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03/11/2008

Mai 68 dans les Hautes Alpes

Il s'agit d'une brochure que j'avais commise il y a 10 ans de cela, à l'occasion des 30 ans de Mai 68. Je l'ai reprise et enrichie de nouveaux éléments au printemps dernier.

Elle a été rééditée quelques mois après la victoire d'un candidat à la présidentielle qui se targait de mettre à bas l'héritage de 68, héritage du dernier mouvement social en date qui avait permis de conquérir de nouvelles avancées sociales, remis en cause l'ordre établi et porté les valeurs de solidarité, d'égalité, de démocratie, d'humanisme, de transformation sociale.

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Cette brochure essaie de montrer qu'aucune région n'est restée à l'écart du mouvement, aucun département. Les travailleurs et lycéens Hauts Alpins ont "fait 68" au même titre que les étudiants parisiens, grenoblois ou aixois ... et que les salariés dans tout le pays. A l'échelle de notre petit département qui ne comptait alors que 93600 habitants.

Les documents sont issus des archives départementales des Hautes Alpes et de témpoignages de militants de l'époque.

Elle fait 80 pages , pour la modique somme de 4 euros.

11/10/2008

Lire en Fête - J'ai aimé : "Une mémoire pour l'oubli" de Mahmoud DARWICH

Voilà, j'avais promis de vous faire partager mes goûts littéraires. C'est fait à travers sept ouvrages que j'ai découverts cette année et qui m'ont particulièrement intéressé, touché, ému, plu... Un petit tour du monde des Etats-Unis à la Pologne, de l'Espagne au Pérou, du Sénégal à la Palestine où nous terminons notre voyage littéraire.

En effet, le dernier ouvrage que je propose aujourd'hui est le récit du grand écrivain Palestinien, Mahmoud DARWICH( محمود درويش ) qui nous a quitté il y a peu : "Une mémoire pour l'oubli". L'ouvrage fut publié à Beyrouth en 1987. Il est disponible en poche, aux Editions Actes Sud, dans la collection "Babel".

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L'histoire

On est en août 1982.
Les troupes israéliennes envahissent le Liban et s'acharnent à prendre Beyrouth qu'elles assiègent. La résistance palestinienne qui a fait de la ville son quartier général. Dans cette ambiance de folie meurtrière, et au-dessous d'un ciel saturé de missiles, un poète, exilé de la Palestine et habitant le huitième étage, écrit la chronique d'une ville livrée aux jeux de l'amour et de la mort.

Tandis que le monde s'écroule autour de lui, et que le fer hurle sa haine, solitaire, il parcourt les rues de cette ville et laisse son verbe s'imbiber de cette fièvre des métaux qui vide l'homme de sa chair et la mêle aux débris de verre et de béton.

Il décrit le destin de ce "reliquat d'humains" qui croît et se multiplie dans l'angoisse et au milieu des décombres. Et la mémoire s'adosse à la feuille blanche, et les pensées se précipitent cherchant une explication, une raison à cet inéluctable exil forcené.

Mais aux tiraillements du coeur ne répondent que l'écho des canons, et la voix des canons annonçant le départ imminent des résistants palestiniens vers un nouvel exil.
Partir.

L'auteur

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Mahmoud Darwich est né le 13 mars 1941 à Al-Birwah en Galilée (Palestine sous mandat britannique) et mort le 9 août 2008 à Houston (Texas, États-Unis). C'est une des figures de proue de la poésie palestinienne.

Profondément engagé dans la lutte de son peuple, il n'a pour autant jamais cessé d'espérer la paix et sa renommée dépasse largement les frontières de son pays. Il est le président de l'Union des écrivains palestiniens. Il a publié plus de vingt volumes de poésie, sept livres en prose et a été rédacteur de plusieurs publications, comme Al-jadid - (Le nouveau), Al-fajr (اLaube), Shu'un filistiniyya (Affaires palestiniennes) et Al-Karmel . Il est reconnu internationalement pour sa poésie qui se concentre sur sa nostalgie de la patrie perdue. Ses œuvres lui ont valu de multiples récompenses et il a été publié dans au moins vingt-deux langues.

