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04/01/2014

Les champs de mort de Gaza, des champs d’expérimentation pour de nouvelles armes ?

Des sources israéliennes comme « Breaking the Silence » (briser le silence) et « Physicians for Human Rights-Israel » (médecins pour les droits de l’homme) ont révélé que les attaques contre Gaza de 2008/9 (Cast Lead) et 2012 (Pillars of Defence) avaient été programmées des mois auparavant et cela pose beaucoup de questions sur les véritables causes du siège de sept ans de Gaza et des attaques massives perpétrées contre un peuple misérable et sans défense, entassé dans une prison à ciel ouvert.

 Article de Colin Green publié sur le site : www.info-palestine.eu

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Gaza - Les corps des membres de la famille al-Daya sont tirés des décombres de leur maison, après que celle-ci a été détruite dans une attaque israélienne le 6 janvier 2009 - Photo : Maan/Mohamed al-Zanon

On peut se demander en effet :

* Pourquoi la communauté internationale et l’ONU laissent Israël faire le blocus et le siège d’une minuscule bande de terre appelée Gaza depuis sept dans une totale impunité.

* Pourquoi, dans le même ordre d’idée, Israël est-il autorisé à se livrer à des actes de piraterie dans les eaux internationales pour empêcher des navires marchands non armés d’aller à Gaza, au nez et à la barbe des flottes de l’OTAN opérant en Méditerranée orientale.

* Si les guerres asymétriques lancées contre Gaza en 2008/9 et en 2012 étaient bien une réponse aux roquettes Qassam ou si ce n’était pas plutôt des attaques soigneusement planifiées pour d’autres raisons.

* Si le siège et les attaques pourraient avoir pour but l’expérimentation de nouvelles armes et de nouveaux missiles de défense ainsi que l’expérimentation sur le terrain de stratégies de contrôle de population et de contrôle des immenses ressources en énergie trouvées en Méditerranée orientale.

Commençons par examiner la situation démographique au moment du premier assaut (Cast Lead). Gaza est une bande de terre étroite, 45 km de long sur 5 à 12 de large, dans laquelle 1,5 million de Palestiniens ont été entassés et virtuellement emprisonnés - avec une densité de 4119/km2, quatre fois supérieure à celle du Bengladesh. La populations est concentrée principalement dans cinq villes et sept grands camps de réfugiées qui regroupent un million de réfugiés selon l’ONU. Il n’y a que 24 km2 de terre potentiellement cultivable et la meilleure terre, qui se trouve à la frontière nord-est d’Israël, est largement inaccessible parce qu’elle tombe dans la "zone tampon" israélienne. 80% des Gazaouis, dont 59% sont des enfants, vivent sous le seuil de pauvreté. 40% n’ont pas d’emploi, 60% dépendent de l’UNRWA (Office de secours et de travaux des Nations Unies pour les réfugiés) pour leur nourriture.

Gaza était gouverné par le Hamas, un gouvernement élu librement, depuis un peu plus d’un an quand l’attaque a commencé, mais Israël et les États-Unis ont décidé que c’était une "organisation terroriste" et que Gaza était une "entité hostile" tout de suite après les élections et depuis ils font vivre un enfer à ses habitants. Depuis 2006, Israël s’acharne à détruire l’économie de Gaza et à maintenir l’enclave dans l’insécurité alimentaire en faisant régner une sorte de famine contrôlée pour punir la population et la briser.

La zone tampon instaurée à l’intérieur de la bande de Gaza par Israël l’a privée de 68% de ses terres arables en rendant leur culture dangereuse ou impossible. Les pécheurs palestiniens ne peuvent plus pécher au-delà de 3 miles nautiques au lieu des 20 stipulés dans le traité d’Oslo ce qui réduit dangereusement la consommation nécessaire de protéine et détruit une des bases de l’économie de Gaza. L’interdiction israélienne de dépasser les 3 miles marins a une autre conséquence qu’il faut souligner : elle interdit aux Gazaouis d’exploiter les réserves de Gaza en gaz naturel des puits Gaza Marine-1 et Gaza Marine-2* estimées à presque 1,4 billions de pieds cubes qui auraient pu sauver l’économie et rendre Gaza indépendante d’Israël au plan énergétique.

Il est instructif d’analyser le timing des deux principales attaques. Pendant les 6 mois qui ont précédé l’invasion Cast Lead, le Hamas a respecté le cessez le feu jusqu’à ce qu’une incursion israélienne dans Gaza le 4 novembre (le jour des élections aux États-Unis) fasse 6 morts, ce qui a provoqué la réaction prévue de tirs de roquettes Qassam en Israël qui a servi de prétexte à l’armée israélienne pour lancer son attaque massive.

