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10/03/2009

En attendant le printemps - 8

Le printemps, c'est dans 10 jours. Je vous propose de terminer cet hiver qui fut rude par un peu de douceur, en poésie. Une sélection totalement arbitraire parmi mes poètes préférés. Tous les jours à 12h, un nouveau poème

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TU ES PLUS BELLE QUE LE CIEL ET LA TERRE

Quand tu aimes il faut partir
Quitte ta femme quitte ton enfant
Quitte ton ami quitte ton amie
Quitte ton amante quitte ton amant
Quand tu aimes il faut partir

Le monde est plein de nègres et de nègresses
Des femmes des hommes des hommes de femmes
Regarde les beaux magasins
Ce fiacre cet homme cette femme ce fiacre
Et toutes les belles marchandises

Il y a l'air il y a le vent
Les montagnes l'eau le ciel et la terre
Les enfants les animaux
Les plantes et le charbon de terre

Apprends à vendre à acheter à revendre
Donne prends donne prends

Quand tu aimes il faut savoir
Chanter courir manger boire
Siffler
Et apprendre à travailler

Quand tu aimes il faut partir
Ne larmoie pas en souriant
Ne te niche pas entre deux seins
Respire marche pars va-t'en

Je prends mon bain et je regarde
Je vois la bouche que je connais
La main la jambe l'oeil
Je prends mon bain et je regarde

Le monde entier est toujours là
La vie pleine de choses surprenantes
Je sors de la pharmacie
Je descends juste de la bascule
Je pèse mes 80 kilos
Je t'aime

Blaise CENDRARS - feuilles de route - 1924


Le poème dit par Michel Zvenigorsky



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09/03/2009

En attendant le printemps - 7

Le printemps, c'est dans 12 jours. Je vous propose de terminer cet hiver qui fut rude par un peu de douceur, en poésie. Une sélection totalement arbitraire parmi mes poètes préférés. Tous les jours à 12h, un nouveau poème

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J'aime dans le temps Clara d'Ellébeuse,
l'écolière des anciens pensionnats,
qui allait, les soirs chauds, sous les tilleuls
lire les magazines d'autrefois.

Je n'aime qu'elle, et, je sens sur mon coeur
la lumière bleue de sa gorge blanche.
Où est-elle ? Où était donc ce bonheur ?
Dans sa chambre claire il entrait des branches

Elle n'est peut-être pas encore morte
- ou peut-être que nous l'étions tous deux.
La grande cour avait des feuilles mortes
dans le vent froid des fins d'Eté très vieux.

Te souviens-tu de ces plumes de paon,
dans un grand vase, auprès de coquillages ?...
on apprenait qu'on avait fait naufrage,
on appelait Terre-Neuve : le Banc.

Viens, viens, ma chère Clara d'Ellébeuse ;
aimons-nous encore, si tu existes.
Le vieux jardin a de vieilles tulipes.
Viens toute nue, ô Clara d'Ellébeuse.

Francis Jammes

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08/03/2009

En attendant le printemps - 6

Le printemps, c'est dans 13 jours. Je vous propose de terminer cet hiver qui fut rude par un peu de douceur, en poésie. Une sélection totalement arbitraire parmi mes poètes préférés. Tous les jours à 12h, un nouveau poème

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Jeanne était au pain sec dans le cabinet noir,
Pour un crime quelconque, et, manquant au devoir,
J'allai voir la proscrite en pleine forfaiture,
Et lui glissant dans l'ombre un pot de confiture
Contraire aux lois. Tous ceux sur qui, dans ma cité,
Repose le salut de la société,
S'indignèrent, et Jeanne a dit d'une voix douce :
- Je ne toucherai plus mon nez avec mon pouce ;
Je ne me ferai plus griffer par le minet. -
Mais on s'est récrié : - Cette enfant vous connaît ;
Elle sait à quel point vous êtes faible et lâche.
Elle vous voit toujours rire quand on se fâche.
Pas de gouvernement possible. A chaque instant
L'ordre est troublé par vous ; le pouvoir se détend ;
Plus de règle. L'enfant n'a plus rien qui l'arrête.
Vous démolissez tout. - Et j'ai baissé la tête,
Et j'ai dit : - Je n'ai rien à répondre à cela,
J'ai tort. Oui, c'est avec ces indulgences-là
Qu'on a toujours conduit les peuples à leur perte.
Qu'on me mette au pain sec. - Vous le méritez, certe.
On vous y mettra. - Jeanne alors, dans un coin noir,
M'a dit tout bas, levant ses yeux si beaux à voir,
Pleins de l'autorité des douces créatures :
- Eh bien, moi, je t'irai porter des confitures.

