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17/04/2009

Le poème de minuit (26)

Partons pour Amsterdam sur les traces de Rosemonde avec Apollinaire...

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Rosemonde

Longtemps au pied du perron de
La maison où entra la dame
Que j'avais suivie pendant deux
Bonnes heures à Amsterdam
Mes doigts jetèrent des baisers

Mais le canal était désert
Le quai aussi et nul ne vit
Comment mes baisers retrouvèrent
Celle à qui j'ai donné ma vie
Un jour pendant plus de deux heures

Je la surnommai Rosemonde
Voulant pouvoir me rappeler
Sa bouche fleurie en Hollande
Puis lentement je m'en allai
Pour quêter la Rose du Monde


Guillaume Apollinaire
, Alcools

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16/04/2009

Le poème de minuit (25)

Les gens du voyage, thème cher à Guillaume Apollinaire.

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Saltimbanques
à Louis Dumur

Dans la plaine les baladins
S'éloignent au long des jardins
Devant l'huis des auberges grises
Par les villages sans églises

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Et les enfants s'en vont devant
Les autres suivent en rêvant
Chaque arbre fruitier se résigne
Quand de très loin ils lui font signe

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Ils ont des poids ronds ou carrés
Des tambours des cerceaux dorés
L'ours et le singe animaux sages
Quêtent des sous sur leur passage



Guillaume Apollinaire
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15/04/2009

Le poème de minuit (24)

Continuons le voyage au pays de Guillaume... et de Léo

Marie

Vous y dansiez petite fille
Y danserez-vous mère-grand
C'est la maclotte qui sautille
Toute les cloches sonneront
Quand donc reviendrez-vous Marie

Les masques sont silencieux
Et la musique est si lointaine
Qu'elle semble venir des cieux
Oui je veux vous aimer mais vous aimer à peine
Et mon mal est délicieux

Les brebis s'en vont dans la neige
Flocons de laine et ceux d'argent
Des soldats passent et que n'ai-je
Un cœur à moi ce cœur changeant
Changeant et puis encor que sais-je

Sais-je où s'en iront tes cheveux
Crépus comme mer qui moutonne
Sais-je où s'en iront tes cheveux
Et tes mains feuilles de l'automne
Que jonchent aussi nos aveux

Je passais au bord de la Seine
Un livre ancien sous le bras
Le fleuve est pareil à ma peine
Il s'écoule et ne tarit pas
Quand donc finira la semaine



Guillaume Apollinaire


Le poème magnifié par l'immense Léo...

14/04/2009

Le poème de minuit (23)

Un poème d'Apollinaire rendu célèbre par Léo Ferré


Marizibill

Dans la Haute-Rue à Cologne
Elle allait et venait le soir
Offerte à tous en tout mignonne
Puis buvait lasse des trottoirs
Très tard dans les brasseries borgnes

Elle se mettait sur la paille
Pour un maquereau roux et rose
C'était un juif il sentait l'ail
Et l'avait venant de Formose
Tirée d'un bordel de Changaï

Je connais gens de toutes sortes
Ils n'égalent pas leurs destins
Indécis comme feuilles mortes
Leurs yeux sont des feux mal éteints
Leurs coeurs bougent comme leurs portes


Guillaumme Apollinaire
- Alcools.

Le poème mis en chanson par Léo ferré, inteprété par Gilles Droulez

13/04/2009

Le poème de minuit (22)

Et si durant toute cette semaine nous partions sur les traces d'Apollinaire ?

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Les colchiques

Le pré est vénéneux mais joli en automne
Les vaches y paissant
Lentement s'empoisonnent
Le colchique couleur de cerne et de lilas
Y fleurit tes yeux sont comme cette fleur-là
Violâtres comme leur cerne et comme cet automne
Et ma vie pour tes yeux lentement s'empoisonne
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Les enfants de l'école viennent avec fracas
Vêtus de hoquetons et jouant de l'harmonica
Ils cueillent les colchiques qui sont comme des mères
Filles de leurs filles et sont couleur de tes paupières
Qui battent comme les fleurs battent au vent dément

Le gardien du troupeau chante tout doucement
Tandis que lentes et meuglant les vaches abandonnent
Pour toujours ce grand pré mal fleuri par l'automne


Guillaume Apollinaire
- Alcools - 1913

12/04/2009

Le poème de minuit (21)

Après Jean SENAC, un autre poète Algérien de langue française, Kateb YACINE.

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Kateb Yacine considérait la langue française comme le « butin de guerre » des Algériens. « La francophonie est une machine politique néocoloniale, qui ne fait que perpétuer notre aliénation, mais l'usage de la langue française ne signifie pas qu'on soit l'agent d'une puissance étrangère, et j'écris en français pour dire aux français que je ne suis pas français », déclarait-il en 1966.

Ce feu, c'est le secret

Au poing tendu de l'âge tendre
A la frimousse des héroïnes en herbe
A l'école de la belle étoile
A la cinquième année du massacre

La bannière étoilée a retrouvé ses origines
C'est l'Algérie plus libre que jamais
Elle a toujours été libre
Ironiquement souveraine
Armée par l'ennemi
Prisonnier de ses propres pièges

Devant ce peuple matinal
Les abattoirs promènent
Des légions de chiens ivres

Il y aurait de quoi pleurer
N'étaient les yeux qui s'ouvrent
N'était la grève des larmes

Ce n'est pas la lligne Morice
Qui tue
C'est le mortier bien nourri
Les grottes flamboyantes
Les caravanes de la nuit
C'est le sourire au combat
Et la Joconde ignorée

Visages
Quel feu vous créa
Si cruellement confiants !
Ce feu
C'est le secret de tous les sacrifices

Partout déferle
Et se révèle
L'armée inespérée
Des paysans sans terre
Et le vieillard sort de ses ruines
Pour offrir son dernier mouton

Ce soir on danse à la lueur
Des lendemains de combat
Ce feu
C'est le secret de tous les sacrifices

Le jour se lève
Oublier la misère
Les loques
La main tendue
Les souliers qui font mal
Oublier l'âge des cavernes
Et soulever toujours le poing du pauple
Dans le crépitement du brasier souterrain


Kateb Yacine
- L'oeuvre en fragments.

Uu beau petit film avec Kateb Yacine sur la musique algérienne

 
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