Dans les années 1960, Darwish a rejoint le Parti Communiste d'Israël, la Rakah, mais il est plus connu pour son engagement au sein de l'Organisation de Libération de la Palestine (OLP). Élu membre du comité exécutif de l'OLP en 1987, il quitte l'organisation en 1993 pour protester contre les accords d'Oslo. Après plus de 30 ans de vie en exil, il peut rentrer sous conditions en Palestine, où il s'installe à Ramallah.

Les osèques de Mahmoud Darwich
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Les premières lignes

"Du rêve naît un autre rêve :
- Tu vas bien ? Je veux dire : tu es vivant ?
- Comment sais-tu qu'à l'instant je dormais, la tête sur tes genoux ?
- Parce que tu m'as réveilée en bougeant dans mon ventre. j'ai compris que j'étais ton cercueil. Es-tu vivant ? m'entends-tu bien ?
- Est-ce que cela arrive souvent que je sois tiré d'un rêve par un autre rêve, qui explique le premier ?
- C'est ce qui nous arrive, à toi et à moi. Es-tu vivant ?
- A peu près.
- les démons t'ont fait mal ?
- Je ne sais pas, mais il reste du temps pour mourir.
- Ne meurs pas tout à fait !
- J'essaierai.
- Ne meurs jamais !
- J'essaierai.
- Dis-moi : quand est-ce arrivé ? Je veux dire : quand nous sommes-nous rencontrés ? Quand nous sommes-nous séparés ?
- Il y a treize ans.
- Et nous nous sommes revus souvent ?
- Deux fois. Une fois sous la pluie, et encore une fois sous la pluie. La troisième fois nous ne nous sommes pas rencontrés. J'ai voyagé, je t'ai oubliée. Je viens de m'en souvenir, je viens de me souvenir que je t'ai oubliée. Je rêvais."


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Après l'intro musicale, Mahmoud Darwich nous livre un de ses poèmes "Heureux sans savoir pourquoi", en arabe, traduit ensuite par Didier Sandre.



Salut Mahmoud, notre frère d'humanité...

10/10/2008

Lire en Fête - J'ai aimé : "Qui a tué Palomino Molero ?" de Mario VARGAS LLOSA

Ce roman a été publié en 1986. Il est disponible en poche dans la collection "Folio" des Editions Gallimard.


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L'histoire

Nous sommes au Pérou, dans une région sèche et aride, léchée par les embruns de l'océan. Un jour, dans la fournaise, le sergent Lituma et le lieutenant Silva sont appelés sur la scène d'un crime: ils se retrouvent devant le cadavre supplicié d'un jeune homme. Il s'appelait Palomino Molero, jouait divinement de la guitare et avait une voix d'ange. Qui l'a tué et pourquoi?

Commence alors une difficile enquête pour les deux gendarmes, représentants de l'ordre civil, en butte au mutisme de l'armée. On murmure que des gros bonnets sont impliqués dans le meurtre et que tout sera fait pour étouffer l'affaire... comme d'habitude. De la gargote tenue par Dona Adriana au bureau du colonel Mindreau, de la misérable maison de la mère de Palomino au bordel du Chinetoque, les deux gendarmes guettent les indiscrétions et les débordements verbaux. Les fils vont les conduire au petit village terrorisé d'Amotape où une vérité romantique et désepérée sera révélée.

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Vargas Llosa dénonce, entre les lignes du récit de l'enquête, les méandres sombres et secrets du pouvoir absolu, ses mécanismes odieux qui brisent les hommes sans aucun état d'âme. La société est divisée en deux: ceux qui détiennent l'économie, l'argent et qui ont le teint clair et ceux qui triment, souffrent sous le soleil, vivent de peu et ont la peau plus foncée. Les personnages hauts en couleurs, pittoresques apportent leur truculence et leurs mesquineries à l'ironie du récit et le rendent délectable (la scène nocturne entre Dona Adriana et Silva est d'anthologie: le machisme en prend un sacré coup!).

