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01/11/2011

Le refus des USA de voir la Palestine à l’UNESCO : honte à Obama !

Daniel Salvatore Schiffer

Par Daniel Salvatore Schiffer philosophe

 

S’il est, sur cette terre, une institution qui fait aujourd’hui honneur à l’humanité tout entière, c’est bien l’UNESCO, que l’ONU créa, au lendemain de cette immense tragédie que fut la Seconde Guerre mondiale, en 1946. Et, qui plus est, à Paris, capitale d’une France dont la glorieuse devise nationale - liberté, égalité, fraternité -, elle-même issue de la Révolution de 1789, donna naissance au socle moral de la très démocratique charte de ces mêmes Nations-Unies.

Ce sigle, UNESCO, constitue, du reste, l’un des plus beaux symboles, en même temps que l’une des plus nobles initiatives, de l’histoire moderne : "United Nations Educational, Scientific and Cultural Organization". En français, dans le texte : Organisation des Nations-Unies pour l’Education, la Science et la Culture.

Ainsi cette vénérable et prestigieuse institution se consacre-t-elle, en premier lieu, à l’alphabétisation des populations les plus défavorisées sur le plan socio-économique, à la diffusion de l’enseignement partout ou celui-ci fait défaut, à la lutte contre le racisme partout où ce dernier sévit, à la défense des droits de l’homme et de la femme partout où ils sont niés, à la recherche scientifique et à la préservation du patrimoine culturel mondial. Bref, rien que des causes d’une rare élévation morale, sinon spirituelle.

C’est dire qu’accueillir en son sein, en tant que membre à part entière et non plus seulement à titre d’"observateur", une entité telle que Palestine, comme elle vient de le faire en cette historique date du 31 octobre 2011, représente, comme pour tout autre pays, un énorme sentiment de satisfaction tout autant que de fierté, sinon de joie.

 

Les Etats-Unis sont-ils un champion de la démocratie ?

Davantage, n’est-ce pas là, en œuvrant ainsi pour la réconciliation entre les peuples et la concorde entre les nations, le meilleur moyen, le plus subtil et efficace à la fois, de plaider, à partir d’un aussi haut pupitre, diplomatique de surcroît, pour la paix elle-même ?

Incompréhensible, donc, ce fait que les Etats-Unis d’Amérique, pays se disant champion de la modernité et garant de la démocratie aux quatre coins de la planète, se refusent obstinément à voir cette Palestine admise aujourd’hui, après s’être déjà opposés il y a un peu plus d’un mois à sa reconnaissance à l’ONU, au sein de l’UNESCO.

Pis, il est pour le moins paradoxal que son président, Barack Obama, ne pipe mot, en tant que prix Nobel de la paix, sur cet important dossier, préférant donc répondre lui aussi, en fin de compte, à de bas mais très rentables calculs électoralistes, eux-mêmes dictés par de puissants lobbys juifs, plutôt que d’écouter sa conscience d’homme libre et responsable.

Quant à cette attitude, de la part des USA toujours, consistant à suspendre dorénavant leur contribution financière, en guise de représailles, à cette même UNESCO (soit presque un quart de son budget annuel), elle s’avère, tout simplement, inqualifiable, sauf à lui attribuer le très laid mais très réaliste terme, en la circonstance, de "honte".

Obama doit être digne de son prix Nobel de la paix

Je l’ai déjà dit, du reste, à maintes reprises : Barack Obama, par ses assourdissants silences sur les questions humanitaires les plus urgentes comme par ses trop nombreuses compromissions en matière de politique internationale, se révèle un indigne prix Nobel de la paix : un démagogique pitre qui, en ces jours d’Halloween, préfère apparemment s’exhiber, hilare, sur le perron de la Maison Blanche, en y distribuant des citrouilles à des enfants, plutôt que de travailler, sérieusement, à la nécessaire entente entre les hommes et, partant, à l’encore plus impérieuse paix du monde.

Ne se rend-il donc pas compte, Obama, à quel point le pays de l’oncle Tom, qu’il préside avec si peu de courage moral et de vision politique, peut parfois choquer, bien plus encore que décevoir ? Yes, shame on you, Mister President : no, you can’t !