L’attaque israélienne qui a commencé le 27 décembre 2008 a été programmée pour coïncider exactement avec le changement de présidence aux États-Unis. Après 3 jours de frappes intensives, le Conseil de Sécurité a tenté de faire passer la Résolution de cessez-le-feu 1860 mais les États-Unis l’ont bloquée donnant à Israël le temps nécessaire pour lancer un assaut d’envergure sur le terrain. (Presque tout le Congrès a soutenu l’invasion, la Chambre par 390 voix contre 5 et le Sénat presque intégralement)

La résolution de Cessez-le-feu est finalement passée au Conseil de sécurité le 8 janvier, presque une semaine après l’invasion, mais les États-Unis se sont abstenus ce qui a donné aux Israéliens la couverture politique nécessaire pour continuer leur opération. Le président élu Barack Obama n’a pas dit un mot. Tony Blair, le représentant du Quartette, s’est fendu d’un appel tiède à un "cessez-le-feu immédiat".

Les pertes palestiniennes provoquées par l’invasion Cast Lead ont été terribles. Environ 1400 personnes ont été tuées dont 313 enfants et 116 femmes ; moins de 20% de ceux qui ont été tués étaient des combattants. Plus de 6000 personnes ont été gravement blessées dont 1855 enfants et 795 femmes (source : Centre Palestinien des droits de l’homme). Mes collègues médecins norvégiens, Mads Gilbert et Eric Fosse, qui travaillaient à Gaza à l’époque avec les équipes palestiniennes, ont fait état de lésions qu’ils n’avaient jamais vues auparavant qui prouvaient que les Israéliens avaient utilisé et testé de nouvelles armes ainsi que du phosphore blanc dans des endroits très peuplés. En plus des graves brûlures, il y avait un nombre anormalement élevé d’infirmes et de gens qui avaient perdu un membre parmi les blessés.

Par exemple 150 personnes qui avaient perdu un membre ont dû être envoyées dans les hôpitaux égyptiens ; dans le camp de réfugiés de Jabalia, parmi les 165 nouveaux infirmes qui recevaient des soins, au moins 90 avaient perdu un ou plusieurs membres. La plupart des blessures étaient causées par les armes conventionnelles connues mais certaines blessures laissaient grandement penser que d’autres armes avaient été testées en situation réelle pour la première fois. Nous sommes sûrs que certaines des armes non conventionnelles que nous allons citer ici ont été utilisées, pour les autres le doute subsiste.

Les bombes au phosphore blanc contiennent des substances chimiques imprégnées dans des petites bandes de feutre qui se dispersent sur un rayon de 100 mètres quand la bombe explose dans les airs. Le gaz sert officiellement d’écran de fumée ou de fumigène, mais c’est aussi un agent incendiaire et c’est à ce titre qu’il a été utilisé à Gaza à plusieurs reprises. Les bombes à fléchettes contiennent des milliers de fléchettes de 4 cm de long environ qui se dispersent en faisceau quand la bombe explose à environ un mètre du sol ; le profil balistique des fléchettes a été étudié pour faire énormément de dégâts possible à l’intérieur du corps. Elles ont été utilisées dans l’attaque de 2008/9 mais pas dans celle de 2012.

Les Israéliens ont testé des mortiers à tir rapide du système d’artillerie Keshet avec des effets dévastateurs dans une rue bondée du camp de réfugiés de Jabalia** près de l’école Al Fakhoura en pleine connaissance de cause. Ils ont tiré des obus Kalanit*** de blindés dotés d’un canon de 120 mm ; Les obus explosent en l’air puis libèrent 6 mini-charges qui propulsent une pluie de shrapnels sur la cible en dessous.

Les explosifs à métal dense inerte (DIME)**** sont des nouvelles munitions qui sont constituées de petites boules de carbone contenant un alliage de tungstène, cobalt, nickel ou fer ; elles ont un énorme pouvoir d’explosion mais qui reste confiné à un espace restreint permettant soi disant de frapper une cible donnée sans dommages collatéraux. Des bombes de petit diamètre (SDB) à guidage laser peuvent être installées sur des avions de combat F16 et ont été utilisées à Gaza (Israël en a acheté 1000 aux États-Unis début décembre en vue de l’attaque de 2008).

On pense qu’elles contenaient des shrapnels de métal dense inerte. Mais comme la preuve que des DIMES ont été utilisés repose sur la poudre de shrapnel trouvée à la surface du foie et autres tissus mous ainsi que dans les nombreuses amputations bien nettes dont ont souffert tant de victimes, elle est difficile à faire.

Les bombes à uranium appauvri sont faites pour pénétrer profondément des cibles comme les tanks à l’intérieur desquels elles forment une boule de feu brûlant ; A Gaza, elles ont été utilisées pour attaquer des grands bâtiments, pas des tanks. Enfin les Israéliens ont été accusés d’utiliser des armes thermobariques***** dans les tunnels de la frontière égyptienne mais on n’en a pas de preuve indiscutable.

