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20/08/2009

UNE PANDEMIE DE PROFIT

J'ai reçu par mail ce commentaire sur la fameuse grippe A H1N1 dont on nous rebat les oreilles actuellement. Je le trouve fort pertinent. Qu'en pensez-vous ?

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  "Quels sont les intérêts économiques derrière cette grippe porcine dont on nous rebat les oreilles ? 1 million de personnes par an meurent dans le monde de la MALARIA, qui pourrait être prévenue avec un simple moustiquaire. Les journaux n'en parlent pas! 2 millions d'enfants par an meurent dans le monde de la DIARRHÉE, alors que l'on pourrait l'éviter avec un banal sérum pour 0€25 la dose. Les journaux n'en parlent pas!10 million de personnes par an meurent de la ROUGEOLE, PNEUMONIES et INFIRMITÉS, que l'on pourrait guérir avec de simples vaccins. Les journaux n'en parlent pas!

  Mais il y a de cela 10 ans, quand la fameuse grippe aviaire est apparue... Les journaux mondiaux nous ont inondés d'informations à ce sujet... : Une épidémie, la plus dangereuse de toutes... Une PANDEMIE ! On ne nous parlait que de la terrifiante maladie des volatiles. Et pourtant, la grippe aviaire a causé la mort de quelques 250 personnes en 10 ans... 25 morts par an. La grippe commune, tue un demi-million de personnes par an, dans le monde. Un demi-million contre 25 !

Un moment... Un moment s'il vous plaît !

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Alors, pourquoi un tel remue-ménage - un scandale- autour de la grippe aviaire? Parce que derrière les poulets il y avait un "Coq", un coq à grande crête. L'entreprise pharmaceutique internationale ROCHE avec son fameux TAMIFLU vendu à des millions de doses aux pays asiatiques. Bien que l'efficacité du Tamiflu soit douteuse, le gouvernement britannique en a acheté pour 14 millions de doses pour protéger sa
population.
Grâce à la grippe aviaire, ROCHE et RELENZA, les deux des plus grosses entreprises pharmaceutiques qui vendent les antiviraux, ont obtenu des millions de dollars de bénéfice.

Alors, en avant avec les oiseaux et maintenant avec les porcs. Eh oui! Maintenant commence la psychose avec la grippe porcine. Et
tous les médias du monde ne parlent que de çà. Et je me demande: Si derrière les poulets il y avait un "Coq"... N'y aurait t'il pas derrières les cochons un "Gros Porc"?

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L'entreprise nord-américaine Gilead Sciences détient le brevet du Tamiflu. Le principal actionnaire de cette entreprise n'est autre que le sinistre, Donald Rumsfeld  secrétaire d'état à la défense de Georges Bush, l'artisan de la guerre contre l'Iraq... Les actionnaires des entreprises pharmaceutiques ROCHE et RELENZA doivent se frotter les mains, ils doivent être heureux avec les millions de nouvelles ventes du Tamiflu.

La véritable pandémie est celle de l'argent, les énormes bénéfices de ces mercenaires de la santé.

Je ne nie pas les précautions nécessaires qui sont en train d'être prises par tous les Pays du globe. Mais si la grippe porcine est une pandémie aussi terrible que l'annonce les médias. Si l'OMS se préoccupe tant de cette maladie, pourquoi ne la déclare-t-on pas cette pandémie comme un problème mondial de santé publique. Pourquoi ne pas autoriser la fabrication de médicaments génériques pour la combattre ? Se passer momentanément des brevets des entreprises ROCHE  et RELENZA et distribuer les médicaments génériques gratuitement à tous les
pays, et plus particulièrement aux pays les plus pauvres.  Ne serait-ce pas la meilleure solution ? Ou alors c'est une farce et aucune menace réelle ne pèse sur le genre humain !!"

 

10/08/2009

Plaque blanche, plaque jaune ?

 

Il s'agit de vos plaques d'immatriculations de voiture.

Depuis le traité de Maastricht, la plaque avant est blanche et la plaque arrière est jaune...