Mais, heureusement pour lui, le comité d’Oslo ne s’avère-t-il pas aussi mesquin que le gouvernement de Washington, car, en d’aussi injustes et abjectes conditions, il pourrait très légitimement retirer lui aussi, en guise d’identiques rétorsions et suivant le même, horrible mais édifiant, exemple, son prix Nobel de la paix à Barack Obama, qu’il lui accorda un peu trop précipitamment et, surtout, bien trop généreusement.

D’aucuns, les vrais pacifistes et authentiques démocrates, ceux pour lesquels les mots ont encore un sens, le réclament, d’ailleurs, depuis un certain temps déjà. Et, il faut bien l’avouer, ils n’ont pas tort !

 

 

Daniel Salvatore Schiffer, philosophe, auteur de "La Philosophie d’Emmanuel Levinas" (PUF), signataire du JCall (European Jewish Call For Reason - Appel des Juifs Européens à la Raison), mouvement de juifs progressistes préconisant la cœxistence, pour une paix juste et durable, des Etats d’Israël et de Palestine

31/10/2011

Adhésion de la Palestine à l'UNESCO : un grand pas en avant vers la reconnaissance de l'Etat Palestinien ...

Dans sa quête de reconnaissance internationale en tant qu'Etat, la Palestine vient de remporter une importante victoire à l'Unesco. L'organisation des Nations unies pour l'éducation, la science et la culture a en effet approuvé, lundi 31 octobre, par 107 voix pour, 52 abstentions et 14 voix contre, la demande d'adhésion de la Palestine, qui devient donc membre à part entière. Pourtant, la Palestine comptait parmi ses opposants les Etats-Unis, qui n'ont cessé de faire barrage.

La France et la quasi-totalité des pays arabes ont voté en faveur de l'adhésion des Palestiniens comme membres à part entière, tout comme les BRIC (Brésil, Chine, Inde et Russie). Les Etats-Unis, l'Allemagne et le Canada ont voté contre, tandis que l'Italie et le Royaume-Uni se sont abstenus.

En représaille, l'Etat hébreu menace de retirer sa contribution financière à l'organisation. De son côté, Washington, menace aussi de suspendre sa  contribution de 70 millions de dollars (50 millions d'euros) à l'Unesco, soit 22 % du budget de l'organisation. Deux lois américaines du début des années 1990 interdisent en effet le financement d'une agence spécialisée des Nations unies qui accepterait les Palestiniens en tant qu'Etat membre à part entière, en l'absence d'accord de paix avec Israël.

Dans ces cas-là, la première victime serait l'organisation internationale, qui intervient notamment en faveur des femmes et dans la protection du Patrimoine mondial, puisque son budget serait de facto amputé du quart de son montant.

Alors que la demande d'adhésion de l'Etat palestinien à l'ONU est en attente d'une décision, qui devrait intervenir le 11 novembre 2011, cette victoire marque une réelle avancée des Palestiniens sur la scène internationale. A l'heure à Israel multiplie les provocations colonialistes par une emprise de plus en plus importante sur les terres palestiniennes, à l'heure où les révolutions arabes risquent de remettre en cause les équilibres acquis par les USA dans cette partie du monde, à l'heure où le maintien du peuple gazaoui dans une situation de non droit devient de plus en plus intenable pour Israel et ses soutiens occidentaux, l'UNESCO vient de donner un nouveau signe d'espoir au peuple palestinien.

30/12/2010

AEROSMITH : "Pump"

Sorti en 1989, "Pump" est le 13eme album du groupe de Boston ( USA), Aerosmith. Formé 19 ans plus tôt, par le jonction de deux groupes : Chain Reaction  de Steven Tyler et Jam Band de Joe Perry et Tom Hamilton.

Près de vingt ans plus tard, les créateurs du groupe sont toujours là, avec, à leurs côtés, Brad Whitford à la guitare et Tom Hamilton à la Basse. Depuis sa création le groupe, avec des succès divers, n'a cessé de sortir des albums ( studio et live) et de parcourir le monde lors de tournées mémorables.

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Après un passage à vide au début des années 80, la fin de la décennie voit le retour en force du groupe de Boston. En 1987, l'album Permanent Vacation est un  succès commercial et la tournée qui suit rencontre un véritable triomphe aux Etats Unis comme au Japon, etc...

