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02/12/2011

Interview par La Marseillaise de Jean-Marie Angelini qui dirigeait le service de la PJJ qui a suivi M., le meurtrier présumé de la jeune Agnès au Chambon-sur-Lignon

« On ne sait pas qui va ou ne va pas récidiver »

 

A la retraite depuis le 1er octobre, Jean-Marie Angelini était jusque là responsable de l’unité éducative en milieu ouvert de la Protection judiciaire de la jeunesse (PJJ) à Nîmes. Service qui a suivi le jeune homme mis en examen pour le viol et le meurtre de la jeune Agnès au Chambon-sur-Lignon. S’il n’a jamais personnellement rencontré le jeune M., J-M. Angelini a eu des contacts avec ses parents et c’est son service qui a remis au juge un rapport dont le but était d’aider à sa prise de décision quant à la remise en liberté de l’adolescent mis en examen pour le viol d’une jeune fille en août 2010. J-M. Angelini est membre du SNPES/FSU.
Quel a été le rôle de votre service dans le suivi de M. ?
« Dès août 2010, nous étions dans le cadre d’une mesure d’investigation et d’orientation éducative pour faire un bilan de l’histoire familiale et scolaire du jeune. Une de nos éducatrices l’a rencontré quand il était en milieu carcéral. Puis nous avons remis un rapport au juge qui s’est également appuyé sur deux expertises médicales. Après sa remise en liberté le 26 novembre 2010, il a eu plusieurs obligations : être scolarisé à Chambon-sur-Lignon puisqu’il avait interdiction de revenir à Nages où vivait sa victime. Il avait aussi une obligation de soin. Il a rencontré régulièrement des psychothérapeutes libéraux. Une de nos éducatrices l’a vu dans le Vaucluse quand il venait voir ses grands parents ou ses parents.
La droite a parlé de dysfonctionnement dans ce suivi ?
Il n’y a pas eu de dysfonctionnement, en tout cas au niveau institutionnel. Le suivi judiciaire a été fait à la lettre. Entre novembre 2010 et novembre 2011, ça a marché, c’était un bon élève. Simplement, c’est une illusion de penser qu’on peut prédire l’avenir. L’objectif assigné par notre mission vis à vis des jeunes qui nous sont confiés est d’éviter l’incarcération et de les réinscrire dans la vie sociale.
Dans la plupart des cas d’ailleurs, ça marche ?
J’ai bossé à la PJJ pendant quarante ans, je suis à Nîmes depuis vingt ans. C’est LE cas auquel nous avons été confrontés. La violence de ses actes, les conditions dans lesquelles il a tué sa victime, c’est un cas atypique, qui sort du commun des jeunes auxquels on a affaire. Le sociologue Laurent Muchielli dit d’ailleurs qu’en 2010, il y a eu deux meurtres de jeunes par des jeunes.
C’est deux de trop, mais c’est sur l’horreur de ce drame que le gouvernement surfe.
Tout à fait. A partir de là il échafaude des lois qui pour l’instant concernent deux ou trois jeunes chaque année. On est face à quelque chose de complètement disproportionné.
Le gouvernement va présenter une loi. Est-ce que les dispositions avancées auraient pu empêcher ce drame ?
A part de dire qu’on enferme ce jeune et qu’il ne sorte plus, je ne vois pas ce qui peut éradiquer ce genre de comportement. On sait bien que ce n’est pas possible d’enfermer à vie des jeunes qui ont commis des crimes sexuels. Il y a un autre paramètre : avec des ados, on n’est pas figé ad vitam æternam sur un comportement. C’est valable pour un jeune qui viole comme pour un jeune qui vole un portable. On peut mettre en place un projet. Au moment de l’adolescence, beaucoup de choses submergent les jeunes mais dans neuf cas sur dix, il n’y aura pas de passage à l’acte. En revanche le dernier cas, il est pratiquement impossible à prédire.
Le passage systématique en centre fermé (CEF) est-il envisageable ?
On en parle beaucoup. Dans le cas de M. d’abord, il a fait quatre mois de détention. Ce qui pour un mineur n’est pas rien. L’envoyer dans un CEF n’avait pas de sens. En tout cas, le juge n’en a pas décidé ainsi. Et surtout nous avons pensé que ce jeune devait reprendre sa scolarité, ce que les CEF ne permettent pas. On ne peut pas systématiser ce genre de mesures. Ce serait faire fi de l’individu, de sa singularité, de ses potentialités.
Il ne suffit pas de penser que le CEF est la réponse à tout, pour que la réinsertion puisse marcher. Il faut que nous ayons à notre disposition une palette de réponses possibles en fonction des cas. Et ce que nous craignons avec l’annonce de l’augmentation de 50% des places en CEF, c’est justement qu’en période de rigueur, on prenne les moyens affectés au milieu ouvert.
Et les autres mesures ?
Je crois avoir compris qu’il y a deux autres dispositifs : l’évaluation du degré de dangerosité. Je ne sais pas s’il y aura une échelle de Richter de la dangerosité ni comment on la déterminera. Je ne sais pas non plus si les professionnels pourront la déterminer. De même qu’on ne saura jamais qui va ou ne va pas récidiver et à quel moment. C’est une illusion de penser que le risque zéro existe. Ensuite, il y a le secret. Le reproche est fait de ne pas avoir dit au collège pourquoi ce jeune avait été incarcéré. L’établissement savait que le jeune avait fait quatre mois de prison mais ce sont les parents qui ont trouvé l’établissement et gardé le secret sur les causes. Notre objectif est toujours de réinstaurer les parents dans leur autorité. Dans ce cas nous n’en avons pas eu besoin. Ils étaient très disponibles à l’égard de leur enfant. Quand nous sommes intervenus nous avons eu à préserver le secret de l’instruction et la présomption d’innocence. Cela ne vaut pas que pour DSK ou Eric Woerth. Je précise aussi que l’éducatrice est montée au Chambon-sur-Lignon en mars où elle a rencontré le conseiller principal d’éducation. Elle devait voir le prof principal mais il était malade et a croisé le principal qui était pris par d’autres occupations.
Et en mars, il n’y avait pas de problème ?
Non. L’établissement savait qu’il y avait un suivi judiciaire par nos services. S’il estimait qu’il y avait des choses à nous dire, il pouvait le faire. A aucun moment l’institution scolaire ne nous a prévenus de problèmes relativement graves.
A chaque drame de ce genre, l’idée grandit que mineur ça veut dire délinquant en puissance…
L’important, c’est le regard que les adultes portent sur les jeunes. Au fil du temps, on est passé des mineurs en danger à des mineurs dangereux. Or, un jeune est un être en formation, en construction dans une phase très compliquée, de grande fragilité. Un regard bienveillant, c’est se dire qu’il peut y avoir des erreurs qu’on ne doit pas excuser mais essayer de comprendre. Il faut alors accompagner et remettre du sens, de la loi. Pas dire à un jeune : toute ta vie tu seras comme ça.
Et ce n’est pas l’horreur du Chambon qui doit empêcher que vous fassiez ça avec d’autres adolescents ?
Il faut qu’on le fasse avec tous les adolescents. Y compris avec M. Parce qu’il va bien falloir essayer de faire en sorte qu’il puisse se réinscrire parmi ses semblables. Il ne faut pas non plus tirer des généralités à cause de l’émotion. Bien sûr, qui n’est pas choqué en se disant ça aurait pu arriver à ma fille ? Mais est-ce qu’on ne peut aussi se demander : est-ce que ça n’aurait pas pu être nos enfants qui commettent cet acte-là ? »
RECUEILLI PAR ANNIE MENRA