L’opération Cast Lead a été l’exemple type d’une guerre asymétrique entre d’un côté l’état qui a l’armée la plus puissante du Moyen Orient et de l’autre un camp de concentration assiégé. Pour vous donner une idée de la puissance militaire de ce prototype d’état guerrier moderne, Israël possède actuellement entre 240 et 300 têtes nucléaires ; d’énormes stocks d’armes chimiques et biologiques de destruction de masse (tout en s’indignant de celles que possède la Syrie et en exigeant leur destruction) ; 620 avions de guerre dont des avions de combat F16 (qui doivent bientôt être remplacés par des chasseurs F35 dernier cri qui coûtent 200 millions de dollars pièce, les États-Unis leur en ont promis 25 en priorité dès qu’ils seront opérationnels), ainsi que des hélicoptères Cobra et Apache ; six sous-marins de la classe Dolphin de fabrication allemande offerts par ce pays et dont certains peuvent être équipés de têtes nucléaires - deux d’entre eux patrouillent actuellement dans le Golfe Persique ; un nombre inconnu de missiles balistiques de courte, moyenne et longue portée (jusqu’à 8000 kilomètres) capables de transporter des charges nucléaires (Jericho1,2,3) ; une flotte moderne de 58 navires de guerre dont beaucoup sont équipés de missiles et qui font régulièrement des manœuvres avec l’OTAN en Méditerranée ; 3 escadrons de drones (Hermes, Searcher and Heron), la plupart dessinés et construits en Israël - la Grande Bretagne en a commandé 100 ; une armée professionnelle disposant de 2442 tanks Merkava, 1265 véhicules blindés de transport de troupes et quantités d’autres véhicules militaires plus petits ; 2754 pièces d’artillerie lourde avec des munitions diaboliques spécifiquement conçues pour causer le plus de dommage possible dans la population civile ; l’armée de métier totalise 26 000 soldats à quoi s’ajoutent les 107 000 conscrits, ce qui fait 133 000 soldats sous les drapeaux (60% de plus que l’armée britannique) qui peuvent être rapidement triplés en cas d’urgence avec les 400 000 réservistes qui suivent un entraînement annuel de 18 ans à 40-50 ans.

Si l’on se rappelle que la population totale en Israël s’élève à 7,8 millions et que 20% d’Israéliens sont exclus de l’armée parce qu’ils sont considérés comme une Cinquième Colonne, cela représente un investissement massif dans la guerre en argent comme en sang versé. Combien tout cela coûte-t-il ? Officiellement, environ 7% du PIB (265 milliards de dollars US) selon Israël (comparés aux 4,5% des États-Unis et aux 2,5% de l’Angleterre). Une fois qu’un petit état comme Israël s’engage dans la guerre dans une telle proportion de son PIB, la seule manière de s’en sortir est de faire des économies d’échelle en développant la fabrication d’armes pour son propre usage et pour l’exportation.

Selon les chiffres de ses ventes en 2012/13 (13 milliards de dollars US), il occupe la 4ième place mondiale (L’Angleterre tient la 3ième place avec 19 milliards de dollars). Mais si on ajoute le commerce israélien de la sécurité (peut-être aussi important que son commerce d’armes, leur compétence dans ce domaine s’étant aiguisée grâce aux dizaines d’années de contrôle sur les Palestiniens), le commerce extrêmement profitable de la mise à niveau et le juteux trafic d’armes largement ignoré avec les dealers mondiaux, il est parmi les premiers exportateurs d’armes et de sécurité du monde tant en termes de pénétration du globe qu’en termes de profits. L’industrie de l’armement et de la sécurité israélienne s’est imposée à la fois dans le matériel (en particulier les drones), dans la haute technologie (avionique, robotique et autres formes de guerre électronique, plus les applications militaires des nanotechnologies) et dans la guerre cybernétique (domaine dans lequel l’unité 8200 de l’armée israélienne collabore étroitement avec la NSA), plus des myriades de services de sécurité de toutes sortes. Les labels « testé sur le terrain » ou « a été utilisé dans le combat à Gaza » donnent aux fabricants d’armes israéliens un avantage compétitif majeur sur le marché.

En dehors du fait qu’Israël jouit au Congrès du soutien inconditionnel des deux partis pour des raisons de politique intérieure, y aurait-il d’autres raisons pour lesquelles les Etats-Unis ont constamment mis leur veto au Conseil de Sécurité à toutes les résolutions qui critiquaient Israël (43 fois jusqu’ici plus que tous les autres pays réunis sur tous les cas soumis) ? La possibilité pour le Pentagone et les fabricants d’armes étasuniens (et Européens) de tester leurs nouvelles armes à Gaza pourrait-elle être une explication ?