L'auteur

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Mario Vargas Llosa, né en 1936 au Péro, est élevé par sa mère et ses grands-parents maternels, à Cochabamba (Bolivie), puis au Pérou. Après des études à l'Académie militaire, il épouse sa tante, Julia Urquidi. Il tirera de ce mariage la matière de 'La tante Julia et le scribouillard'. Étudiant de lettres et de droit à l'université de San Marcos, puis de littérature à l'université de Madrid, il publie son premier recueil de nouvelles, 'Les caïds', en 1959. Il s'installe ensuite à Paris, où il exerce diverses professions : traducteur, professeur d'espagnol, journaliste pour l'agence France-Presse. En 1963 paraît 'La ville et les chiens', son premier succès littéraire, qui sera traduit en une vingtaine de langues. Séduit par Fidel Castro et la révolution cubaine, il se rend à la Havane. Il rentre en Europe avec une nouvelle épouse, Patricia. Au début des années 70, l'auteur exprime pourtant ouvertement sa rupture avec la révolution castriste et les mouvements d'extrême-gauche. De retour au Pérou, il est candidat du Front démocratique à l'élection présidentielle péruvienne. Battu, il abandonne le Pérou, reprend ses activités littéraires et regagne Londres. La nationalité espagnole lui est accordée en 1993. Citoyen du monde, il vit entre Lima, Madrid, Londres et Paris.



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Les premières lignes

"- Bordel de merde de vérole de cul ! balbutia Lituma en sentant qu'il allait vomir. dans quel état ils t'ont mis, petit !
Le gars était à la fois pendu et embroché sur le vieux caroubier, dans une position si absurde qu'il ressemblait davantage à un épouvantail ou à un pantin de carnaval démantibulé qu'à un cadavre. Avant ou après l'avoir tué on l'avait réduit en charpie, avec un acharnement sans bornes : il avait le nez et la bouche tailladés, des caillots de sang séché, des ecchymoses et des plaies, des brûlures de cigarette sur tout le corps et, comme si ce n'était pas assez, Lituma comprit qu'on avait aussi tenté de le châtrer, parce que ses testicules pendaient jusqu'à mi-jambe. Il était nu depuis la taille, avec seulement un tricot de peau tout déchiré. Il était jeune, mince, brun et osseux. A travers le nuage de mouches qui bourdonnaient autour de son visage ses cheveux brillaient, noirs et bouclés."


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Un roman social, policier et politique que l'on dévore avec le sourire aux lèvres, le rire souvent et parfois la chair de poule car sous le soleil implacable, la vie ne fait pas vraiment de cadeau. Au suspense sans faille d'un véritable roman policier, Mario Vargas Llosa greffe une rigoureuse analyse des problèmes sociaux du Pérou et une dénonciation ironique, implicite, des mécanismes du pouvoir.

09/10/2008

Lire en Fête. J'ai aimé : "Une si longue lettre" de MARIAMA BE

Ce petit livre fut publié en 1979 au Sénégal. Il est disponible aux Editions Le Serpent à Plumes, collection "Motifs".

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"Une si longue lettre" est considérée comme une oeuvre majeure de la littérature africaine pour ce qu'elle dit de la condition des femmes sur ce continent. Un ouvrage qui ose aborder des sujets tabous comme les castes, l’éducation sexuelle, le corps des femmes. 27 ans après la mort de son auteur, c’est toujours un livre majeur.

Ce roman, à la fois poignant et réaliste, décrit l'existence d'une femme, mère et épouse africaine ; un parcours vécu de l'intérieur : pamphlet politique, diatribe militante, chronique familiale et amoureuse, confidences à une amie,... "Une si longue lettre" est tout cela à la fois. L'intelligence et la générosité du personnage central font de ce roman un texte exemplaire, un cri lancé aux hommes et à leur mauvaise foi égoïste.

