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10/09/2011

Luis SEPULVEDA : "Le vieux qui lisait des romans d'amour"

Editions Métailié - 1992.

Ce court roman de 120 pages a connu un succes mondial. Il a permis de découvrir un auteur majeur de la littérature sud-américaine, Luis Sepulveda. Au fin fond de l'Amazonie, quelques hommes ( et femmes) abandonnés de la société (dite civilisation), au bout d'errances improbables, survivent aux côtés des indiens Shuars et des Jivaros. La nature ne leur fait pas de cadeaux et pourtant il la respectent et ont appris à vivre en harmonie avec cette luxuriance qui ne se laisse pas dompter.

Mais l'équilibre est menacé  par d'autres hommes qui tentent quelques incursions pour chasser le fauve ou, plus grave encore, pour construire routes et autres réjouissantes marques des sociétés industrielles faisant toujours un peu plus reculer la forêt amazonienne et rétrécissant l'espace vital des peuples indigènes.

Nous sommes, au bord du fleuve, dans le bien nommé village d'El Idilio. Les habitants découvrent dans une pirogue le cadavre d'un homme blond mort. Pour les autorités locales, ce meurtre ne peut qu'être l'oeuvre des Indiens. Mais Antonio José Bolivar, qui a longtemps vécu parmi eux, sait qu'il n'en est rien et il comprend à partir de la forme de la blessure, qu'il s'agit de la marque laissée par un félin.

Jose Antonio, par ailleurs passionné par les romans d'amour, se laisse convaincre de prendre la tête d'une expédition à la poursuite du fauve qui menace la vie des villageois. En le suivant nous partons au sein d'un monde dont la survie est aujourd'hui menacée.

 

Véritable hymne aux hommes et à la nature d'Amazonie, cet ouvrage nous invite à la réflexion sur la place de l'homme sur cette terre et les rapports qu'il devrait entretenir avec son environnement. C'est une ode à la différence, au respect de l'autre.

Le roman a été adapté au cinéma en 2001 par Rolf de Heer. Richard Dreyfuss tient le premier rôle.

Le Vieux qui lisait des romans d'amour

Il a obtenu, en France, deux prix : le Prix Relais H du roman d'évasion et le Prix France Culture étranger en 1992. Car il a dépassé les clivages littéraires et a su trouver un large public ( celui des Realis de gare) et la reconnaissance de la critique littéraire. ces deux prix en sont la preuve.

Il a également obtenu le prix Tigre Juan en Espagne. En introduction, Luis Sepulveda a écirt ces quelques mots : "Au moment même où, à Oviedo, les jurés qui allaient décerner à c elivre le rpix Tigre Juan étaient en train de le lire, à des milliers de kilomètres de distance et d'ignominie une bande d'assassins armés et payés par de plus grands criminels, de ceux qui ont tailleur et manucure et qui disent agir au nom du "progrès", mettaient fin à la vie de l'homme qui fut l'un des plus ardents défenseur de l'Amazonie et l'une des figures les plus illustres et les plus conséquentes du mouvement écologique universel.

Tu ne liras pas ce roman, Chico mendes, ami très cher qui parlait peu et agissait beaucoup, mais ce prix Tigre est aussi le tien, comme il est celui de tous les hommes qui continueront sur le chemin que tu as tracé, notre chemin collectif pour défendre ce monde, notre monde, qui est unique."

Chico Mendes

L'auteur

Luis Sepúlveda est  né le 4 octobre 1949 à Ovalle au Chili. Son premier roman, Le Vieux qui lisait des romans d'amour, traduit en trente-cinq langues, lui a apporté une renommée internationale. C'est le premier d'une série de best-sellers mondiaux parmi lesquels Le Monde du Bout du Monde, Un Nom de Torero, Histoire de la mouette et du chat qui lui apprit à parler. Son œuvre, fortement marquée par l'engagement politique et écologique ainsi que par la répression des dictatures des années 70, mêle le goût du voyage et son intérêt pour les peuples premiers.