Le lien immédiat entre le soutien financier étasunien au système de défense anti-missile Iron Dome, son utilisation contre les roquettes Qassam dont Israël a provoqué le lancement et les annonces que le système de défense est en train d’être vendu aux forces étasuniennes en Afghanistan et à l’Inde permet de se poser la question. De même, se pourrait-il qu’une démonstration "d’occupation aérienne" par laquelle les drones achèvent de dominer, d’intimider et de contrôler la vie des 1,7 million d’habitants de Gaza ait une influence sur la vente de drones israéliens qui s’ajoute aux autres moyens de contrôles qu’il vend aux gouvernements, armées, agences de sécurité et forces de police du monde entier ? Et que dire des énormes réserves de gaz au large de Gaza exploitées par Israël aux dépens des Palestiniens à qui l’accès à leurs propres ressources naturelles est interdit pour des raisons de « sécurité » ?

L’armement d’Israël est le vecteur de l’extension de l’hégémonie occidentale dans la région. Ce fait là et le fait que le complexe industriel militaro-sécuritaire occidental soit fourni en armes par Israël ainsi que l’opportunité de développer et de tester les armes dans les Territoires Palestiniens font des attaques contre Gaza un cas d’école dans un monde qui est en train de se transformer rapidement en Palestine Globale, à travers la « palestinisation » de nous tous. Parce que les Gazaouis sont seulement des cobayes. Le but final est de tous nous contrôler. Dans ce sens, nous sommes tous vraiment des Palestiniens.

Colin Green est professeur Emérite de chirurgie au University College de Londres (UCL) et académicien à l’Académie des Sciences d’Ukraine, ainsi que militant des droits de l’homme dans le cadre d’associations commethe Campaign Against the Arms TradeStop the War CoalitionPhysicians for Human RightsIsraeli Committee Against House Demolitions et the Campaign for Nuclear Disarmament.

Notes :

http://www.mondialisation.ca/la-gue...
** Extrait du rapport de l’ONU (page 19, §65) : ...« Les forces israéliennes ont tiré une 
salve de quatre mortiers de 120 mm ’Keshet’ tirant à intervalles très rapprochés. 
Le mortier Keshet est doté de systèmes perfectionnés de ciblage et de navigation et 
était l’arme la plus précise dont les forces israéliennes disposaient à ce moment-là » ... http://www.justitia-universalis.net...
*** : http://www.israelvalley.com/news/20...
**** ...« A l’hôpital Al-Chifa, de Gaza, nous n’avons pas vu de brûlures au phosphore, ni de blessés par bombes à sous-munitions. Mais nous avons vu des victimes de ce que nous avons toutes les raisons de penser être le nouveau type d’armes, expérimenté par les militaires américains, connu sous l’acronyme DIME – pour Dense Inert Metal Explosive », ont déclaré les médecins. « De petites boules de carbone contenant un alliage de tungstène, cobalt, nickel ou fer, elles ont un énorme pouvoir d’explosion, mais qui se dissipe à 10 mètres » ... Pour lire la suite :http://socio13.wordpress.com/2009/0...
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29/11/2012

je refuse

27/07/2012

Mahmoud DARWICH : "La Terre nous est étroite et autres poèmes"

Gallimard - Poésie - traduction de l'arabe par Elias Sanbar - 2000

Une fois n'est pas coutume, c'est d'un recueil de poèmes dont il est question ici. Mahmoud Darwich, c'est LE grand poète palestinien contemporain. Il a lui-même opéré la sélection des poèmes qui composent ce recueil et qui propose une belle traversée de l'oeuvre du poète de 1966 à 1999. Sorte d'"anthologie personnelle" que l'auteur a eu bien du mal à produire tant il considère son oeuvre comme une perpétuelle remise en cause, remise en doute, comme il l'exprime lui-même dans la préface : "Chacun de mes nouveaux recueils tend à une certaine rupture dans la contuinité, à une démolition du recueil précédent dans la mesure où, à chacune de mes nouvelles entreprises, j'éprouve invariablement le besoin de développer ce qui jusque-là me semblait decondaire et marginal et de la rapprocher du centre".

La poésie de Darwich épouse l'histoire palestinienne et le positionnement de l'auteur au sein même du combat de son peuple. Si les premiers poèmes contenus dans cette anthologie relèvent d'une approche très patriotique et révolutionnaire, très vite, c'est la recherche d'une certaine esthétique, liée au déracinement qui prend le pas dans la création poétique. La vie de Darwich ne sera qu'exils et sa poésie se fait tour à tour épique et lyrique pour aboutir à une oeuvre plus apaisée, dans les années 1995-1999, où le poète se penche sur son intimité familale et géographique et sur le quotidien des choses. C'est donc un recueil d'une très riche variété qui nous est proposé ici.

La lecture est exigeante mais il me semble que l'essentiel est de se laisser porter par la beauté du verbe, la richesse des images et la force des évocations, par le déferlement de la vague poétique qui nous entraîne à la découverte d'un peuple, de ses souffrances, de ses espoirs au travers de l'expérience unique du poète...