Et pourtant, la lutte féministe selon Mariama Bâ n'a rien de fanatique ; il ressort du texte que les hommes sont d'essentiels partenaires pour qu'une nation se construise et qu'un pays se développe. Les personnages masculins ne sont donc pas représentés comme des monstres, mais toujours comme des êtres faibles, esclaves de leurs passions et cédant aux pressions sociales et familiales, aux archaïques traditions et à un enseignement coranique suranné. Ainsi, "Une si longue lettre", résonne comme un appel progressiste à la réconciliation, une conquête pacifiste des droits primordiaux de la moitié de l'humanité.


L'histoire

Ramatoulaye est institutrice, mère de douze enfants et veuve depuis peu. Son époux, Modou Fall, a succombé à une crise cardiaque. Ramatoulaye pleure un mari qu'elle avait refusé de quitter cinq ans plus tôt, alors qu'il venait d'épouser une jeune fille, abandonnant sa première femme et leur progéniture. Elle le pleure car elle n'avait cessé de l'aimer, en dépit des souffrances et des infidélités, en dépit de sa polygamie. Un système que son amie Aïssatou a courageusement refusé, préférant quitter son mari et son pays, emmenant avec elle ses enfants. C'est à elle qu'est destinée la longue missive de Ramatoulaye, des confidences que tous doivent pouvoir entendre.
Le récit du veuvage de Ramatoulaye est entrecoupé de passages dans lesquels elle se remémore le passé : sa rencontre avec Modou et son obstination amoureuse (sa mère lui avait choisi un autre mari), les difficultés dans l'éducation des enfants, la rapacité des belles-familles, le manque d'ouverture de la société (illustré dans le système rigide des castes ou dans le rejet des africains non sénégalais).



L'auteur

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Mariama Bâ a été élevée par ses grands-parents dans un milieu musulman traditionnel. Son père était ministre de la santé au Sénégal en 1956. Issue d’une famille traditionnelle et musulmane, Mariama Bâ intègre une école française après la mort de sa mère et se fait remarquer par des résultats distingués qui lui permettent intégrer l’École Normale de Rufisque en 1943, qu’elle quitte munie d’un diplôme d’enseignement en 1947. Après douze ans durant lesquelles elle exerce sa profession, elle demande sa mutation au sein de l’Inspection régionale de l’enseignement, sa santé devenue fragile.

Ayant donné naissance à neuf enfants, elle obtient le divorce de son conjoint, le député Obèye Diop. Suite à son expérience du mariage, Mariama Bâ s’engage pour nombre d’associations féminines en propageant l’éducation et les droits des femmes. À cette fin, elle prononce des discours et publie des articles dans la presse locale. Elle décède deux ans après la publication de son premier roman "Une si longue lettre" et avant la parution de son second "Le Cheval écarlate".

Aujourd'hui, une école porte son nom à Goré, au Sénégal.

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Les premières lignes

"Aïssatou,

J'ai reçu ton mot. En guise de réponse, j'ouvre ce cahier, point d'appui dans mon désarroi : notre longue pratique m'a enseigné que la confidence noie la douleur.
Ton existence dans ma vie n'est point un hasard. Nos grands-mères dont les concessions étaient séparées par une tapade échangeaient journellemnt des messages. Nos mères se disputaient la garde de nos oncles et tantes. Nous, nous avons usé pagnes et sandales sur le même chemin caillouteux de l'école coranique. Nous avons enfoui, dans les mêmes trous, nos dents de lait, en implorant Fée-Souris de nous les restituer plus belles.
Si les rêves meurent en traversant les ans et les réalités, je garde intacts mes souvenirs, sel de ma mémoire.
Je t'invoque. Le passé renaît avec son cortège d'émotions. Je ferme les yeux. Flux et reflux de sensations : chaleur et éblouissement, les feux de bois ; délice dans notre bouche gourmande, la mangue verte pimentée, mordue à tour de rôle. Je ferme les yeux. Flux et reflux d'images ; visage ocre de ta mère constellé de goutelettes de sueur, à la sortie des cuisines ; procession jacassante des fillettes trempées, revenant des fontaines.
Le même parcours nous a conduites de l'adolescence à la maturité où le passé féconde le présent.
Amie, amie, amie ! Je t'appelle trois fois. Hier, tu as divorcé. Aujourd'hui, je suis veuve."