La période correspond également avec la volonté de Steven Tyler et Joe Perry de sortir de la drogue. C'est dans ce contexte que sort,en 1989, l'album "Pump". une totale réussite battant les ventes de Permanent Vacation , avec singles dans le Top–ten : Janie's Got a GunLove in an Elevator et la ballade What it takes. Cette réussite rétablit définitivement Aerosmith comme un des plus grands groupes de rock. Pour promouvoir l’album, le groupe reprend la route pour le Pump tour qui dura 12 mois et qui sera marqué par son retour dans les salles européennes pour la première fois depuis 1977, ainsi que le seul passage en Australie dans la carrière du groupe.

 

 

Avec Bruce Fairbairn à la production, Mike Fraser aux manettes et Jim Vallance et Desmond Child qui viennent donner un coup de main aux compositions, le résultat est à la hauteur : un album dynamique, raffiné et irrésistible.

Une section rythmique déchaînée, lesgrooves aventureux d' Hamilton, le jeu déchaîné de Joey Kramer confèrent à chaque titre avec une dynamique rarement atteinte. Mais cette efficacité est doublée de multiples imprévus. Chaque titre bénéficie d’attentions particulières, aussi bien au niveau de l’habillage sonore que des thèmes abordés, le plus souvent avec humour. Les intros de « Love In An Elevator », « The Other Side » ou « Voodoo Medecine Man » en sont les parfaites démonstrations, ainsi que l’enchaînement destructeur entre « Young Lust » et « F.I.N.E. » ou  le très rock’n’roll « My Girl ». « Janie’s Got A Gun » et sa structure à tiroirs, l’incontournable blues « Don’t Get Mad, Get Even » et la superbe ballade « What It Takes » permettent de reprendre son souffle. En fait, il est difficile, voir impossible, de ressortir un titre parmi les différentes perles qui composent cet album.

Il s'agit donc un album incontournable qu’Aerosmith nous offre avec ce « Pump » et chaque amateur de Hard-Rock se doit de le faire figurer dans sa discothèque.

 

 

  Video live de "What it takes", extrait de l'album Pump

 

 

24/12/2010

Truman Capote : "La Traversée de l'été"

Editeur : Grasset - 2006

Grady McNeil a dix-sept ans et l'âme passionnée. Elle est secrètement amoureuse de Clyde, gardien de parking à Broadway. Alors qe ses riches parents vont passer l'été en Europe, elle se retrouve seule dans un New-York vibrant sous la canicule. Son ami d'enfance, le fantasque et fidèle Peter Bell lui tiendra compagnie. Mais, délaissant le luxe de la 5eme Avenue, elle retrouve Clyde. Ils s'aiment mais à leur façon. La fierté provocante de Grady et la nonchalance de Clyde vont peu à peu les entraîner vers de dangereux précipices. Cette saison sera toute leur vie.

Ce premier roman de Truman Capote, aux accents fitzgeraldiens, fut retrouvé 20 ans après sa mort lors d'une vente aux enchères chez Sotheby's. Il s'agissait d'un manuscrit écrit sur quatre cahiers d'écolier. Roman dont Capote fait mention dans certaines lettres adressés à ses amis, il hésita à le publier de son vivant pour finalement y renoncer. La rédaction de La Traversée de l'été semble avoir débuté au milieu des années 40, Capote a 19 ans, puis reprise en 1949 lors d'un séjour en Italie. De retour aux USA, le roman est abandonné. Capote écrit à une amie, en juin 1953 : "Quant à La traversée de l'été, il y a longtemps que je l'ai déchiré, et de toute façon, il était inachevé." En fait, le roman est abandonné dans l'un des logements new-yorkais de Truman Capote et sera récupéré, avec d'autre effets, par le propriétaire du logement lorsqu'il le débarrassera pour le relouer. Le manuscrit, acheté par la New York Public library fut finalement publié en 2006.

C'est bien un récit complet qui est publié. Mais un récit que Capote jugeait ne pas avoir mené à sa perfection.

Il s'agit d'une sorte d'East Side Story, du heurt de deux mondes qui se croisent, s'attirent sans vraiment se comprendre. Tout en finesse psychologique, avec un style d'une très grande richesse, difficile de considérer qu'il s'agit là d'un roman écrit par un jeune homme de 20 ans. Les thèmes de ce court roman sont universels : l'amour, l'amitié, la difficulté d'affronter les différences sociales, l'insouciance et le besoin d'absolu des adolescents. Ses personnages sont attachants et la montée dramatique du récit ménage une fin abrupte et inattendue.