L'auteur

Mahmoud Darwich est né en 1941 à Al-Birwah, en Galilée, à 9 kilomètres à l'Est de Saint Jean d'Acre en Palestine sous mandat britannique, aujourd'hui Israël. Il est le deuxième enfant d'une famille musulmane sunnite de propriétaires terriens, avec quatre frères et trois sœurs. Après l'établissement d'Israêl en 1948, le village fut rasé entièrement et la famille Darwich s'enfuit au Liban, où elle resta un an, avant de rentrer clandestinement en Palestine où elle découvre que leur village a été remplacé par un nouveau village juif. La famille s'installe alors à Dair Al-Assad.

Darwish a commencé ses études primaires à Dair Al-Assad, tout en vivant sous la menace constante d'être découvert et exilé par la police israélienne. Plus tard, il finit ses études secondaires à Kufur Yasif, deux kilomètres au Nord de Jdeideh. Enfin, il part pour Haïfa. Son premier recueil de poésie fut publié quand il avait dix-neuf ans (Asafir bila ajnihaOiseaux sans ailes, 1960).

 

À la fin de ses études, Mahmoud Darwich commence à publier des poèmes et des articles dans des journaux et magazines comme Al-Itihad et Al-Jadid, pour lequel il deviendra plus tard rédacteur. En 1961, il rejoint secrètement le Parti Communiste d'Israël, le Maki, et commence à travailler comme rédacteur adjoint de Al-fajr.

Il sera plusieurs fois arrêté et emprisonné pour ses écrits et activités politiques entre 1961 et 1967. Pendant cette période, Darwich rêve de révolution et chante la patrie, la défense de l'identité niée des siens et la solidarité internationaliste. En 1964, il sera reconnu internationalement comme une voix de la résistance palestinienne grâce à son recueil Rameaux d'olivier (Awraq Al-zaytun). Le poème Identité (Inscris : Je suis arabe, en langue arabe Bitaqat huwiyya: Sajel ana arabi), le plus célèbre du recueil, dépasse rapidement les frontières palestiniennes pour devenir un hymne chanté dans tout le monde arabe.

En 1970, assigné à résidence à Haïfa à la suite de la publication d'articles politiques jugés trop virulents par la justice en Israël, il demande un visa d'étudiant pour quitter le pays. Il se rend à Moscou. Il y étudie l'économie politique. Il disparaît en1971. On le retrouve quelque temps plus tard au Caire, où il travaille pour le quotidien Al-Ahram. Puis il part s'installer à Beyrouth, en 1973, il dirige le mensuel Shu'un Filistiniyya (Les affaires palestiniennes) et travaille comme rédacteur en chef au Centre de Recherche Palestinien de l'OLP et rejoint l'organisation. En 1981, il crée et devient rédacteur en chef du journal littéraire Al-Karmel.

Pendant l'été 1982, Beyrouth est l'objet de bombardements du 13 juin au 12 août, l'armée israélienne cherchant à faire fuir l'OLP de la ville. Darwich relatera la résistance palestinienne au siège israélien dans Qasidat Bayrut (1982) et Madih al-xill al'ali(1983). Le poète repart en exil, au Caire, à Tunis puis à Paris. En 1987, il est élu au comité exécutif de l'OLP.

Un an plus tard, en 1988, un de ses poèmes, En traversant les mots passants, est discuté à la Knesset ; il est accusé de souhaiter voir partir les Juifs d'Israêl. Mahmoud Darwich s'en défendra en expliquant qu'il voulait dire qu'ils devaient partir de la Bande de Gaza et de Cisjordanie. Le poète écrivit :

« Alors quittez notre Terre
Nos rivages, notre mer
Notre blé, notre sel, notre blessure. »

Membre du comité exécutif de l'OLP, président de l'Union des écrivains palestiniens, Mahmoud Darwich est le fondateur et le directeur de l'une des principales revues littéraires arabes, Al-Karmel, qui a cessé de paraître en 1993. La même année, après les accrods d'Oslo, Mahmoud Darwish quitte l'OLP, protestant contre l'attitude conciliante de l'Organisation dans les négociations et préférant une paix mais une paix juste.

Il continue à être rédacteur en chef du magazine Al-Karmel, et vit à Paris avant de retourner en palestine en 1995, ayant reçu un visa pour voir sa mère. Il eut ainsi la permission de retourner en Palestine pour les funérailles de son ami l'écrivain Emile Habibi et de visiter la ville où il a vécu mais pour quelques jours seulement. Il reçoit une autorisation de séjour des autorités israéliennes et s'installe dans une ville de Cisjordanie, Ramallah, ville où Yasser Arafat avait ses quartiers.