Jusque là rien d'extraordinaire. Depuis plusieurs mois, quand vous achetez une voiture neuve ou d'occasion, on vous demande, avec plus ou moins d'insistance, si vous ne voulez pas deux plaques blanches, bien que l'arrêté du 27 avril 2007 modifiant l'arrêté du 1er juillet 1996, laisse le choix entre une plaque jaune ou blanche à l'arrière d'un véhicule automobile.

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Pourquoi ????

Vous avez peut être remarqué que sur les routes tous les nouveaux radars étaient à prise de vue arrière, ainsi que tous ceux qui sont remplacés par la nouvelle génération. Cela pour pouvoir flasher les motos.

Oui mais voilà ! Les plaques jaunes suivant la luminosité du jour, floutent plus ou moins les photos des radars. C'est pourquoi, il se peut que vous soyez sur d'avoir été flashé et de n'avoir pas reçu votre P.V. Les photos n'étant pas exploitables, le chiffre d'affaire des P.V. chute. Et comme il y a de plus en plus de photos inexploitables, du fait que les radars sont orientés en prise de vue arrière, les ministères intéressés veulent des plaques blanches des deux côtés du véhicule. C'est pour cela que l'on voit avec les nouvelles immatriculations, des voitures avec une plaque blanche à l'arrière

VOUS N'AVEZ AUCUNE OBLIGATION D'ACCEPTER DEUX PLAQUES BLANCHES.

La loi européenne de 1998 n'a pas été modifiée et le dernier arrêté en vigueur en France, c'est celui du 27 avril 2007.

       
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   Info communiquée par Maître Jorge MONTEIRO   
   Avocat au Barreau de LYON   

18/07/2009

Privatisation du système de santé

Le système de santé en voie de privatisation ?

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Un article paru dans le journal LE MONDE daté du 9 juillet 2009


Sans faire de vagues, sans provoquer ni polémique ni débat, Nicolas Sarkozy fait profondément bouger les lignes du système de santé français. Le discours qu'il a prononcé, le 4 juin, lors du congrès de la Mutualité française, à Bordeaux, pourrait transformer durablement les contours de la Sécurité sociale. Qu'a dit le président de la République ? Que les " ressources de la solidarité nationale ne sont pas infinies " et que " les régimes de base ne pourront pas tout financer ". " La solidarité nationale, financée par des prélèvements obligatoires, continuera de remplir sa mission , a annoncé M. Sarkozy. Mais à ses côtés, d'autres formes de protection sont appelées à se développer (...). Je souhaite que soient confiées de nouvelles responsabilités aux organismes complémentaires. "

S'il se concrétisait dans les années qui viennent, ce programme d'action pour l'assurance-maladie acterait un recul de la solidarité nationale. Un déplacement des lignes de partage entre assurance-maladie obligatoire et organismes complémentaires - mutuelles, instituts de prévoyance, assurances privées -, les seconds étant appelés à augmenter leur part de soins remboursés, revient à accepter une privatisation partielle du système de santé. Et s'il parait indolore pour une bonne part des Français, il se fera au détriment des millions de personnes qui détiennent une mutuelle de mauvaise qualité voire n'en ont pas du tout.

Aujourd'hui, la très grande majorité des Français (92 %) possède une couverture complémentaire. Mais ce taux important cache de très nombreuses disparités. Les salariés sont couverts par des contrats collectifs, offerts par leurs entreprises et souvent généreux dans leurs remboursements. A l'inverse, les chômeurs, les professions libérales et les retraités doivent recourir à des contrats individuels, dont les primes sont souvent indexées sur l'âge des adhérents. Les personnes âgées, notamment, peuvent dépenser plusieurs milliers d'euros par an pour des couvertures complémentaires parfois peu performantes. Au titre des personnes détenant une complémentaire, se trouvent également les quatre millions de bénéficiaires de la couverture-maladie universelle (CMU) instaurée en 1999 pour les plus défavorisés et qui est accessible aux revenus inférieurs à 621 euros mensuels.