 

L'auteur

 Abandonné à cinq ans par sa mère, le jeune Truman Capote (nom de naissance Truman Streckfus Persons) est élevé par ses tantes à la Nouvelle Orléans. Il commence à écrire à l'âge de dix ans et publie sa première nouvelle, Miriam, à vingt ans. Il se fait connaître dès son premier roman, Les Domaines hantés, paru en 1948. Après le succès du Petit Déjeuner chez Tiffany, portrait aigre-doux d'une marginale, Capote change radicalement de style. Il consacre six années à l'écriture de De Sang froid, une enquête très réaliste tiré d'un fait divers sanglant. C'est là le manifeste du "non fiction novel" (roman de non-fiction) par l'enfant terrible de la littérature américaine. Au sommet de sa gloire, mondain, alcoolique, il est aussi célèbre pour ses propos corrosifs que pour ses livres. Son roman inachevé, Prières exaucées, offre une peinture sans fard des milieux qu'il fréquente et fait scandale avant même d'être publié. Il meurt à 60 ans, rongé par une vie d'excès.

 

Extrait

 "Devant elle s'étendait un couvre-lit bleu, immense comme un ciel sans fond ; mais ce lit lui semblait étranger, un endroit qu'elle aurait juré n'avoir jamais vu. la lumière jouait sur la surface soyeuse, y dessinait des lacs et les oreillers dressaient des montagnes inexplorées. Quand Clyde l'enlaçait sur la banquette de la voiture ou dans les terrains vagues qu'ils avaient repérés en banlieue, elle n'éprouvait aucune appréhension. Mais le lit avec ses lacs, son ciel démesuré, ses étranges reliefs, l'impressionnait et l'effrayait par sa solennité.

"Tu as froid ou quoi ? demanda-t-il, tandis qu'elle se pressait contre lui comme si elle voulait le traverser.

- Ce n'est rien, juste un frisson, répondit-elle en s'écartant légèrement. Dis-moi que tu m'aimes.

- Je te l'ai déjà dit.

- Oh non ! Tu ne l'as pas dit. J'écoutais et je n'ai rien entendu.

- Laisse-moi le temps.

- Je t'en prie."

Il s'assit et regarda l'heure de la pendule de la chambre. Il était plus de cinq heures. Avec des gestes décidés, il enleva sa visière et commença à délasser ses souliers.

"Clyde, je t'en prie, dis-le moi.

- Ouais, dans un mmoment, répondit-il en souriant.

- Il ne s'agit pas de ça, répliqua-t-elle. Sans compter que ça ne me plaît pas tant. On dirait que tu parles à une pute.

- Laisse tomber, ma poule. Tu ne m'as pas amené ici pour parler d'amour.

- Tu me dégoûtes.

- Ecoutez-là ! Elle est furieuse !"

Un silence suivit, volant bas comme un oiseau blessé. Clyde le rompit.

" Tu as envie de me gifler, hein ? C'est marrant quand tu te fâches comme ça. Ca ne me déplaît pas. Tu es du genre soupe au lait, hein ?"

Il souleva Grady qui se sentit plus légère et enfouit sa tête dans le cou de l'aimé.

" Tu as encore envie que je te le dise ? murmura-t-il en lui caressant les cheveux. Je le ferai, promis juré. Mais déshabille-toi d'abord."

 

07/11/2010

La Justice Fédérale de Pennsylvanie va se prononcer sur la vie ou la mort de Mumia Abu-Jamal !



Le 9 novembre prochain la Cour d’Appel Fédérale de Philadel­phie examinera à nouveau la situation de Mumia Abu-Jamal. C’est à l’issue de cette audience que la Cour décidera de la sentence définitive : peine de mort ou prison à perpétuité. La ques­tion est de savoir si elle résistera à l’injonction de la Cour Suprême des Etats-Unis en refusant de donner le feu vert à l’exécution du journaliste noir américain. Cette situation appelle une mobilisation urgente pour sauver cet homme privé du droit élémentaire à défendre son innocence et dont la vie se ré­sume depuis 29 ans à espérer enfin sortir du couloir de la mort.

Le mardi 9 novembre, partout dans le monde, des initiatives interpelleront les autorités amé­ricaines pour formuler l’exigence de justice et de liberté en faveur de Mumia Abu-Jamal.