18/11/2011

Le racket de la dette


Topo citoyen n°1 : La dette est un prétexte par lepartidegauche

10/11/2011

Les profits sanglants de la guerre en Libye

L’ONU a officiellement de décrété la fin de la mission de l’OTAN en Libye. C’est l’achèvement d’une guerre qui a eu tout au long de son déroulement bien peu à voir avec le mandat initial de « protection des civils ». Elle s’est achèvée significativement avec le lynchage brutal du dictateur Kadhafi. Celui-ci, responsable de tant de crimes odieux, ne sera pas regretté. Mais cette mort violente arrange bien les dirigeants occidentaux de Georges Bush à Nicolas Sarkozy, en passant par Tony Blair, qui auraient pût pâtir des révélations publiques que l’ex chef d’Etat Libyen n’aurait pas manqué de faire au cours d’un procès. Et pour les familles des victimes des crimes de Kadhafi, cette absence de justice est une souffrance supplémentaire.

Mais cela n’est pas le souci des pays de la coalition qui ont soi-disant « libéré » le pays. Les forces du Conseil national de Transition paraissent bien peu en capacité de stabiliser la situation, d’autant plus qu’elles se sont en permanence mises sous la coupe des puissances occidentales et dépendent fortement de ces dernières. C’est donc un pouvoir faiblement légitime, divisé, qui s’est également rendu responsable de tortures, selon Amnesty International, de violences racistes envers des migrants africains suspectés d’être des mercenaires pro Kadhafi. Une des premières mesures prises par le gouvernement de transition a été de rétablir la polygamie (que le régime Kadhafi avait interdit).