Victor HUGO - L'Art d'être grand-père, 1877

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07/03/2009

En attendant le printemps - 5

Le printemps, c'est dans 14 jours. Je vous propose de terminer cet hiver qui fut rude par un peu de douceur, en poésie. Une sélection totalement arbitraire parmi mes poètes préférés. Tous les jours à 12h, un nouveau poème

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C'est vrai
que nous avons la vie si petite.
Ils nous ont si longtemps caché le soleil
et rabougri l'espace
que par force l'habitude nous est venue
de la vue basse
par force et lassitude
l'habitude nous est venue des mains plus pâles
et de cette heure d'automne
où plus rien ne t'étonne
et de l'hiver demain
nous est venue l'habitude
d'une fatigue de solitude

Par force nous est venue
la mauvaise habitude

Francis COMBES - "Apprentis du printemps" - 1980

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06/03/2009

En attendant le printemps - 4

Le printemps, c'est dans 15 jours. Je vous propose de terminer cet hiver qui fut rude par un peu de douceur, en poésie. Une sélection totalement arbitraire parmi mes poètes préférés. Tous les jours à 12h, un nouveau poème.

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PATER NOSTER

Notre Père qui êtes aux cieux
Restez- y
Et nous nous resterons sur la terre
Qui est quelquefois si jolie
Avec ses mystères de New-York
Et puis ses mystères de paris
Qui valent bien celui de la Trinité
Avec son petit canal de l'Ourcq
Sa grande muraille de Chine
Sa rivière de Moralix
Ses bêtises de Cambrai
Avec son océan pacifique
Et ses deux bassins aux tuileries
Avec ses bons enfants et ses mauvais sujets
Avec toutes les merveilles du monde
Qui sont à
Simplement sur la terre
Offertes à tout le monde
Eparpillées
Emerveillées elles-mêmes d'être de telles merveilles
Et qui n'osent se l'avouer
Comme une jolie fille nue qui n'ose se montrer
Avec les épouvantables malheurs du monde
Qui sont légion
Avec leurs légionnaires
Avec leus tortionnaires
Avec les maîtres de ce monde
les maîtres avec leurs prêtres leurs traîtres et leurs reîtres
Avec les saisons
Avec les années
Avec les jolies filles et avec les vieux cons
Avec la paille de la misère pourrissant dans l'acier des canons.

Jacques PREVERT - "Paroles"

Le poème dit par Serge Régiani



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05/03/2009

En attendant le printemps - 3

Le printemps, c'est dans 16 jours. Je vous propose de terminer cet hiver qui fut rude par un peu de douceur, en poésie. Une sélection totalement arbitraire parmi mes poètes préférés. Tous les jours à 12h, un nouveau poème.

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NOUS LES GUEUX


- Nous les gueux
nous les peu
nous les rien
nous les chiens
nous les maigres
nous les Nègres

Nous à qui n'appartient
guère plus même
cette odeur blême
des tristes jours anciens

Nous les gueux
nous les peu
nous les rien
nous les chiens
nous les maigres
nous les Nègres

Qu'attendons-nous
les gueux
les peu
les rien
les chiens
les maigres
les nègres
pour jouer aux fous
pisser un coup
tout à l'envi
contre la vie
stupide et bête
qui nous est faite
à nous les gueux
à nous les peu
à nous les riens
à nous les chiens
à nous les maigres
à nous les Nègres

Léon-Gontran DAMAS - "Black - Label" - 1956

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