En France, des rassemblements auront lieu devant les représentations consulaires des Etats-Unis à Paris (18 h place de La Concorde) et en province : Bordeaux, Lyon, Marseille, Nice, Rennes, Strasbourg et Toulouse.

Une délégation française se rendra aux USA  pour ap­porter son soutien à Mumia et à son équipe de défense dirigée par Maître Robert R. Bryan lors de l’audience à Philadelphie.

Le Collectif français de soutien à Mumia Abu-Jamal appelle également à participer à la campagne internationale d’interpellation de Barack Obama en signant la pétition en ligne à son attention sur www.mumiabujamal.net … comme l’ont déjà fait de nombreuses personnalités : Danielle Mitterrand (France), Günter Grass (Allemagne, prix Nobel de littérature), Mgr Desmond Tutu (Afrique du Sud, prix Nobel de la paix), Fatima Bhutto (Pakistan, écrivaine), Noam Chomsky (États-Unis, philosophe), Ed Asner (États-Unis, acteur et produc­teur), Mike Farrell (États-Unis, acteur), Michael Radford (États-Unis, réalisateur, Oscar du meilleur film pour Il Postino / Le Facteur), Colin Firth (Royaume-Uni, acteur et co-réalisateur du film In Prison My Whole Life sur l’affaire Mumia Abu-Jamal), Robert Meeropol (États-Unis, fils de Julius et Ethel Rosenberg).
drawing of mumia abu-jamal writing from prison

14/06/2009

Mumia Abu Jamal, ce nom vous parle ?

Qui est Mumia ?

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Mumia Abu-Jamal est né le 24 avril 1954. Né Wesley Cook, Mumia choisira ce prénom swahili au lycée, sous l'influence d'un enseignant d'origine kenyane. Il y ajoutera "Abu-Jamal" à la naissance de son premier fils, Jamal. A l'âge de 14 ans, Mumia est arrêté et battu pour avoir protesté contre un meeting du candidat ultraraciste George Wallace, à Philadelphie. Peu après, il est fiché par le FBI pour avoir voulu rebaptiser son lycée "Malcolm X".

En 1969, le jeune homme est chargé de l'information à la section de Philadelphie du Black Panther Party. Le FBI le considère comme l'une des personnes "à surveiller et interner en cas d'alerte nationale".

Il est l'une des cibles du Cointelpro (programme d'infiltration et de contre-espionnage) dont seront victimes Leonard Peltier et d'autres membres de l'Américan Indian Movement et des Black Panthers.

Devenu journaliste de radio apprécié, lauréat de plusieurs prix, Mumia est surnommé "la voix des sans-voix" pour sa critique de la corruption de la police et des dirigeants politiques locaux. Depuis 1978, il dénonce la violente répression qui frappe la communauté MOVE et, en 1981 suit le procès de son fondateur, John Africa, qui sera acquitté des charges fabriquées contre lui. Le soutien de Mumia à MOVE exaspère les politiques et la police de Philadelphie et lui vaut le renvoi d'une des stations de radio où il exerce. Pour faire vivre sa famille, Mumia est contraint de travailler comme taxi de nuit

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Aux premières heures du 9 décembre 1981, Mumia Abu-Jamal est grièvement blessé lors d'une fusillade dans le quartier sud de la ville, où il vient de déposer un client. Arrêté, il est accusé du meurtre d'un policier, Daniel Faulkner, tué dans cette fusillade. Malgré ses dénégations, malgré son absence d'antécédents judiciaires, une enquête inéquitable (expertises balistiques inexistantes, balles non identifiables, absence de relevé d'empreintes, zone des faits non sécurisée, tests non effectués, etc.) conclut à la culpabilité de Mumia. Témoins menacés, subornés, écartés, rapports de police contradictoires, violations de ses droits, mèneront, en juillet 1982, à la condamnation à mort de cet opposant politique gênant sous la pression d'un juge recordman de la sentence... Mumia est "le coupable idéal"

En juin 1999, un ancien tueur à gages, Arnold Beverly, avoue à l'une des avocates de Mumia avoir tué l'officier Faulkner dans le cadre d'un contrat mêlant police et mafia. Corroborés par un faisceau d'éléments et de témoignages concordants, les aveux de Beverly n'ont jamais été entendus par la justice au prétexte qu'ils sont "hors des délais de la procédure".