Et il y a maintenant la course cynique aux dividendes de la guerre pour décrocher les contrats de la reconstruction et imposer une libéralisation de l’économie du pays. En septembre 2011, pendant le G8 de Marseille, la directrice du FMI Christine Lagarde, a annoncé : « Le Fonds Monétaire International reconnaît le Conseil de transition comme gouvernement de la Libye et est prêt, en envoyant au plus tôt son staff sur le terrain, à lui fournir assistance technique, conseil politique et soutien financier pour reconstruire l’économie et commencer les réformes » Sans attendre le FMI, c’est déjà une concurrence sans merci entre entreprises anglaises, américaines, turques, françaises…. Les entreprises d’armement françaises sont contraintes d’afficher une certaine retenue alors que certaines sont accusées d’avoir vendus des équipements militaires et d‘espionnage à l’ancien régime. Mais le gouvernement Fillon se donne les moyens de rester dans la course. La Direction des Affaires Stratégiques du ministère de la Défense a ainsi encouragé l’implantation d’une cellule du cabinet EPEE (Experts partenaires pour l’entreprise à l’étranger) pour aider les patrons français à s’implanter. Depuis le 11 octobre 2011, un des responsables d’EPEE, Hugues de Samie, conseiller du commerce extérieur de la France et ancien officier supérieur de la Légion étrangère, est à Tripoli pour préparer le terrain. Le groupe Bouygues s’est dit intéressé. D’autres multinationales françaises, comme Veolia ou Suez seraient également déterminées à décrocher des contrats dans la gestion des importantes ressources d’eau du pays.

Et pour les pays qui ont mené la guerre, les bénéfices ne se limitent pas aux contrats de la reconstruction libyenne. C’est un encouragement pour tous les industriels du secteur de l’armement. Le délégué général pour l’armement, Laurent Collet-Billon, déclarait ainsi : « En termes commerciaux, il n’y a pas de meilleure démonstration que ce type d’évènements. » De juteux contrats, comme la vente de Rafale avec les Emirats Arabes Unis, pourraient ainsi être conclus.

La guerre sanglante menée en Libye – qui a fait des dizaines de victimes civiles qui n’ont même pas été toutes comptabilisées – reste une honteuse opération néo-coloniale à inscrire au bilan de Nicolas Sarkozy. Pour le peuple Libyen, une nouvelle lutte pour diriger par lui-même son propre avenir commence.

20:26 Publié dans Actu | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : libye, otan, kadhafi, cnt, fmi, pétrole | |  Facebook | |

31/10/2011

Adhésion de la Palestine à l'UNESCO : un grand pas en avant vers la reconnaissance de l'Etat Palestinien ...

Dans sa quête de reconnaissance internationale en tant qu'Etat, la Palestine vient de remporter une importante victoire à l'Unesco. L'organisation des Nations unies pour l'éducation, la science et la culture a en effet approuvé, lundi 31 octobre, par 107 voix pour, 52 abstentions et 14 voix contre, la demande d'adhésion de la Palestine, qui devient donc membre à part entière. Pourtant, la Palestine comptait parmi ses opposants les Etats-Unis, qui n'ont cessé de faire barrage.

La France et la quasi-totalité des pays arabes ont voté en faveur de l'adhésion des Palestiniens comme membres à part entière, tout comme les BRIC (Brésil, Chine, Inde et Russie). Les Etats-Unis, l'Allemagne et le Canada ont voté contre, tandis que l'Italie et le Royaume-Uni se sont abstenus.

En représaille, l'Etat hébreu menace de retirer sa contribution financière à l'organisation. De son côté, Washington, menace aussi de suspendre sa  contribution de 70 millions de dollars (50 millions d'euros) à l'Unesco, soit 22 % du budget de l'organisation. Deux lois américaines du début des années 1990 interdisent en effet le financement d'une agence spécialisée des Nations unies qui accepterait les Palestiniens en tant qu'Etat membre à part entière, en l'absence d'accord de paix avec Israël.

Dans ces cas-là, la première victime serait l'organisation internationale, qui intervient notamment en faveur des femmes et dans la protection du Patrimoine mondial, puisque son budget serait de facto amputé du quart de son montant.

Alors que la demande d'adhésion de l'Etat palestinien à l'ONU est en attente d'une décision, qui devrait intervenir le 11 novembre 2011, cette victoire marque une réelle avancée des Palestiniens sur la scène internationale. A l'heure à Israel multiplie les provocations colonialistes par une emprise de plus en plus importante sur les terres palestiniennes, à l'heure où les révolutions arabes risquent de remettre en cause les équilibres acquis par les USA dans cette partie du monde, à l'heure où le maintien du peuple gazaoui dans une situation de non droit devient de plus en plus intenable pour Israel et ses soutiens occidentaux, l'UNESCO vient de donner un nouveau signe d'espoir au peuple palestinien.

23/10/2011

Jean Luc Melenchon sur TF1 le 20 octobre 2011


Jean-Luc Mélenchon sur TF1 à "Parole directe" par lepartidegauche

09/10/2011

Mélenchon sur BFMTV : primaires socialistes, Europe, ...


Jean-Luc Mélenchon sur BFMTV ET RMC par lepartidegauche

 

Mardi 4 octobre, Jean-Luc Mélenchon était l'invité de la matinale "Bourdin 2012" sur BFMTV et RMC. Il a notamment interpellé le Parti Socialiste en demandant aux candidats de la primaire de choisir entre l'alliance avec la gauche et l'alliance avec le centre. Il est également revenu sur la réalité de la situation économique allemande ainsi que sur l'idée d'un protectionnisme européen...

 
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