Restent les 7 % de Français qui échappent à toute couverture complémentaire. Pour ces personnes, qui ne peuvent bénéficier de la CMU, adhérer à une mutuelle représente un trop gros effort financier. La proportion de personnes " sans mutuelle " est ainsi de 15 % chez les ouvriers et de 18 % chez les chômeurs contre 5 % chez les cadres. Or l'absence de couverture par une complémentaire est un facteur important de renoncement aux soins. Selon une étude de l'Institut de recherche et documentation en économie de la santé (Irdes), 32 % des personnes non couvertes déclarent avoir renoncé à se soigner en 2006, contre 19 % des bénéficiaires de la CMU et 13 % d'une complémentaire privée. Ces personnes sacrifient le plus souvent les soins bucco-dentaires, l'optique et les consultations médicales avec dépassements d'honoraires, c'est-à-dire les soins qui sont les moins remboursés par la " Sécu ".

Pour tous ces Français, le projet présidentiel - transférer des pans de l'assurance-maladie obligatoire vers les complémentaires - se traduira par de nouveaux obstacles dans l'accès aux soins. Le gouvernement le sait pertinemment qui a décidé d'augmenter le plafond de l'aide à la complémentaire santé, une subvention qui finance en partie l'adhésion à une mutuelle. Fin 2008, un demi-million de personnes bénéficiaient de cette aide qui s'élevait en moyenne à 200 euros par an. Mais ce dispositif laisse de côté encore bien trop de " sans-mutuelle " : la population cible est en effet estimée à 2 à 3 millions de personnes.

En réalité, à moins de rendre obligatoire l'acquisition d'une mutuelle ou d'étendre le bénéfice de la CMU à des populations plus larges, l'augmentation du champ d'intervention des organismes complémentaires ne peut que creuser les inégalités de santé. Le transfert annoncé se traduira en effet mécaniquement par une augmentation des primes. Or ce surenchérissement du prix des complémentaires serait bien plus inégalitaire qu'une augmentation des cotisations sociales, qui sont proportionnelles aux salaires.

Au nom de son refus d'augmenter les prélèvements obligatoires, M. Sarkozy tourne le dos à l'idée de redistribution entre hauts et bas revenus, portée par la Sécurité sociale. Ce ne sera plus chacun cotise en fonction de ses moyens et reçoit en fonction de ses besoins, qui était le dogme fondateur de la " Sécu ", mais chacun reçoit en fonction de ce qu'il aura réussi (ou non) à payer.

Le plus regrettable, dans ce mouvement, est sans doute qu'il s'opère à bas-bruit, presque en catimini. La technicité du sujet permet en effet de masquer l'enjeu démocratique majeur qui se pose aux Français : sommes-nous prêts à payer plus pour notre système de santé ? Si oui, est-ce dans l'esprit de la Sécurité sociale ou en acceptant une privatisation progressive du système ? Ces questions mériteraient un débat public clair. Et non d'être purement et simplement escamotées.



Cécile Prieur

Petit commentaire personnel : En fait, cette politique de casse des solidarités vise avant tout à ouvrir un marché juteux aux compagnies d'assurances privées. Le plus terrible dans tout cela, c'est que les Mutuelles s'engoufrent dans le système sans se poser la question de leur devenir. Car sous peu le choix sera clair, soit elles s'alignent sur les assurances privées ( ce qu'elles commencent d'ailleurs déjà à faire) soit elles disparaissent. Sauf si elles décident d'entrer en résistance avec l'ensemble du mouvement social. Mais c'est mal parti. Au Congrès de la Mutualité dont il question dans cet article, le discours de Sarkozy fut très applaudi.

 

09/07/2009

A propos du film "HOME"

Le film Home de Yann Arthus-Bertrand a fait le plein de téléspectatuers quelques jours avant les élections européennes. Le résultat de la liste Europe Ecologie lui doit certainement un peu... Quand verrons-nous avant une échéance électorale un reportage sur les victimes de la crise, les précaires, les jeunes en galère car vivant de petits boulots, enfin un film sur la réalité sociale du pays ? ce n'est pas demain la veille !

Les qualités hestétiques de Home sont réelles et on ne se lasse pas d'admirer ces belles images de notre planêtes. Mais sur le fond, le film fait débat. Paul Ariès y apporte sa contribution... 