Le 18 décembre 2001, la sentence de mort de Mumia a été provisoirement écartée, mais il est toujours considéré coupable et menacé de voir cette sentence à nouveau prononcée. Mumia Abu-Jamal lutte toujours depuis le couloir de la mort, enfermé 23h/24h dans une cellule grande comme une salle de bains et dans un isolement sensoriel inhumain. La mobilisation internationale a empêché par deux fois son exécution, en 1995 et 1999.

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Article écrit par Mumia pour Reporters sans Frontières, mai 2009.


"J'ai fait mes débuts dans le journalisme en tant que reporter, chargé du logement au sein d'une station de radio locale, affiliée à NPR ( National Public Radio).

A Philadelphie, l'une des plus vieilles villes des Etats-Unis, les problèmes de logement étaient alors très nombreux : on pouvait parler d'un délabrement généralisé, surtout dans les quartiers où vivaient les Noirs, les Portoricains et les Blancs les plus démunis.

Lorsque je me repenche sur ces années,  impossible d'oublier la manifestation contre les mauvaises conditions d'habitat organisée par les locataires d'une résidence de Southwest Philadelphia, une partie de la ville que j'avais jusque-là maintes fois longée en voiture sans oser m'y aventurer.

Les façades du bâtiment étaient plutôt belles, stylisées, et se démarquaient du reste de la rue grâce à leurs moulures ornementales, symboles d'une ère révolue où les bâtisseurs, véritables artisans, se souciaient de beauté.

Lorsque l'un des organisateurs de la manifestation m'a appelé pour m'alerter, je me suis immédiatement rendu à l'immeuble.

Ma première réaction a été un haut-le-coeur : les plafonds étaient dangereusement affaissés, suspendus au-dessus des enfants ; la tuyauterie était bouchée et le bâtiment était si peu entretenu qu'il menaçait la sécurité de ses occupants.

Les meneurs de la manifestation ne cachaient pas leur colère.

En repensant à cet événement aujourd'hui, je réalise que le sujet n'était pas, en soi, le logement. Le sujet, c'était la résistance. C'est cela qui donnait du sens à cette histoire symptomatique de ce que vivent les gens de la classe ouvrière, qui affrontent, au quotidien, des conditions de vie injustes et inacceptables.

De nombreuses années plus tard, au fond de ce que j'appelle l'American House of Pain (ma prison), ce serait mon lot.

Choses vues dans le couloir de la mort

Les milliers de personnes incarcérées autour de moi pourraient chacune faire l'objet d'un reportage : sur les raisons les ayant conduites en prison ou, bien plus souvent, sur les procédures utilisées pour leur condamnation.

Le système judiciaire américain s'apparente à un broyeur à viande : vus de près, ses rouages sont répugnants.

J'ai rédigé maint articles sur des détenus condamnés injustement ou illégalement, soumis à de terribles violences, victimes de sidérantes aberrations bureaucratiques ou de cruautés à vous glacer le sang.

En 1995, j'ai fait l'objet de sanctions pour m'être « adonné à des activités de journaliste ». Il m'aura fallu des années de lutte contre le système judiciaire, dont plusieurs semaines de présence dans une salle d'audience, assis avec des chaînes serrées à en faire enfler et saigner mes chevilles, pour faire enfin admettre que le 1er amendement de la Constitution américaine protège de telles activités (ce fut l'affaire Abu-Jamal contre Price). Je ne regrette nullement ce combat.

Pendant longtemps, pour rédiger mes articles, j'ai été contraint de les écrire sur un bloc-notes, avec un stylo ou parfois même avec un simple tube de 10 centimètres en plastique souple et transparent, c'était comme si j'écrivais avec une nouille.

 Deux de mes livres ont été écrits avec de tels instruments, puis envoyés à des amis ou à des éditeurs pour les faire taper.

Pas d'ordinateur ni de cassette en prison.

Les ordinateurs n'ont pas encore fait leur entrée dans le monde carcéral (ou, tout du moins, pas en Pennsylvanie). Je suis souvent amusé de recevoir des lettres de personnes bien intentionnées qui me donnent spontanément leur adresse de courriel ou de site Web.

J'en conclus qu'elles pensent que je dispose, là, dans ma cellule, d'un ordinateur personnel, ou que cette prison propose aux détenus des points d'accès à l'Internet. Pas du tout.

