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15/01/2012

Georges COULONGES : "Les Boulets rouges de la Commune"

Editions Fixot, 1992.

Il s'agit de la quatrième partie de la série romanesque de Georges Coulonges intitulée : "Les chemins de nos pères", composée par "Les Sabots de Paris", "Les sabots d'Angèle" et "La liberté sur la montagne". Un cinquième roman, "La Fête des Ecoles" terminera le cycle, publié en 1995.

couverture

Nous sommes à Paris en 1870. La capitale est assiégée par les Prussiens. Eugénie, l'Alsacienne, Margalide, venue des Pyrénées luttent contre la faim, le froid et tentent de survivre en mangeant chien, chat et rat, achetés à prix d'or. Pendant ce temps, la bourgeoisie et les aristocrates se repaissent avec satisfaction des animaux du jardin d'acclimatation.

C'en est trop ! Affamé et humilié, le peuple parisien se révolte et le 18 mars 1871, proclame la Commune. Les personnages, résignés, hésitants ou révoltés traversent cet épisode glorieux de l'histoire. Comment chacun va-t-il aimer, vivre dans le tumulte de la guerre et de la révolte ? La petite imprimerie, centre névralgique où se rencontrent les personnages, où se nouent les amitiés, les amours et les oppositions, survivra-t-elle à la tragédie ? Amours contrariées, oppositions politiques, contradictions intimes traversent le récit qui nous tient en haleine jusqu'au dénouement. Le 29 mai, la répression s'abat et les grandes espérances d'une autre société, égalitaire et fraternelle, s'envolent dans le sang et la mort comme s'envolent les illusions des personnages de ce roman fougueux et épique où l'intimité se cogne à l'histoire ...

La Commune de Paris, c'était il y a cent quarante ans. Pas si loin que cela, et pourtant un autre monde. Que nous reste-t-il de ces idéaux ? Un rêve de fraternité. Mais aujourd'hui encore, ce sont les descendants des Versaillais, de ceux qui écrasèrent la Commune dans le sang, qui mènent les affaires ... La commune fut une expérience grandeur nature, durant quelques semaines, d'un gouvernement populaire où tout pouvait devenir possible ... En ce sens les personnages de ce roman nous revoient à nos espoirs actuels en un monde meilleur.

 

 

L'auteur

Georges Coulonges est né en 1923 à Lacanau-Ville. Son père travaillait pour la compagnie des chemins de fer tandis que sa mère s'occupait du foyer familial. Georges Coulonges devient comédien après la Seconde Guerre Mondiale, et assez vite, entre comme bruiteur à la radio, avant de devenir producteur d'émissions de variétés radiodiffusées. À la radio et sur scène, il est pendant quatre ans « le receveur Julien », un joyeux employé du tramway. En 1956, il « monte » à Paris pour écrire, notamment des chansons. Il signe les premières chansons de Marcel Amont : Escamillo et La photographie(1957). Parmi ses premiers interprètes, il faut également citer Annie Fratellini (La morte saison, 1957), Tohama (Demain, nous irons, 1958), Marie-José (Viens danser l’amour, 1958) et André Dassary (La fête à maman, 1958).


En 1958, la chanson Je t’aimerai, t’aimerai obtient le succès. Plusieurs interprètes l’ajoutent à leur répertoire dont Luis Mariano, Gloria Lasso et Tino Rossi. Le premier enregistrera la même annéeSayonara, tandis que Tino Rossi chante, en 1959, Porto Polo. De son côté, Gloria Lasso interprète Océano.

À cette époque, deux interprètes peuvent être considérés comme étant des interprètes fétiches de l’auteur : Henri Genès et René-Louis Lafforgue. Henri met à son répertoire plusieurs chansons dontLes commandements de Lavedese, L’officier idéal, La chanson des pipeaux et El Coryza. Quant à René-Louis, il interprète La boulange, Et une liberté, L’école buissonnière, Mirabeau, Mirabelle et La guitare espagnole, entre autres.

Georges Coulonges est également interprété par Bourvil (Du côté de l’Alsace), Joël Holmès (Chemin de Rome), Henri Salvador (Papa et maman), Annie Cordy (Six roses, Attends, je viens), Philippe Clay (Fatigués de naissance, 1959), Patachou (La musique) etc.