« Home », un mauvais jour pour l'écologie

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jeudi 25 juin 2009, par Paul Ariès

Le film Home de Yann Arthus-Bertrand est un très mauvais coup contre l'écologie politique, c'est-à-dire contre une écologie de rupture avec le capitalisme et tout productivisme. Son auteur est le chantre des mascarades vertes : ex-photographe du Paris-Dakar à l'époque où cette course était le symbole du néocolonialisme (la domination des uns sur les autres et de tous sur la planète), il n'est certes pas crédible en tant qu'individu, mais il aurait cependant pu faire un bon travail, un film pédagogique. Ce n'est pas le cas : si le constat est juste, le diagnostic est faux et les solutions sont mauvaises. Ce film est donc dangereux politiquement. Tout d'abord, la beauté des paysages masque la laideur des thèses, mais aussi la part du non-dit. Cette esthétique est en effet un choix idéologique et politique contestable. C'est celui d'une nature sauvage qui serait polluée par les humains - conception nord-américaine de l'écologie -, où ils apparaissent comme « en trop ». L'écologie européenne est née de la critique de l'aliénation, de l'exigence notamment de conditions de travail et d'existence qui assurent une vie plus belle. Ces paysages splendides n'évoquent rien pour l'immense majorité des humains et ne peuvent donc que renforcer un sentiment d'impuissance et de culpabilité. Il faut être riche pour voir cette nature-là : les pauvres n'y accèdent jamais. Arthus-Bertrand reprend la représentation de Dame nature alors qu'il faudrait justement la combattre. Nous ne devons ni dominer ni être dominés par la nature mais l'accompagner, comme le montrent merveilleusement les laboratoires du futur du jardinier Gilles Clément. Ensuite, Arthus-Bertrand montre que les lois qui valent pour la société seraient ces lois naturelles couplées aux lois économiques, bref tout autre chose que des lois politiques au service des plus petits.
Les films de Jean-Michel Carré (J'ai mal au travail) ou ceux de Marie-Monique Robin (Monsanto) ont fait un autre choix : celui de l'intelligence collective, d'une interpellation qui permette aux spectateurs de (re)devenir des citoyens agissant pour leur émancipation. Arthus-Bertrand évacue la responsabilité du système, celle des logiques économiques et politiques dominantes. Le saccage de la planète serait la faute à pas de chance... Ah, si nous n'avions pas découvert le pétrole ! Ce parti pris esthétique exonère totalement les grandes firmes responsables de l'exploitation et de la domination des humains, mais aussi de la destruction de la planète. Le cas Pinault est exemplaire : première fortune européenne (il finance le film), symbole de ces riches qui saccagent la planète, il est métamorphosé par le réalisateur en superhéros vert, en champion de l'écologie, d'une nouvelle « croissance verte ». Ce film n'ouvre enfin aucune perspective sinon celle de culpabiliser plus encore les pauvres propriétaires de vieux logements, de vieilles voitures, beaucoup moins « écolos » que ceux des riches... Ce film ne nous dit rien sur la nécessité de faire décroître les inégalités pour sauver la planète. Ni sur le fait qu'il faudrait assurer à chacun les moyens de vivre frugalement et dignement, c'est-à-dire partager tout autrement un autre gâteau beaucoup plus comestible socialement et écologiquement. Ce film ne dit pas non plus (et pour cause) qu'il faudrait démanteler les sociétés transnationales responsables de la faillite planétaire, il ne souffle pas un mot des dangers de la techno-science. Il ne dit (surtout) pas qu'il faudrait détruire l'appareil publicitaire responsable de ces modes de vie destructeurs.
Arthus-Bertrand signe un film symbole même de l'impérialisme culturel nouveau, celui du « capitalisme vert » avec son projet d'adapter la planète, les humains et l'écologie aux besoins du productivisme. Ce film recycle tous les poncifs d'une écologie de marché avec le principe des droits à polluer, avec le mécanisme de compensation (je pollue, mais je paie...), à l'instar des vieilles indulgences. Il pollue l'écologie en y important les thèses des écologistes de marché, il participe de cette idéologie qui veut enseigner aux pauvres à se serrer la ceinture. Ne faut-il pas leur faire payer la crise écologique comme ils paient déjà la crise financière ? Ce film lave plus vert le capitalisme et le productivisme : il prépare de mauvais jours.