Il milite très jeune dans les Jeunesses communistes. Étudiant, il est emprisonné par le régime de Pinochet et séjourne deux ans et demi à Temuco, prison pour opposants politiques : « A la fin d’un procès sommaire du tribunal militaire, en temps de guerre, à Temuco en février 1975, au terme duquel je fus accusé de trahison de la patrie, conspiration subversive, et appartenance aux groupes armés, entre autres délits, mon avocat commis d’office (un lieutenant de l’armée chilienne) est sorti de la salle - nous sommes restés dans une salle à côté - et, euphorique, m’a annoncé que ça s’était bien passé pour moi : j’avais échappé à la peine capitale et j’étais condamné seulement à vingt-huit ans de prison. »

En 1977, grâce à l'intervention d'Amnesty international, Luis Sepúlveda est libéré. Sa peine de vingt-huit ans de détention est commuée en huit années d'exil en Suède. En fait, le jeune homme va voyager et sillonner l'Amérique du Sud. Il séjourne en Equateur, où il fonde une troupe de théâtre dans le cadre de l'Alliance Française ; puis au Pérou, en Colombie et au Nicaragua. En 1978, il partage pendant un an la vie des indiens shuars dans le cadre d'un programme d'étude pour l'UNESCO afin d'étudier l'impact de la colonisation sur ce peuple. Au Nicaragua, il s'engage dans la lutte armée aux côtés des sandinistes (il intègre en 1979 la Brigade Internationale Simon Bolivar). Après la victoire de la révolution, il travaille comme reporter.

 

À partir de 1982, Luis Sepúlveda s'installe en Europe, d'abord en Allemagne où il travaille comme journaliste, voyageant souvent en Amérique latine et en Afrique. Il travaille avec Greenpeace de 1982 à 1987 sur l'un de ses bateaux. Il est coordinateur entre différentes sections de l'organisation. L'écrivain s'établit en 1996 dans les Asturies, dans le nord de l'Espagne, à Gijón, à cause de la « tradition de lutte politique instaurée par les mineurs, du sens de la fraternité qui y règne ». Il a fondé et il anime le Salon du livre ibéro-américain de Gijón destiné à promouvoir la rencontre entre les auteurs, les éditeurs et les libraires latino-américains et leurs homologues européens.

Au talent d'écrivain s'ajoutent ses engagements politiques contre les séquelles laissées en Amérique du Sud par les dictatures militaires, en faveur de l'écologie militante, des peuples premiers. Il milite à la Fédération internationale des Droits de l'Homme. Il écrit des chroniques régulières dans El País en Espagne et dans divers journaux italiens.

Luis Sepúlveda est marié. Sa seconde femme se nomme Margarita Seven avec laquelle il a eu trois enfants.

 

Extraits

 

"Le déluge survint avec les premièes ombres du soir et, en quelques minutes, il devint impossible de voir plus loin que l'extrémité de son bras tendu. Le vieux se coucha dans son hamac en attendant le sommeil, bercé par la rumeur violente et monocorde de l'eau omniprésente.

Antonio José Bolivar dormait peu. Jamais plus de cinq heures par nuit et de deux heures de sieste. Le reste de son temps, il le consacrait à lire les romans, à divaguer sur les mystères de l'amour et à imaginer les lieux où se passaient ces histoires.

En lisant les noms de Paris, Londres ou Genève, il devait faire un énorme effort de concentration pour se les représenter. La seule grande ville qu'il eût jamais visitée était Ibarra, et il ne se souvenait que confusément des rues pavées, des pâtés de maisons basses, identiques, toutes blanches, et de la Plaza de Armas pleine de gens qui se promenaient devant la cathédrale.

Là s'arrêtaient ses connaissances du monde et, en suivant les intrigues qui se déroulaient dans des villes aux noms lointains et sérieux tels que Prague ou Barcelone, il avait l'impression que le nom d'Ibarra n'était pas celui d'une ville faite pour les amours immenses.

Au cours de son voyage vers l'Amazonie en compagnie de Dolores Encarnacion del Santisimo Sacramento Estupinian Otavalo, il avait traversé deux villes, Loja et Zamora, mais il n'avait fait que les entrevoir, de sorte qu'il n'était pas en mesure de dire si l'amour pouvait y trouver un terrain propice.

Mais ce qu'il aimait par-dessus tout imaginer, c'était la neige."

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