Pendant les années soixante, les vedettes des années cinquante continuent d’enregistrer les chansons de l’auteur : Félix Marten (La mère Éloi, 1961), Michèle Arnaud (Les amoureux de novembre, 1961), Les Frères Jacques (Don Léon, Au bal des gens de maison, 1961), par exemple. Les nouveaux venus ne sont pas en reste, loin de là. Parmi ceux-ci, Jean Ferrat s’avère être un interprète fidèle. Leur première chanson commune, La fête aux copains, est enregistrée par Juliette Gréco en 1963. En 1965,Potemkine connaît les foudres de la censure. La chanson est interdite d’antenne, les médias préférant alors le côté romantique de Ferrat plutôt que son côté engagé. Malgré tout, les deux hommes poursuivent leur collaboration : La jeunesse (1964), La commune (1971), Un enfant quitte Paris. Cette dernière chanson fut également interprétée par Isabelle Aubret, tout comme La chanson des pipeaux et Le goût de l’été.

En 1965, l’auteur écrit L’enfant au tambour, une magnifique chanson racontant l’histoire d’un jeune garçon à la recherche de son père mort à la guerre. Il s'agit en fait d'une adaptation d'un chant de Noël anglo-saxon, The little drummer boy. La chanson est immortalisée par Nana Mouskouri. Bien que le texte de l'auteur n'ait rien à voir avec l'original, L'enfant au tambour devient un classique de Noël. Sacha Distel enregistre la chanson dans une version différente. Il interprète aussi Les filles, moi j’aime ça, en 1962.

Parmi les autres interprètes de Georges Coulonges, il faut citer Caterina Valente (Jérémie, voici l’heure), Michèle Torr (C’est dur d’avoir seize ans, 1964), Francesca Solleville (Le nouveau monde), Max Rongier (Le bonheur au temps présent, La cadence, La route, Ce mois d’août, Les dettes de guerre, Que tu sois là) et Francis Lemarque (Paris de loin, Rien, j’entends rien, Le chômage).  Avec ce dernier, il crée Paris Populi, une grande fresque historique en chanson.

Par ailleurs, l’homme de lettres a aussi écrit pour le théâtre et la télévision. Il a aussi publié de nombreux romans dont la série Les chemins de nos pères et Les blés deviennent paille. Pour son premier roma,, il reçoit des mains de Jules Romains, le Grand Prix de l'humour en 1964, suivi, pour son deuxième ouvrage, en 1966, du prix Alphonse Allais. En 1969, il signe un livre sur la chanson française intitulé La chanson en son temps, de Béranger au Juke-box pour lequel il reçoit le Pirx exceptionnel de la SACEM et La Commune en chantant, étude fouillée de la Commune de 1871 à travers les textes de ses chansons

En 1998, il signe son autobiographie intitulée Ma communale avait raison. Il nous quitte au début de l'été 2003, âgé de 80 ans.

 

 

Extrait

"Chez Brébant, l'ambiance réjouit Margalide. Devant elle, les lèvres minces ont de la peine à manger. Les yeux voient le malheur s'abattre sur les huîtres retrouvées, sur le boeuf renaissant dans sa sauce à nouveau garnie de truffes.

- La première occupation de la Commune a été d'anéantir le registre d'inscription des filles publiques, déclare monsieur Berthelot.

Monsieur de Goncourt explique facilement le fait :

- Ces messieurs n'avaient pas envie qu'on y trouve les noms de leurs femmes ou de leurs soeurs !

- Ou de leurs maîtresses ! glousse une cocotte accompagnée ce soir de son nouveau protecteur.

Margalide sourit.

Madame Brébant lui rappelle qu'il est mal venu de paraître se moquer des propos de la clientèle.

Un homme rapporte un fait alarmant :

- Nos nouveaux princes remplacent le tirage au sort des conscrits par le service militaire obligatoire pour chaque citoyen.

- C'est ce que ces gredins appellent un régime de liberté !

Margalide hoche la tête : belle liberté donnée aux garçons des Pyrénées qui, pour éviter l'appel sous les drapeaux, se coupaient deux doigts ! Ou se brisaient les dents ! Ah ! Ils n'avaient pas la "liberté", eux, de s'acheter un remplaçant qui, à leur place, pendant sept années, risquerait sa vie !