Paul Ariès est politologue, directeur du Sarkophage*.
Le Sarkophage est le journal des gauches antiproductivistes et des écologistes antilibéraux.  Paul Ariès est également l'auteur d'Apprendre à faire le vide (Milan).

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08/07/2009

L'assurance maladie aux Etats-Unis, un cauchemar

Par Armelle Vincent
article publié dans la lettre n°84 de l'UFAL « Union des Familles Laïques »

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Le 1er août prochain, l'assurance maladie qui couvre ma famille depuis environ dix-sept ans expire. J'ai donc entamé les démarches nécessaires pour garder la même organisation de soins, Kaiser Permanente, mais cette fois en tant que personne privée. Car jusqu'à présent, j'avais la chance de bénéficier d'un « group coverage », c'est-à-dire d'une couverture collective fournie par l'employeur de mon ex-mari. Tout ça est assez compliqué mais je vais tenter d'expliquer, le plus clairement possible et par la lorgnette de ma propre expérience, comment fonctionne le système de santé américain et à quel point et quelle vitesse il peut devenir effrayant.

Pendant des années donc, j'ai été membre de Kaiser Permanente, compagnie d'assurance/organisation de soins à but non lucratif, via l'entreprise pour laquelle travaillait mon mari. Perdre un jour mon assurance médicale ne faisait pas partie de mes préoccupations. En effet, il est illégal pour une compagnie d'assurance santé de rejeter un individu dont la « candidature » est soumise par un employeur, quels que soient son état de santé et ses antécédents médicaux. La raison pour laquelle des millions d'Américains choisissent un job plutôt qu'un autre est d'ailleurs malheureusement souvent liée au type d'assurance maladie offerte par l'entreprise, pas à l'intérêt intrinsèque de l'emploi.
En cas de divorce ou de licenciement, on peut garder la même assurance pour une durée variant entre 18 et 36 mois, via un régime de santé appelé Cobra, à condition toutefois de prendre en charge la totalité du coût mensuel, généralement plutôt élevé.
Bref, en août 2006, je me suis retrouvée dans la situation de souscrire à Cobra. J'ai eu la chance d'avoir un rab de trois ans de sécurité, enfin si l'on veut, vu le montant de la facture (une femme avec trois enfants égale 531 dollars/mois, soit 377 euros, auxquels il convient d'ajouter 15 dollars par visite médicale, 100 dollars pour un passage aux urgences, 10 dollars par médicament, etc.). Mais au moins, j'étais tranquille car tant que j'avais Cobra, Kaiser ne pouvait pas se débarrasser de nous. Alors qu'à partir du 1er août, je serai livrée à moi-même. C'est là que les choses se compliquent.
Le cauchemar commence lorsqu'on essaie de souscrire à une assurance maladie individuelle sans le soutien d'une entreprise ou d'un syndicat.

Piéger les candidats pour ne pas les assurer

Ça fait dix-sept ans environ que je suis assurée par Kaiser Permanente, pourtant, j'ai dû remplir un long questionnaire sur l'historique de mon état de santé, comme si Kaiser n'en connaissait pas déjà tous les détails. Au bout de quelques pages, je m'arrachais les cheveux et je fulminais. Les mêmes questions revenaient sous différentes formes.
L'astuce est connue : elles sont formulées ainsi pour vous induire en erreur et vous inciter à répondre une chose, puis son contraire avec les meilleures intentions. Si vous êtes un jour frappé par une grave maladie bien coûteuse, votre compagnie d'assurance peut reprendre votre dossier, l'examiner à la loupe et vous accuser d'avoir menti. Elle a alors la parfaite excuse pour vous expulser.
Les cas de ce genre sont nombreux. Vous avez oublié de déclarer une candidose ou une mauvaise grippe pendant votre adolescence ? A dégager. Vous buvez trop de vin, avez subi une intervention chirurgicale, avez un peu de diabète ou de cholestérol, oubliez. Si vous n'avez pas la chance d'avoir un employeur, vous risquez fort de ne plus jamais pouvoir être couvert. Je connais un homme dont le fils de 19 ans a récemment été opéré d'un truc bénin. Il vient d'être informé que son fils ne sera plus jamais assuré individuellement.
Passons maintenant aux primes. Scandaleuses ! Il y a quelques années, Kaiser était l'une des dernières HMO (Health Maintenance Organization) à offrir, en gros, une seule option pour tous les individus. Moyennant une mensualité fluctuant selon le nombre de membres de votre famille, vous aviez droit à une couverture santé très complète et satisfaisante. Ce n'est plus le cas. Kaiser offre désormais une dizaine d'options entre lesquelles il est extrêmement difficile de naviguer.
Après m'être décidée pour l'option à 616 dollars par mois, à première vue la plus intéressante pour ma famille, je me suis finalement rendu compte que pour ce tarif, j'avais une clause de franchise de 7000 dollars/an (c'est-à-dire que je devrais débourser cette somme chaque année avant de commencer à être couverte), et qu'après ça, les hospitalisations me coûteraient 500 dollars par jour, que les médicaments ne seraient pas couverts du tout et que je devrais payer 50 dollars par visite chez le médecin. Autant dire qu'à moins d'un événement catastrophique, les 616 dollars mensuels ne serviraient strictement à rien. Je vous passe les détails des autres plans. Il n'y en a pas un pour relever l'autre.