En mars 2000, Yossi Sarid, ministre israélien de l'Éducation, proposa que certains des poèmes de Mahmoud Darwish soient inclus dans les programmes scolaires israéliens. Mais le premier ministre Ehud Barak refusa, « Israël n'est pas prêt. »

Il est décédé le 9 août 2008 aux États-Unis dans un hôpital de Houston, où il avait subi une intervention chirurgicale et se trouvait dans un état critique suite à des complications liées à l'opération. Il avait déjà subi deux opérations du cœur en 1984 et 1998.

Après avoir reçu les honneurs à Amman en JJordanieoù sa dépouille était arrivée des États-Unis, il a eu des obsèques nationales à Ramallah en présence de nombreux dignitaires palestiniens dont le président de l'autorité palestinienne Mahmoud Abbas. Il est enterré dans un lopin de terre près du palais de la Culture de Ramallah.

 

Extraits

La Qasida de Beyrouth (extrait)

Adieu à ce qui nous attend.

A l'aube qui nous fendra sous peu.

A une cité qui nous ramènera à une autre cité,

Que se prolongent notre périple et notre sagesse.

Adieu aux glaives et aux palmiers,

A une colombe qui s'envolera de coeurs consummés de passé

Vers un toit de tuiles...

Le combattant est-il venu par là,

Tel l'obus dans la guerre ?

Ses éclats ont-ils brisé les tasses au café ?

Je vois des villes en papier armé de rois et d'uniformes kaki.

Je vois des villes qui couronnent leurs conquérants.

Et l'Orient est l'antithèse de l'Occident, parfois.

Il est l'orient de l'Occident, d'autres fois

Et son image et sa marchandise ...

Je vois des villes qui couronnent leurs conquérants

Et exportent les martyrs pour importer le whisky et les dernières nouveautés du sexe et de la torture ...

Le combattant est-il venu par là,

Tel l'obus dans la guerre ?

Et ses éclats ont-ils brisé les tasses de café ?

Je vois des villes qui pendent leurs amants

Aux branches de fer

Et dispersent les noms, à l'aube...

 

1984


L'Art d'aimer

Avec la coupe sertie d'azur

Attends-la

Auprès du bassin, des fleurs du chèvrefeuille et du soir, 

Attends-la

Avec la patience du cheval sellé pour les sentiers de montagne,

Attends-la

Avec le bon goût du prince raffiné et beau,

Attends-la

Avec sept coussins remplis de nuées légères

Attends-la

Avec le feu de  l'encens féminin omniprésent,

Attends-la

Avec le parfum masculin du santal drapant le dos des chevaux,

Attends-la

Et ne t'impatiente pas. Si elle arrivait après son heure,

Attends-la

Et si elle arrivait, avant,

Attends-la

Et n'effraye pas l'oiseau posé sur ses nattes,

Et attends-la

Qu'elle prenne place, apaisée, comme le jardin à sa pleine floraison,

Et attends-la

Qu'elle respire cet air étranger à son coeur,

Et attends-la

Qu'elle soulève sa robe qu'apparaissent ses jambes, nuage après nuage,

Et attends-la

Et mène-là à une fenêtre qu'elle voit une lune noyée dans le lait,

Et attends-la

Et offre-lui l'eau avant le vin et

Ne regarde pas la paire de perdrix sommeillant sur sa poitrine,

Et attends-la

Et comme si tu la délestais du fardeau de la rosée, 

Effleure doucement sa main lorsque

Tu poseras la coupe sur le marbre,

Et attends-la

Et converse avec elle, comme la flûte avec la corde craintive du violon,

Comme si vous étiez les deux témoins de ce que vous réserve un lendemain,

Et attends-la

Et polis sa nuit, bague après bague,

Et attends-la

Jusqu'à ce que la nuit te dise :

Il ne reste plus que vous deux au monde

Alors porte-la avec douceur vers ta mort désirée

Et attends-la !...

 

1999

03/12/2011

Liberté pour Salah Hamouri

Aujourd’hui, plus de 6000 prisonniers palestiniens sont enfermés dans en Israël dans des conditions d’isolement scandaleuses. La date de sortie de prison de Salah Hamouri, jeune Franco-Palestinien détenu en Israël depuis plus de six ans suite à une condamnation arbitraire, a été fixée explicitement au lundi 28 novembre 2011 par son jugement. Une porte-parole de l’administration pénitentiaire israélienne, Sivan Weizman, a pourtant indiqué le mois dernier que Salah Hamouri sortirait le 12 mars 2012.

Denise Hamouri, la mère de Salah, a envoyé une lettre au Comité de soutien pour poursuivre l’effort de mobilisation :

« Bien sûr vous imaginez la déception énorme qui est celle de Salah et aussi celle de sa famille.