Devant elle, le concert continue :

- La racaille a osé proclamer la séparation des Eglises et de l'Etat. Les crucifix doivent être enlevés des murs des écoles publiques.

- Cela se comprend, dit Monsieur de Goncourt : on voit mal les instituteurs de la médiocratie enseigner le vote universel et la liberté de la presse sous le regard de Dieu !

Il est d'un pessimisme absolu :

- Les ouvriers sont, pour les sociétés modernes, ce qu'ont été les Barbares pour les sociétés anciennes : des convulsifs agents de destruction.

Le commandant de Chazel-Brunet n'a pas dit un mot. Sa table semble exploser sous la fougue de son coup de poing :

- Les Barbares sont les Prussiens ! Et ceux qui ne possèdent pas n'auraient pas pris le pouvoir si ceux qui possèdent avaient su repousser Bismarck !

Monsieur de Goncourt n'aime pas le bruit. Il murmure :

- Je constate que, contre les Prussiens, votre Commune n'entreprend rien.

- Ce n'est pas ma Commune ! hurle le commandant.

On peut le croire : monarchiste, catholique, militaire allant au bout de sa foi, Hugues Marie François Gontran de Chazel-Brunet n'a rien d'un partageux. Un fait l'empêche de rallier versailles : il ne veut pas avoir à tirer sur ceux qui, avec lui, ont risqué leur peau contre les Barbares.

Il le dit bien haut :

- Ceux-là étaient mes hommes ! Et vous, monsieur de Goncourt, je ne vous ai pas vu parmi eux !

Monsieur de Goncourt avale sa salive :

- Je me suis interrogé sur ce fait ...

Un deuxième coup de poing fait sauter les couverts. Plus fort que le premier :

- Ceux qui perdaient leur vie au combat ne s'interrogeaient pas : ils tombaient. Par amour de la patrie !

Monsieur de Goncourt est pâle. A son tour, il se lève. Il trouve la force d'articuler :

- L'amour de la patrie est un sentiment démodé.

"Cette fois, il va y avoir du grabuge !" estime Margalide guillerette.

Le commandant a poussé un cri de bête blessée.

Son adversaire fait retraite vers la porte :

- La ripaille et la gogaille : voilà pourquoi nos générations actuelles sont prêtes à verser leur sang !

Margalide lui tend son vêtement. Il voudrait le mettre en marchant. Pour filer plus vite. Ses mains tremblantes ont de la peine à s'en saisir. Elle l'aide. Il ne parvient pas à passer sa manche. Arrivé au tambour, il se retourne :

- Aujourd'hui le peuple français se bat pour boire des canons gratis. Demain, il se battra pour empoigner la grenouille de la bourgeoisie.

Il sort.

Le commandant avale son verre de Lamarque.

Monsieur Ernest Renan se tourne vers lui, heureux de lui rappeler les paroles d'Isaïe :

- "Que me font vos sacrifices ? ... Améliores-vous."

Le commandant se moque des prophètes ! Il est militaire. Il intime un ordre à l'orateur :

- Commencez donc pavous améliorer vous-même !

Constatant que le philosophe est encore en âge de porter un fusil, il décrète qu'il l'attendra le lendemain à l'Ecole militaire pour l'initier à la pratique du tir couché et lui révéler les finesses du combat à la savate.
Margalide ne se tient plus de rire."


Commentaires

Bonsoir, j'aime cet homme si droit sur ses jambes Coulonges, par forcément tout ....a 70%...merci pour ce commentaire assez complet...mais il manque...Vous...avez vous lu, qu'avez vous aimé si oui, qu'est ce qui vous a porté a ainsi nous parler de l'auteur et de ses livres? votre commentaire manque de Vous.
Catherine

Écrit par : Lady Catherine | 15/01/2012

Une note qui me convient tout à fait... G. COULONGES et FERRAT bien sûr : il y a cent ans, commun commune comme un espoir mis en chantier...et Francesa SOLLEVILLE. Inoubliables.. Bises de miche

Écrit par : miche | 27/01/2012

Ce que j'adore pour ce qui est de tes billet c'est qu'ils sont clairs, ceusés et instructifs !
Pour débattre du post, n'hésite pas et joins moi par e-mail !
J'espère vraiment bientôt relire des informations semblables à celle là !

Écrit par : Poele a bois | 10/02/2012

Les commentaires sont fermés.

 
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