Aux Etats-Unis, les problèmes de santé ont contribué à 62,1% des banqueroutes individuelles

J'en suis arrivée à la conclusion qu'il serait peut-être plus économique de ne pas souscrire à une assurance maladie, sauf qu'il est toujours possible d'avoir un accident et de se retrouver complètement sur la paille. Mais là encore, être assuré ne garantit rien. D'après un article récent du American Journal of Medecine, en 2007, les problèmes de santé ont contribué à 62,1% des banqueroutes individuelles. 77,9% de ces victimes étaient au départ assurées ! Les assureurs ne couvrent en effet presque jamais la totalité des dépenses de soins. Et dans certains cas, devoir payer 10% du coût d'un traitement peut vous précipiter dans un abîme financier.
De toutes les HMO que j'ai considérés, Kaiser Permanente est, de loin, la meilleure. Je n'ai jamais eu à m'en plaindre. C'est pour ça que je voulais la garder.
Il y a deux systèmes de santé aux Etats-Unis : les HMO et les PPO (Preferred Provider Organization). Avec les premières, vous payez moins, mais vous ne pouvez consulter que les professionnels de la santé affiliés à votre HMO. Le choix est donc réduit. Avec les secondes, il est plus étendu : vous consultez qui vous voulez, mais votre facture mensuelle est bien plus salée.
C'est ce système effarant qu'Obama veut réformer. Afin que tout le monde, sans exception, puisse bénéficier d'une assurance maladie. Actuellement, près de 48 millions d'Américains en sont dénués. Mais les Républicains crient au socialisme. Quelle horreur ! Si la réforme du système présentée par Obama était votée par le Congrès, nous courrions le risque d'être couverts par l'Etat, ce qui serait évidemment pire que de ne pas être couverts du tout, comme chacun sait.
Les Républicains argumentent également qu'avec un système de santé publique, les Américains n'auraient plus la possibilité de choisir leurs médecins et leurs soins, comme s'ils l'avaient déjà ! De plus, la réforme prévoit la cohabitation des deux systèmes, public et privé. Mais comme le premier sera beaucoup moins coûteux que le second, ce dernier craint de perdre sa clientèle. Qu'il est en train de perdre de toutes manières. De moins en moins d'Américains peuvent se permettre d'acheter leur propre assurance maladie. D'autres font le calcul que ça ne sert à rien.

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par Armelle Vincent

Alors qu'Obama regarde vers l'Europe et avant-tout la France pour réformer son système de protection sociale, Sarkozy poursuit sa politique de casse de ce même système à la française, acquis de longue lutte par nos aînés.

27/06/2009

Le coup de gueule d'Eva JOLY contre la suppression du juge d'instruction.

Eva JOLY, députée européenne, ancienne magistrate pousse son coup de gueule contre le projet de suppression des juges d'instruction dans une lettre ouverte au Président de la République

 

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Monsieur le président,


 

Supprimer le juge d'instruction ne constitue pas une simple réforme de notre système pénal, mais porte atteinte au plus haut de nos principes, celui de la séparation des pouvoirs et de l'indépendance de la justice à l'égard du pouvoir politique. 