Mais je voudrais vous dire, en notre nom à tous, un « grand merci ». Un grand merci car depuis tellement longtemps vous vous êtes mobilisés en faveur de Salah et de la liberté – la sienne et celle de la Palestine.

Sans vous, qui êtes des dizaines de milliers, on ne parlerait même pas du tout de Salah et on n’aurait même pas fait attention à son sort pourtant injuste et terrible.

Merci vraiment car si Salah n’est pas sorti hier ce n’est pas par manque d’efforts de votre part mais bien malgré ces efforts. Vous n’avez rien à vous reprocher, au contraire vous pouvez être fiers de vous. On voit mieux, du coup, l’épaisseur du mur à percer et le poids et la détermination des forces adverses.

Aujourd’hui on me demande : « Mais que faire pour Salah ? »

Je vous répondrais : continuer à exiger sa libération et à élargir encore et encore le cercle des amis qui peuvent nous rejoindre dans cette cause qui dépasse le cas de Salah. Il sait, mon fils, tout ce que vous faîtes et il vous en est gré. Sachez-le.

Les autorités françaises nous ont contactés et ont contacté Salah en proposant de le placer dans la liste des prochains prisonniers palestiniens qui doivent sortir, théoriquement, à la mi-décembre.

Salah comme nous-mêmes, mon mari et moi, avons tous considéré que si cela devait se faire, il est impensable que l’on demande quoi que ce soit à Salah. Pas d’excuses, pas d’écrits d’aucune sorte, pas de signature,  pas d’éloignement de sa terre natale. Sans conditions en un mot.

Nous en sommes-là. Nous n’avons aucune garantie que cela se fera. Mais nous refusons toute idée de discussion quant à sa sortie éventuelle. Cela a assez duré. Il ne s’est pas excusé hier pour « adoucir » sa peine, ce n’est pas aujourd’hui qu’il va le faire.

Je tenais à vous informer de cette situation. Verrons-nous notre fils à Noël ? Rien n’est fait, rien n’est certain. Nous avons encore besoin de vous !

Merci infiniment pour ce que vous avez déjà fait avec son Comité de soutien. »

Denise Hamouri, Jérusalem, le 29 novembre 2011.

01/11/2011

Le refus des USA de voir la Palestine à l’UNESCO : honte à Obama !

Daniel Salvatore Schiffer

Par Daniel Salvatore Schiffer philosophe

 

S’il est, sur cette terre, une institution qui fait aujourd’hui honneur à l’humanité tout entière, c’est bien l’UNESCO, que l’ONU créa, au lendemain de cette immense tragédie que fut la Seconde Guerre mondiale, en 1946. Et, qui plus est, à Paris, capitale d’une France dont la glorieuse devise nationale - liberté, égalité, fraternité -, elle-même issue de la Révolution de 1789, donna naissance au socle moral de la très démocratique charte de ces mêmes Nations-Unies.

Ce sigle, UNESCO, constitue, du reste, l’un des plus beaux symboles, en même temps que l’une des plus nobles initiatives, de l’histoire moderne : "United Nations Educational, Scientific and Cultural Organization". En français, dans le texte : Organisation des Nations-Unies pour l’Education, la Science et la Culture.

Ainsi cette vénérable et prestigieuse institution se consacre-t-elle, en premier lieu, à l’alphabétisation des populations les plus défavorisées sur le plan socio-économique, à la diffusion de l’enseignement partout ou celui-ci fait défaut, à la lutte contre le racisme partout où ce dernier sévit, à la défense des droits de l’homme et de la femme partout où ils sont niés, à la recherche scientifique et à la préservation du patrimoine culturel mondial. Bref, rien que des causes d’une rare élévation morale, sinon spirituelle.

C’est dire qu’accueillir en son sein, en tant que membre à part entière et non plus seulement à titre d’"observateur", une entité telle que Palestine, comme elle vient de le faire en cette historique date du 31 octobre 2011, représente, comme pour tout autre pays, un énorme sentiment de satisfaction tout autant que de fierté, sinon de joie.

 

Les Etats-Unis sont-ils un champion de la démocratie ?

Davantage, n’est-ce pas là, en œuvrant ainsi pour la réconciliation entre les peuples et la concorde entre les nations, le meilleur moyen, le plus subtil et efficace à la fois, de plaider, à partir d’un aussi haut pupitre, diplomatique de surcroît, pour la paix elle-même ?

Incompréhensible, donc, ce fait que les Etats-Unis d’Amérique, pays se disant champion de la modernité et garant de la démocratie aux quatre coins de la planète, se refusent obstinément à voir cette Palestine admise aujourd’hui, après s’être déjà opposés il y a un peu plus d’un mois à sa reconnaissance à l’ONU, au sein de l’UNESCO.

