territoires des Alpes du Sud et sera un atout pour leur développement et l'implantation de nouvelles activités.

Avec l'implantation de plate-formes multimodales, il permettra également de transporter le fret par chemin de fer, évitant des milliers de camions sur les routes...

Dépannage d'un camion en difficulté dans le col du Montgenèvre - Photo : Site : "Le Camion Club de France"

Pourtant, le gouvernement fait mine d'ignorer cette révendication essentielle pour notre territoire. L'action complémentaire des acteurs politiques, économiques et syndicaux a permis d'y faire allusion au détour d'un chapitre mais rien n'est programmé.

Il est urgent de faire pression.

Signons la pétition.

"http://www.lapetition.be/en-ligne/Le-snit-doit-integrer-l... : Le SNIT doit intégrer le MONTGENEVRE</a>

 
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