Votre discours ne mentionne aucune garantie d'indépendance pour les  enquêtes.

Ce silence, dans un domaine qui constitutionnellement vous échoie,  porte la marque du stratagème politique.  

Mais le verbe haut et toute la rhétorique du monde ne suffiront pas pour convaincre les Français qu'un parquet soumis aux instructions du ministre constitue une meilleure garantie pour le justiciable qu'un juge indépendant.  

Vous affirmez que notre pays est marqué par une tradition de "rivalité" entre le politique et le judiciaire.

La rivalité n'est pas du côté des juges, elle est le fruit de la peur des politiques.

Vous pensez que la légitimité politique prime sur tous les pouvoirs. Or c'est précisément pour contenir le désir de toute-puissance qui s'empare naturellement des gouvernants que les Lumières ont forgé le concept de séparation des pouvoirs.

John Locke l'a observé justement : "C'est une expérience éternelle, que tout homme qui a du pouvoir est porté à en abuser ; il va jusqu'à ce qu'il  trouve des limites."

Il ne fait pas bon en France incarner une de ces limites. Plus d'un magistrat en France peut en témoigner. 

Qui peut encore croire que le juge d'instruction est "l'homme le plus puissant de France" ?

Certainement pas vous, Monsieur le président. L'homme le plus  puissant de France, c'est vous.

Vous avez le pouvoir de faire saisir un tribunal arbitral qui attribue 285 millions d'euros à un de vos soutiens. 

Vous avez le pouvoir de déguiser une grâce individuelle à un préfet dévoyé en grâce collective.


LE SPECTACLE DE L'IMPUNITÉ 

A de rares exceptions, en matière financière, il n'y a plus que des enquêtes  préliminaires, et des dossiers bouclés dorment dans les tiroirs.

La liste des  enquêtes non effectuées est impressionnante : les soupçons de corruption à  l'encontre de Christian Poncelet, ex-président du Sénat ; les flux financiers allégués de Jacques Chirac au Japon ; les fortunes apparemment mal acquises des présidents africains placées en France ; le rôle supposé de la BNP Paribas dans  les montages corrupteurs au Congo-Brazzaville et Congo-Kinshasa. 

La justice aurait dû enquêter pour crever l'abcès.

Elle ne l'a pas fait,  laissant se répandre le poison du soupçon et le spectacle de l'impunité.

Une justice dépendante, c'est une justice qui n'ouvre pas d'enquête lorsque les faits déplaisent au pouvoir.

Rappelez-vous du massacre des Algériens à Paris le 17 octobre 1961. Il n'y eut jamais aucune enquête ! Aucune condamnation ! Parce que le parquet ne le jugea pas opportun. Est-ce cette face-là de la justice qu'il faut faire ressortir au XXIe siècle ?  

Le juge d'instruction est le fruit de notre histoire. Il n'existe pas ou a disparu en dehors de nos frontières. Il peut évidemment être supprimé, mais à condition que sa disparition entraîne davantage de démocratie et non davantage d'arbitraire.

Peu importe qui mène les enquêtes pourvu que les magistrats soient préservés des pressions ; pourvu que les investigations puissent être conduites, ne soient pas étouffées dans l'œuf. 

Vous voulez confier les enquêtes au parquet ?

Cela se peut, mais il faut alors  rendre le parquet indépendant de votre pouvoir, ce qui, vous en conviendrez, n'a guère été votre choix.

Les contempteurs des juges d'instruction affirment qu'il  est impossible d'instruire à charge et à décharge. Si le parquet enquête, il héritera du même dilemme. A moins que vous n'ayez l'intention d'accorder aux  avocats un pouvoir d'enquête. Non seulement la justice sera aux ordres, mais elle deviendra inégalitaire, à l'image de la justice américaine. 

En somme, vous aurez pris le pire des deux systèmes : l'arbitraire et  l'inégalité.

Face à un projet qui foule aux pieds l'idéal de 1789 d'égalité des citoyens devant la loi, face à une réforme qui risque de transformer notre pays en République oligarchique, à la solde de quelques-uns, j'appelle les Françaises et les Français épris de justice à la mobilisation contre votre projet.

Eva Joly, ancienne magistrate  

 
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