Pis, il est pour le moins paradoxal que son président, Barack Obama, ne pipe mot, en tant que prix Nobel de la paix, sur cet important dossier, préférant donc répondre lui aussi, en fin de compte, à de bas mais très rentables calculs électoralistes, eux-mêmes dictés par de puissants lobbys juifs, plutôt que d’écouter sa conscience d’homme libre et responsable.

Quant à cette attitude, de la part des USA toujours, consistant à suspendre dorénavant leur contribution financière, en guise de représailles, à cette même UNESCO (soit presque un quart de son budget annuel), elle s’avère, tout simplement, inqualifiable, sauf à lui attribuer le très laid mais très réaliste terme, en la circonstance, de "honte".

Obama doit être digne de son prix Nobel de la paix

Je l’ai déjà dit, du reste, à maintes reprises : Barack Obama, par ses assourdissants silences sur les questions humanitaires les plus urgentes comme par ses trop nombreuses compromissions en matière de politique internationale, se révèle un indigne prix Nobel de la paix : un démagogique pitre qui, en ces jours d’Halloween, préfère apparemment s’exhiber, hilare, sur le perron de la Maison Blanche, en y distribuant des citrouilles à des enfants, plutôt que de travailler, sérieusement, à la nécessaire entente entre les hommes et, partant, à l’encore plus impérieuse paix du monde.

Ne se rend-il donc pas compte, Obama, à quel point le pays de l’oncle Tom, qu’il préside avec si peu de courage moral et de vision politique, peut parfois choquer, bien plus encore que décevoir ? Yes, shame on you, Mister President : no, you can’t !

Mais, heureusement pour lui, le comité d’Oslo ne s’avère-t-il pas aussi mesquin que le gouvernement de Washington, car, en d’aussi injustes et abjectes conditions, il pourrait très légitimement retirer lui aussi, en guise d’identiques rétorsions et suivant le même, horrible mais édifiant, exemple, son prix Nobel de la paix à Barack Obama, qu’il lui accorda un peu trop précipitamment et, surtout, bien trop généreusement.

D’aucuns, les vrais pacifistes et authentiques démocrates, ceux pour lesquels les mots ont encore un sens, le réclament, d’ailleurs, depuis un certain temps déjà. Et, il faut bien l’avouer, ils n’ont pas tort !

 

 

Daniel Salvatore Schiffer, philosophe, auteur de "La Philosophie d’Emmanuel Levinas" (PUF), signataire du JCall (European Jewish Call For Reason - Appel des Juifs Européens à la Raison), mouvement de juifs progressistes préconisant la cœxistence, pour une paix juste et durable, des Etats d’Israël et de Palestine

31/10/2011

Adhésion de la Palestine à l'UNESCO : un grand pas en avant vers la reconnaissance de l'Etat Palestinien ...

Dans sa quête de reconnaissance internationale en tant qu'Etat, la Palestine vient de remporter une importante victoire à l'Unesco. L'organisation des Nations unies pour l'éducation, la science et la culture a en effet approuvé, lundi 31 octobre, par 107 voix pour, 52 abstentions et 14 voix contre, la demande d'adhésion de la Palestine, qui devient donc membre à part entière. Pourtant, la Palestine comptait parmi ses opposants les Etats-Unis, qui n'ont cessé de faire barrage.

La France et la quasi-totalité des pays arabes ont voté en faveur de l'adhésion des Palestiniens comme membres à part entière, tout comme les BRIC (Brésil, Chine, Inde et Russie). Les Etats-Unis, l'Allemagne et le Canada ont voté contre, tandis que l'Italie et le Royaume-Uni se sont abstenus.

En représaille, l'Etat hébreu menace de retirer sa contribution financière à l'organisation. De son côté, Washington, menace aussi de suspendre sa  contribution de 70 millions de dollars (50 millions d'euros) à l'Unesco, soit 22 % du budget de l'organisation. Deux lois américaines du début des années 1990 interdisent en effet le financement d'une agence spécialisée des Nations unies qui accepterait les Palestiniens en tant qu'Etat membre à part entière, en l'absence d'accord de paix avec Israël.

Dans ces cas-là, la première victime serait l'organisation internationale, qui intervient notamment en faveur des femmes et dans la protection du Patrimoine mondial, puisque son budget serait de facto amputé du quart de son montant.

Alors que la demande d'adhésion de l'Etat palestinien à l'ONU est en attente d'une décision, qui devrait intervenir le 11 novembre 2011, cette victoire marque une réelle avancée des Palestiniens sur la scène internationale. A l'heure à Israel multiplie les provocations colonialistes par une emprise de plus en plus importante sur les terres palestiniennes, à l'heure où les révolutions arabes risquent de remettre en cause les équilibres acquis par les USA dans cette partie du monde, à l'heure où le maintien du peuple gazaoui dans une situation de non droit devient de plus en plus intenable pour Israel et ses soutiens occidentaux, l'UNESCO vient de donner un nouveau signe d'espoir au peuple palestinien.

 
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