Ici, il n'y a ni ordinateurs, ni I-pod, ni CD, ni cassettes (l'ironie est que l'on peut acheter des lecteurs de cassette à l'intendance ! ).

Nous ne sommes guère que des dinosaures qui vivons dans un autre temps, figés dans une ère où nous faisons « sans ».

Découverte d'un téléphone portable : « Ça sert à quoi ce truc ? »

Un détenu surnommé Amin (Harold Wilson), qui avait été acquitté lors d'un nouveau procès sur des accusations de meurtre non fondées, a été libéré après deux décennies passées dans le quartier des condamnés à mort. Il a quitté la prison centrale de Philadelphie avec tous ses biens réunis dans un sac poubelle, et un jeton d'autobus.

Un détenu portoricain qui avait été libéré de la même prison au même moment a été si touché par l'expression de désarroi sur son visage lorsqu'il lui a offert son téléphone portable. Amin a regardé en plissant les yeux le petit appareil au creux de sa main et a demandé : « Ça sert à quoi, ce truc ? »

Il n'avait aucune idée de la façon de faire marcher cet étrange objet car il n'en avait jamais vu ou tenu un auparavant. Plus tard, il m'a dit : « Oh là là, on aurait dit un gadget directement sorti de Star Trek ! »

Il y a parfois des histoires qu'on aurait préféré ne pas connaître.

 Il y a plusieurs mois, Bill Tilley, apprécié pour son sens de l'humour dans les couloirs de la mort, mais usé par trop d'années de coups de tête contre l'épaisse muraille judiciaire et redoutant que de récents problèmes de santé ne soient le prélude d'un cancer, s'est levé à l'aube et s'est servi de la grille d'une bouche d'aération de sa cellule pour effilocher les lacets de ses tennis et faire un noeud coulant.

Il s'est pendu.

Suite à son décès, des rumeurs ont circulé selon lesquelles il était effectivement atteint de cancer, mais que le personnel médical de la prison n'en avait pas parlé car, s'agissant d'un condamné à mort, l'Etat ne voulait pas gaspiller d'argent en soins pour un patient qui allait de toute manière mourir.

Plusieurs semaines avant sa mort, Tilley avait confié à quelques amis qu'il pensait qu'il s'agissait d'un cancer, compte tenu de la sévérité de ses symptômes, mais que, quoi qu'il en soit, il avait tellement souffert qu'il ne voulait « plus jamais, jamais, passer par cela ».

Ce que nous ignorions alors, c'est qu'il nous annonçait du mieux qu'il pouvait son projet de suicide. Peut-être essayait-il de nous dire en quelques mots qu'il avait plus peur de souffrir que de mourir.

Tilley a mis fin à ses jours à moins de 12 mètres de la porte de la cellule dans laquelle ont été écrit ces mots.

J'ai « sorti » cette affaire, mais sans aucun plaisir.

Des affaires à sortir, il y en a des dizaines de milliers dans cette « Maison de la Peine ». Elles m'ont inspiré des centaines d'articles.

Je « couvre » un univers caché que même les journalistes les plus intrépides ne peuvent pénétrer.

Cet univers, c'est mon domaine, et j'entends y faire mon travail avec la même rigueur et le même professionnalisme que ceux qui m'animaient dans le passé.

Car même s'il s'agit d'un monde caché, loin des millions de regards, il s'agit bien d'un monde public, bâti et entretenu grâce à l'argent du contribuable. Ce dernier n'est-il pas en droit de savoir où passent ses impôts ?

Je l'en informe du mieux que je peux, plusieurs fois par mois, par écrit au travers d'articles ou de recueils de commentaires.

Je me bats contre le fait que je suis ici, mais je suis ici ; et tant que cela durera, c'est ici que je poursuivrai cette vie."

Seule la mobilisation internationale pourra faire sortir Mumia de sa géole. Alors que faire ?

. pour les Parisiens : Tous les mercredi de 18h30 à 20h00 - rassemblement à l'angle de la Rue de Rivoli et de la Place de la Concorde.

. pour tous : signer la pétition sur le site http://www.mumiabujamal.net

. pour les élus locaux : faites de Mumia, un citoyen d'honneur de votre ville comme l'ont déjà fait 22 villes françaises dont Paris.

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