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Entrez dans cette lettre, il vous en restera beaucoup.

08/10/2008

Lire en Fête - j'ai aimé : "Le Pianiste" de Manuel VAZQUEZ MONTALBAN.

Ce roman du célèbre écrivain espagnol fut publié en 1985 en Espagne. Il est disponible en poche aux éditions "Points Seuil".

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L'action se situe dans le Barcelone des années 80 et 50 et le Paris des années 30.

L'auteur

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Lorsque Manuel Vázquez Montalbán nait, en 1939, dans le Barrio Chino (quartier populaire de Barcelone qu’il décrira à de nombreuses reprises dans ses œuvres), son père est emprisonné dans les geôles franquistes pour raison politique. Montalbán fait des études de philosophie et de littérature et sort diplômé de l’Ecole de journalisme. Il devient activiste anti-franquiste, et en 1962, se voit condamné à trois ans de prison par la dictature en place. Il met à profit cette période pour se lancer pleinement dans le métier d’écrivain, et compose romans, nouvelles et poésies. S’il fait une première apparition dans J’ai tué Kennedy, c’est véritablement en 1972, dans Tatouage, que Pepe Carvalho, le personnage récurrent de Montalbán, est mis sur le devant de la scène. Les aventures de cet anti-héros, détective privé et fin gastronome, feront la popularité de l’écrivain : au total, une vingtaine de romans, traduit dans plus de vingt-deux langues, souvent sans véritable dénouement au sens traditionnel, et émaillés de recettes aussi appétissantes qu’intelligemment écrites. L’engagement politique de Montalbán ne se limita évidemment pas à la période franquiste. Il est également l’auteur de plusieurs essais sur la société espagnole contemporaine, et collaborait fréquemment à des journaux tels que El Pais.
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L'histoire

Dans une boîte de travestis de Barcelone, une bande de copains un peu paumés cotoient une série de personnages qui passent leur temps à regretter le temps de leur jeunesse et leur passé pseudo-révolutionnaire. C'est au milieu de ce public hétéroclyte qu'apparaît Luis Doria, entouré de sa cour. Musicien mondialement connu, vieil homme plein de superbe et d'arrogance. Mais Doria ignore son entourage et semble fasciné par la silhouette chétive du pianiste de la boîte, Don Alberto, qui joue dans un coin sombre de la scène. Quel lien mystérieux uni ces deux hommes si différents ?

C'est par flash-back que le narrateur, en remontant le temps, éclaicira l'énigme. Il faudra remonter dans le Paris de 1936, rencontrer deux jeunes musiciens catalans promis à un brillant avenir, Luis et Alberto. Le premier débordant d'audace et de certitudes, l'autre timide et effacé. Lorsque la guerre d'Espagne éclate les deux jeunes gens choisissent des voies opposées. Luis choisit la gloire alors que l'autre préfère opter pour ce qu'il pense être son devoir.

Ces choix détermineront leur avenir.

Les premières lignes

"Si la lampe avait eu une ampoule, il l'aurait sans doute allumée. Il ne l'allume pas, parce qu'elle n'en a pas.
- En plus, je ne vois pas pourquoi je l'allumerais.
Dit-il. Et la voix remonte le drap sur ses lèvres. Le couchant prend des tons de pourriture pourpre dans le coin droit de la chambre, là où la poutre exhibe ses chairs rongées. Il sort une jambe de sous le drap, la tend à demi et la contemple comme s'il allait l'acheter. Jambe en mauvais état, couleur blafarde, morbidité de la mort annoncée. Il la cache précipitamment, fait semblant de ne pas le voler, lorsque la clef arrache à la serrure un éclat de métal bruyant, et même si ce ne peut être personne d'autre que Luisa, il demande :
"Luisa ?
- Oui. c'est moi. Qui d'autre peut venir à cette heure-ci ?
Soupire Louisa. Lourde de fatigue et de paquets. C'est une silhouette compacte, écrasée, qui s'avance dans le couloir et n'a de cesse d'arriver à la cuisine où les sacs se révoltent contre tout le soin mis à les remplir, s'effondrent, éclatent irrémédiablement.
"Merde !"
.

medium_49.jpgPour VAZQUEZ MONTALBAN, la reconquête de la mémoire est la clef pour comprendre le présent et l'unique arme pour les combats à venir. "Le Pianiste" se révèle être une critique féroce de la gauche intellectuelle espagnole, pleurnichant sur ses combats ratés et ses rêves avortés. Barcelone devient l'ultime radeau dans un monde qui part à vau-l'eau.

Un grand livre, grinçant et douloureux.

07/10/2008

Lire en Fête. J'ai aimé : "Ne tirez pas sur l'oiseau moqueur" de Harper LEE

Comme "Beloved", présenté il y a deux jours, "Ne tirez pas sur l'oiseau moqueur" a reçu le Prix Pulitzer, en 1961. Publié aux Etats-UNis en 1960. Il est disponible en poche dans les Editions du "Livre de Poche"

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L'histoire.

Dans les années 30, dans une petite ville d’Alabama nommée Maycomb, le père de la petite Jean Louise est commis d’office pour défendre un jeune noir accusé du viol d’une jeune blanche de 19 ans. Atticus Finch, cet avocat intègre et rigoureux qui élève seul ses deux enfants, Jem et Scout (Jean Louise), va tenter d’accomplir sa tâche tout en essayant de préserver l’innocence de ses enfants confrontés aux préjugés et au mensonge des blancs.

Ce roman fut un succès mondial : vendu à plus de 30 millions d'exemplaires depuis sa publication en 1960 !
Harper LEE a situé son sujet en Alabama dans les années 1930 mais le livre a été écrit en pleine période de lutte pour les droits civiques des Noirs aux Etats-Unis. Ce qui explique son succès lors de sa publication.

Mais ce qui en fait le charme, c'est le point de vue adopté par l'auteur qui a choisi la petite Jean Louise ( Scout) pour narratrice. Jean Louise, devenue adulte nous raconte avec beaucoup d'humour cet épisode de son enfance.

Et si ce livre est une véritable peinture du monde de l’arbitraire qu’était cette Amérique dans laquelle les noirs étaient perdus et contre laquelle ils mèneront leurs plus grandes luttes dans les années 60, il se veut également un témoignage d'humanité qu’un père veut transmettre à ses enfants tout en essayant de les préserver des réalités trop violentes de ce monde des adultes.

C’est donc avec l’innocence de leur cœur que Jem et Scout découvrent l’injustice des hommes et non point avec les idées de leur père.

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Les premières lignes

"Mon frère jem allait sur ses treize ans quand il se fit une vilaine fracture au coude mais, aussitôt sa blessure cicatrisée et apaisées ses craintes de ne jamais pouvoir jouer au football, il ne s'en préoccupa plus guère. Son bras gauche resta un peu plus court que le droit : quand il se tenait debout ou qu'il marchait, le dos de sa main formait un angle droit avec son corps, le pouce parallèle à la cuisse. cependant, il s'en mmoquait, du moment qu'il pouvait faire une passe et renvoyer un ballon.
Bien des années plus tard, il nous arriva de discuter des évènements qui avaient conduit à cet accident."


L'auteur

Née en 1926, en Alabama, Harper Lee débarque, après ses études, à New York, où elle trouve un emploi de bureau. Elle a surtout un roman en tête, et elle l'écrit. Cela donne "Ne tirez pas sur l'oiseau moqueur", .En dépit de son succès, Harper Lee n'a plus jamais rien publié et a choisi de vivre dans un quasi-anonymat entre New York et Monroeville.
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Harper LEE aux côtés du producteur Alan J. Pakula.

Ne tirez pas sur l'oiseau moqueur est adapté au cinéma sous le titre Du Silence et des Ombres, réalisé par Robert Mulligan avec Gregory Peck dans le rôle d'Atticus Finch

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Tendre et magique comme l'enfance revisitée par les adultes, ce livre est un bonheur de lecture. Pour certains, l'un des plus beuax livres jamais écrit. C'est peut-être ce qui a rendu impossible à Harper LEE d'en publier un autre !!!

 
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